A propos de Caroline Diaz

Née un 1er janvier à Alger, enfant voyageuse malgré moi. Formée à la couleur et au motif, plusieurs participations à la revue D’ici là. Je commence à écrire en 2018 en menant un travail à partir de photographies de mon père disparu, aujourd'hui c'est un livre, Comanche. https://lesheurescreuses.net/

#40jours #22 | avenue de la plage

premier août il fait beau c’est-à-dire ciel bleu avec nuages en queue de jument —  La Pergola a été repeinte d’un jaune beurre frais durant l’hiver, c’est écœurant ce jaune je préférais les murs blancs les volets vert sapin — les vacanciers arrivent — l’avenue s’anime d’un seul coup, se charge de voitures — on ouvre les maisons, des voix Continuer la lecture#40jours #22 | avenue de la plage

#40jours #21 | la ville tue

chaque jour se glisser derrière une personne pour découvrir le hall, la cour, la cité, la voie privée, publier un texte relatant l’expérience (date, adresse, description de la personne, du lieu)sur les murs coller des avis de recherche d’espèces disparues, avec reproduction de la bête à taille réelle, si petite bête multiplier les reproductionssur les murs projeter des murmurations sonoressur Continuer la lecture#40jours #21 | la ville tue

#40jours #20 | échapperait au temps

donnait un fleuve, des voies ferrées, donnait le départ, donnait le jour à la nuit, prenait le temps, ouvrait des brèches, des parcs, des buttes, des salles obscures, des repères, des marches, travaillait les ombres, abritait des amoureux sous portes cochères, donnait l’insaisissable, donnait l’ivresse des pavés, renouait l’âme, donnait raison, effaçait les traces, donnait des mots inutiles des corps Continuer la lecture#40jours #20 | échapperait au temps

#40 jours #19 | se faire attendre

L’attente c’était son truc, elle savait y faire, à l’heure où nous aurions du partir elle entamait une savante séance de maquillage, Je ne suis pas prête, on savait qu’il n’y avait rien à dire rien à faire ça ne ferait que l’agacer davantage nous n’avions plus qu’à attendre encore, l’impatience gagnait les corps, les mains tapotaient nerveusement les cuisses, Continuer la lecture#40 jours #19 | se faire attendre

#40 jours #18 | telle que dans l’enfance

Comment c’est rentrer chez soi quand il s’agit de traverser la mer ? Combien de fois ce voyage, en ferry ou en avion ? Comment rentrer chez soi quand maintenant c’est trop tard ? Tu approches l’île, en avion souvent l’arrivée se fait par l’ouest, déroutante, la succession des golfes vers le sud dont tu ne maîtrises pas la géographie. Déjà les sommets Continuer la lecture#40 jours #18 | telle que dans l’enfance

#40jours #04 | en surface

… à cloche pied les marelles les bordures les lignes étroites les lignes de fuite funambule les ombres l’ombre des arbres mouvants l’ombre des corps allongés au soleil descendant les mirages les arc en ciels d’après la pluie les éclats de ciel dans les flaques les ruisseaux les reflets des corps le monde à l’envers les fantômes les gouttes bondissantes Continuer la lecture#40jours #04 | en surface

#40jours #02 | aux marguerites

J’ai beau fouiller je n’ai pas de souvenirs de la vie derrière les fenêtres, aucune présence, aucun contrejour. Il y a bien quelques intérieurs éclairés — mais déserts — à Amsterdam, il y a des mouvements furtifs dans les restaurants chics au bord de Kamogawa à Kyoto, il y a le scintillement des façades américaines mais nous étions toujours trop loin Continuer la lecture#40jours #02 | aux marguerites

#40jours #01 | pour voir

la première image qui t’est venue c’est celle d’un grain de sable collé dans ta paume petite un grain humide plat et brillant parmi au moins trente autres grains peut-être quarante brisures de roches au moins cent grains collés d’avoir creusé le sable à main nues — les hauts le cœur quand une puce de mer s’agite sous la pulpe Continuer la lecture#40jours #01 | pour voir

#40jours #prologue | en dessous c’est le vide

à flanc de colline un réseau de ruelles étroites, des murs aveugles, le ciment blanc, les murs tu les frôles pour ne pas sentir la chaleur déjà trop forte, ici rien ne pousse, ici les voix sont tues, absorbées dans le blanc des murs, tu pourrais crier que personne n’entendrait, ce n’est pas même une ville mais son souvenir : Continuer la lecture#40jours #prologue | en dessous c’est le vide

vers un écrire-film #06 | ralentir le feu

tes onze ans, tes jambes comme des brindilles, tes genoux bleus, ta colère, la lenteur, l’ennui. l’air chaud au dehors. tes soupirs sous le soleil brûlant. la lumière crue, l’air rêche sur tes épaules. tu es seule sous le jour pâle cisaillé de chaleur. tu marches, dans la poche une boîte d’allumettes, le carton doux sur ta paume collante. la Continuer la lecturevers un écrire-film #06 | ralentir le feu