# 40jours #12. «Tire la bobinette , la chevillette cherra.»

Je la touche, chaque fois que je passe devant sans la taper bien sûr, en bas de la rue du Cadet, qui descend sur le marché, autant dire souvent. La maison est fatiguée, les volets aussi, mais ce que je caresse, c’est une main sur la porte, une main qui se détache à peine sur le marron pâli du bois, Continuer la lecture# 40jours #12. «Tire la bobinette , la chevillette cherra.»

#40jours #13 | lumière

Ma ville est une lumière. Une couleur aussi, bien sûr, mais une couleur avec une lumière. Pas la couleur de la lumière, non. La couleur de ma ville brille d’une lumière très particulière, une lumière que seule ma ville possède. Une lumière qui donne à la couleur de ma ville son ton si particulier. La couleur de ma ville est Continuer la lecture#40jours #13 | lumière

#40jours #06 | vers Sakhaline

Oui on aimait les cartes, on suivait le tracé sinueux des fleuves jusqu’aux deltas, les continents étaient des îles sur les océans, on rêvait à l’ombre des reliefs montagneux, on s’imaginait explorer les espaces où le jaune s’étendait où le vert se fonçait. Et on se gorgeait de noms. Continuer la lecture#40jours #06 | vers Sakhaline

#40 jours #12 | le caniveau

Une nuit bleue. Une lune blafarde. Une chaussée encore détrempée par un orage récent. Des pavés luisants. Une rue sans lampadaire. Le chant furieux de l’eau. Un caniveau. Des talons hauts qui claquent ca-ni-vo-ca-ni-vo-ca… L’eau déboule et s’engouffre sous les trottoirs. T’en souviens-tu ? On n’en menait pas large ! Bateaux en papiers, bobards en goguette. Le caniveau. Lieu de croisière des Continuer la lecture#40 jours #12 | le caniveau

#40jours #12 | avancer

Prendre à gauche à la sortie de la résidence, descendre vers la calandrette avec des murs en fer bleu marine, le haut de ses panneaux pliés à 45° pour dissuader d’escalader cette clôture, pas de poignée sur le portail, le nom de l’école percé dans le fer du montant. Avancer car il y a de la route jusqu’au centre-ville. Longer Continuer la lecture#40jours #12 | avancer

#40jours #12 | Non loin des puces de Clignancourt.

Non loin des puces de Clignancourt, à leur extrémité ouest, après que les étales s’arrêtent, bifurque vers l’intérieur de la ville la rue du lieutenant colonel Dax. C’est une rue très discrète, pauvre, sans aucun commerce. On y accède en passant sous un pont routier puis elle longe d’un côté une série d’immeubles hlm, de l’autre un terrain de sport. Continuer la lecture#40jours #12 | Non loin des puces de Clignancourt.

#40jours #12 | toute petite plume blanche sur le trottoir

Toute petite plume blanche sur le trottoir, Entourée, surmontée, envahie par les dalles du trottoir, elles-mêmes mangées par l’herbe qui en redessine les contours carrés d’une nouvelle réalité, Et la plume qui jadis appartenait à quelque volatile – un moineau, tout discret dans les villes, amoureux des buissons ; un pigeon, son contraire absolu, omniprésent et nuisible ; une pie, envahissante, intimidante Continuer la lecture#40jours #12 | toute petite plume blanche sur le trottoir

#40jours #11 | longtemps je me suis perdue

Longtemps je me suis perdue dans les villes et j’ai éprouvé l’angoisse profonde de la perte de tous repères. Quand on sait qui on est, l’espace et le moi s’accommodent. On sait où aller. Je promène mon identité incertaine à travers les villes. Je tiens les plans à l’envers. Je ne sais pas calculer une échelle. J’hésite sur la direction Continuer la lecture#40jours #11 | longtemps je me suis perdue

#40jours #12 | urba dolorosa

J’erre dans la ville – je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle. J’erre dans la ville, je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle. J’erre dans la ville, je viens d’apprendre une. J’erre dans la ville, je viens d’apprendre. J’erre dans la ville, je viens –. J’erre dans la ville, je viens. J’erre dans la ville,  – Je. Les épaules frôlent les murs, Continuer la lecture#40jours #12 | urba dolorosa

#40jours #08 | terminus Attendre

Boire un café, manger un sandwich, lever la tête, regarder les gens passer, entendre une musique lancinante obsédante, lire le journal, se pencher regarder l’homme et la femme d’à côté, dans la vitrine voir tous les sandwichs alignés, sentir les odeurs, les courants d’air, détailler la façon dont les gens sont habillés, les regarder s’essuyer la bouche leur sandwich avalé, Continuer la lecture#40jours #08 | terminus Attendre