A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#P7 | Une colline en Provence

A l’endroit où la forêt de pins s’éclaircit, sur le flanc de la colline, là où les grands arbres penchés deviennent de plus en plus rares et laissent place à des buissons de chênes kermès et à des cistes roses et blancs, le chemin de pierres et de terre devient plus étroit et plus tortueux. On le devine serpentant entre Continuer la lecture#P7 | Une colline en Provence

#L6 | Journal très éphémère de quelques pensées qui lui ont traversé l’esprit ces derniers jours

Ça ne fait que quelques minutes qu’il a posé ses pieds sur le pavés de granite de ce quai. Ça ne fait que quelques secondes qu’il a vu, entendu et senti ce port. Ça ne fait que quelques instants qu’il s’est mis en marche en direction de la ville. Quelques battements de coeur dans sa poitrine mais une éternité quand Continuer la lecture#L6 | Journal très éphémère de quelques pensées qui lui ont traversé l’esprit ces derniers jours

#P6 | Une semaine de solitude

Lundi. Dans l’encadrement de la fenêtre, je prenais soin, machinalement, de passer le balai sur une toile d’araignée. Depuis plusieurs semaines, j’imagine la même araignée reconstruire sa toile chaque fois que je la détruisais. Chaque fois que les brindilles de paille de riz dévastaient les fils fragiles de son logis, l’araignée devait recommencer sa tâche avec la patience d’une première Continuer la lecture#P6 | Une semaine de solitude

#L5⎜L’alchimie des granites

« Il ne sait pas que les pavés du quai qu’il est en train de quitter savent tout du passé mais connaissent aussi l’avenir. » Les pavés du quai dorment ici depuis des siècles. Allongés, alignés, soudés, colmatés, ne faisant plus qu’un, sur une surface qui s’étend à perte de vue et qui se prolonge dans les moindres recoins du port, des Continuer la lecture#L5⎜L’alchimie des granites

#P5⎜Courts-circuits

Un éclair, un flash. Une lumière blanche incandescente qui emporte tout, qui éteint tout. La mort instantanée. Puis le retour à la vie, infiniment lent, hors du temps. Une cellule qui se rallume. Retrouver lentement l’état de conscience. Se remettre à vivre. Court-circuit #1. Sous l’enveloppe de mon corps déserté de vie, le coeur de toutes mes cellules a cessé Continuer la lecture#P5⎜Courts-circuits

#P4 | Pour le début, on verra ça à la fin

L’histoire. J’avais très mal au dos. Quand j’avais 12 ou 13 ans, déjà, je me souviens de crises dans mon lit où je me tordais de douleur. Et puis plus tard, au détour d’un faux mouvement ici, d’un effort mal considéré là, voire sans que j’en détermine exactement la raison. J’avais très mal au dos, au point de me décider Continuer la lecture#P4 | Pour le début, on verra ça à la fin

#L4 | Ouvrir les portes

De tous les bouquins de Paul Auster, j’ai gardé le souvenir de cette voix qui me parle au plus profond de moi. J’ai dévoré Paul Auster mais je suis incapable de m’étendre sur ses livres. Il m’a parlé au creux de l’oreille jusqu’à ce que j’arrête par indigestion. Il a fallu que je demande à ce Monsieur de sortir de Continuer la lecture#L4 | Ouvrir les portes

#L3 | Au port, les voix intérieures

(note : notre personnage est sur le quai d’un port. Dans un premier chapitre, il a vu, il a entendu, il a senti, il a imaginé. Dans le deuxième, on a découvert quelques autres qui sont autour de lui, dans le paysage au centre duquel il se trouve. Et puis là… Non, je ne vous dis rien. Lisez !) Pourquoi Continuer la lecture#L3 | Au port, les voix intérieures

#P3 | Manger du silence

Goûter à la paix, déguster la tranquillité, manger du silence.  S’il est un plat ou une préparation culinaire qui comble cet appétit, ce ne peut être que la soupe. A commencer par celles de ma grand-mère et de ma mère, complètement liquides, jaunâtres, fades dans mes souvenirs d’enfant parce que synonymes de dimanches soirs pluvieux, de tristesse programmée, de promesse Continuer la lecture#P3 | Manger du silence

#L2⎜Au port, les vies pleines

(Résumé de l’épisode précédent : Il est seul sur le quai. Il regarde autour de lui. Pour enfin avancer : trois pas, juste trois pas… Pour accéder à la première partie de ce récit, lire Au port, les mains vides) C’est toujours la même histoire avec les piliers de bars : les ivrognes répondent aux ivrognes. Il aura fallu que Continuer la lecture#L2⎜Au port, les vies pleines