#40jours #11 | une maison

Je connais par coeur cette place, surélevée, délimitée, comme un kiosque rectangulaire. Sa structure fait partie des choses rassurantes. Je suis dans un endroit où j’ai toujours été mais le monde y a changé; certaines personnes de celles qui y sont restées me reconnaissent en restant de loin, parfois m’ignorent. Les magasins que je fréquentais sont pour les autres désormais, Continuer la lecture#40jours #11 | une maison

#40jours #08 | rails

Depuis tout petit, il a été fasciné par les rails. Chacun des deux profilés d’acier laminé qui, fixés sur des traverses en deux lignes parallèles et mis bout à bout, constituent le chemin de roulement des trains et des tramways en particulier. (définition volée) D’abord, à la gare de triage – PK 211 – , celle peut-être où le résistant-fusillé Pierre Continuer la lecture#40jours #08 | rails

#40jours #12 l bouche

carré au sol piétiné cercle interne fente rectangle légère oblique forme un trait droit si on dessine du bord du carré à son autre bord sol piétiné avec la bouche juste à côté de l’autre bouche presque collé l’autre rectangle plus travaillé petites aspérités des vagues couleur ombre girafe qui s’étend aux deux bouches de l’abribus l’ombre de l’abribus proche Continuer la lecture#40jours #12 l bouche

#40 jours #13 | lumière noire

L’appât luisant■là pas du tout■pas si près de voir■pas prêt à voir cette peinture noire sur toile bloc■sans apprêt blanc ocre sur fibres■pas prêt à me prendre ce noir dans la rétine un noir basalte qui absorbe tout en bas et fuse sur des lignes-empreintes de lumière des empreintes de peau des couteaux qui ont tranché dans le sombre■pas prêt Continuer la lecture#40 jours #13 | lumière noire

#40jours #11 | errance

Son cœur bat. Perchée sur un muret de pierre elle prend de la hauteur pour tenter de reconnaitre l’endroit où elle se trouve. Autour d’elle les rues ressemblent à celles qu’elle vient de parcourir. Elles sinuent, se perdent dans des tours et des détours. L’écho de ses errances la poursuit, entre fuite en avant et recherche de ses racines, elle Continuer la lecture#40jours #11 | errance

#40 jours # 13 | les grands bleus invisibles

Ce n’est qu’une petite tache bleue, presqu’imperceptible au premier regard. Mais une autre la rejoint sur la peau blanche, s’élargit en tons gris-violet sur les bords. Entretemps. Les feuilles blanches aux caractères noirs circulent d’une machine à l’autre, s’accumulent sur les étagères des gens aux yeux fermés. Les petites taches bleues ont le temps de s’évanouir, devenir jaune-perle, absorbées par Continuer la lecture#40 jours # 13 | les grands bleus invisibles

#40 jours #13 | Jaune grisaille

À certain.e.s, ce reproche de voir la vie en noir et/ou blanc. Par facilité, la ville la voir plutôt en nuances de gris. Gris ciment. Gris béton. Gris poussière, de cette poussière urbaine qui recouvre, qui voile, qui ternit, qui ronge. Nivellement chromatique. Pourtant, ce parking sur une petite zone d’activités à la périphérie de ma ville. Chaque fin de Continuer la lecture#40 jours #13 | Jaune grisaille

#40jours #13 | #2 fleur urbaine

Quand je longe la rangée de maisons de la rue du 11 novembre, la couleur m’apparait grace une fleur dont je ne sais même pas le nom. Je me demande si elle est violette ou mauve. Je la prends en photo, et je cherche en rentrant le nom de la couleur qui la définirait. Améthyste, Glycine, gris de lin, Lavande, Continuer la lecture#40jours #13 | #2 fleur urbaine

#40jours #11 | Perdu en mer

Tant que la côte n’est pas là, être perdu en bateau est une question abstraite, une question de savoir, de confiance, d’expérience. La vue ne joue aucun rôle. Les algues et les déchets flottent toujours de même, qu’on soit ici ou là. Les vagues ressemblent aux vagues, les nuages ne donnent aucune indication, sauf parfois à dire, comme la présence Continuer la lecture#40jours #11 | Perdu en mer

#40 jours #13 | scars

Il avait commencé à photographier les cicatrices de la ville, celles que l’on trouve sur les trottoirs, les chaussées et les pavés. Les pavés par exemple, qu’ils soient parisiens ou barcelonais, sont souvent balafrés. Si. Il suffit de se baisser, de prendre le temps de les regarder. Leur gris est une palette. Et quand ils portent une balafre, elle est Continuer la lecture#40 jours #13 | scars