A propos de Lisa DIEZ

Artiste-joueuse polyvalente. Valises posées depuis 6 ans dans les arts en espace public : performeuse, metteuse en scène, dramaturge. Passages par la peinture, le documentaire, la photo, détours fréquents par le dessin… Et l’écriture, soutien fidèle de ces traversées. Site : alasource.org · Instagram : docteure_vitale

#P10 | Nocturne

Ce texte poursuit #L8|Rien, le rivage. L’homme ne sait pas s’il ouvre les yeux, ses paupières doutent; quoiqu’elles fassent, l’obscurité ne varie pas. Au loin, il distingue le fouet des vagues sur la roche, tout près, des gouttes cadencent quelques points d’eau, signalent un espace réduit, mousseux. Il s’accroche au couteau serré dans sa paume, se dit qu’habituellement les gens Continuer la lecture#P10 | Nocturne

hors-série #2 | Frigidaire

Un bon frigidaire se tient debout, regarde droit devant, souffle froid dedans, domine toute cuisine bien conçue. Facile à vivre, simple d’esprit, ce brave pavé marche quand il est branché, déprime quand il est vide, s’éclaire à l’ouverture. Son absence choque : il manque un membre au foyer. L’oeil, jadis habitué aux forêts, ne peut plus s’en passer. C’est vers Continuer la lecturehors-série #2 | Frigidaire

#L9 | Failles dans les sources

Nouveau continent Ohé les gars, nous sommes découverts! (Un Indien, apercevant Christophe Colomb) Georges Perec, Espèces d’espaces Failles  L’Histoire serait un paysage ponctué de sources, de clairières, de cavités, de forêts brumeuses où chuchoteraient mille fragments d’archives. On y dénicherait une drôle de jungle vieille de 500 ans: ici, les plus forts savent écrire et croient en Dieu, cuisinent, avalent, Continuer la lecture#L9 | Failles dans les sources

#P8 | Tu nais, tu vis, tu meurs

Tu nais chez toi, au troisième étage d’un coin dodu et vert d’Atlantique, pied à terre entre mer et rochers; après chaque virage proche ou lointain tu reviendras ici. Tu mourras ici. Tu as cinq ans, quelque chose gronde, tu le sens, ça ne t’intéresse pas. Du balcon tu observes le bal des engins dans le port et la gare Continuer la lecture#P8 | Tu nais, tu vis, tu meurs

#L8 | Rien, le rivage

Rien n’indique qu’il s’agit d’une île et pourtant l’air épais ne claque ni n’étreint, pénètre les peaux sans plaisir, sans permission, enserre le moindre poumon, le moindre tympan, appelle la mer et les voilà qui s’étreignent, sassent et ressassent en boucle le même sel, le même ciel, les mêmes plaintes, les mêmes nuages à chaque fois de retour chargés des Continuer la lecture#L8 | Rien, le rivage

#P7 | l’eau, l’air, le feu, la terre et une fenêtre

Rare journée de pluie sur l’échancrure — le port industriel, l’autoroute, la mer, les ferries, les collines, tout disparaît. Aujourd’hui le vent peine à s’infiltrer entre les gouttes. La tour de Jean Nouvel et sa compagne — deux fantômes qui soupirent — seront bientôt avalées par la poussière de l’eau. Les yeux de la Friche fixent droit devant, plus pour Continuer la lecture#P7 | l’eau, l’air, le feu, la terre et une fenêtre

#L6 | seule et seul – l’ongle et le couteau

J’ai commencé à poser les textes #L dans un fichier unique sur pages, où je travaille beaucoup la forme : le jeu des polices, des tailles et des volumes sur ce fichier rend le dépôt ici incongru, pas très juste. En revanche ici il y a les images, moins présentes sur le fichier… Alors j’hésite mais c’est peut-être le dernier Continuer la lecture#L6 | seule et seul – l’ongle et le couteau

#P6 | 7 jours d’été

Mardi — A Dieppe, les mouettes sont plus petites qu’à Marseille. J’essaye de percevoir les différences sonores, me convainc que les cris des marseillaises sont plus rauques, plus sanglants, je n’y crois pas. D’ailleurs à Marseille on les appelle gabians, ils me semblent plus gros mais vraiment je ne suis sûre de rien. Chercher sur google. Me revient l’image de Continuer la lecture#P6 | 7 jours d’été

#L5 | Au sol

Au sol, du béton dur, froid, blanc, quelques globes de mousse. L’homme suit la ligne, jeté là.  Respire, laisse tes épaules retomber. Décoince. Retrouve le volume. N’écoute pas ces rumeurs, ce cri — On dirait la mer — N’essaye pas de t’y joindre, ferme tes oreilles et avance. Demain est un autre jour, tu verras au delà du blanc, ne Continuer la lecture#L5 | Au sol

#P5 | démoulage

Une béance scintillante dilate l’atmosphère — la douleur lèche les secondes — la langue ne se reconnait plus — absolument tout est étranger. Au loin une voix métallique rose et blanche annonce ce qui va suivre ; écartez-vous du quai s’il vous plaît. Les organes creusent des tranchées, coordonnent la mêlée, le temps remué s’épaissit déjà. Tout autour de vagues Continuer la lecture#P5 | démoulage