#anthologie #10 | Dimanche 12 juin 1966

Il est déjà tard mais elle ne sait pas se coucher. Elle a quarante-trois ans. Elle passe la nuit à fumer des cigarettes, des rothmans rouge, accoudée à la minuscule lucarne du deux-pièces où elle a tenté de fuir avec son fils. Encore un deux-pièces. Elle repense à la rue Saint-Sauveur et à l’autre fils, François. Vincent dort dans la Continuer la lecture#anthologie #10 | Dimanche 12 juin 1966

#anthologie #17 | Un café chez Christian Oster dans son grand appartement…

15 février 2007 dans l’appartement de Christian Oster. Ce jeudi 15 février 2007, je pénètre dans l’appartement parisien de Christian Oster. Il m’a invitée à prendre un café chez lui. Je suis une petite éditrice de livres jeunesse,  j’édite Christian depuis quelques années, il a le don de reprendre des contes célèbres et d’y ajouter une touche de fantaisie et Continuer la lecture#anthologie #17 | Un café chez Christian Oster dans son grand appartement…

#anthologie #17 | Simenon et les boulets liégeois

17 novembre 1973 « La Taverne Tchantchès et Nanesse, oui, bien sûr. Ici, nous sommes place St Lambert, prenez la rue de la Régence, là, traversez le Pont des Arches, vous êtes rue Surlet. La taverne est au numéro 38. D’ici un quart d’heure, en marchant vite, vous y serez. » On était mi-novembre, mais ici, en tout cas, c’était le premier jour Continuer la lecture#anthologie #17 | Simenon et les boulets liégeois

#anthologie #17 | Poètes vos papiers !

Des artistes, j’en vois passer dans ce cabinet d’avocat prestigieux où je fais mes classes depuis trois ans. Je travaille chez Maître Floriot, Floriot tout court comme on l’appelle, dans le milieu. 25 mars 1967. Ce matin-là je dois assister à un rendez-vous avec Léo Ferré. Le dos vouté, emmitouflé dans un manteau de laine gris, le crâne dégarni, il Continuer la lecture#anthologie #17 | Poètes vos papiers !

#anthologie #17 | comme des souvenirs

L’ai connu le petit Char, oh il était tout jeune, c’était pendant la guerre, celle qu’on appelle la grande, en 1916 je crois, il devait avoir neuf ou dix ans, et moi j’en avais trois de plus et j’étais la fille du forgeron. Pendant la guerre l’instituteur de l’Isle lâchait un peu plus tôt les élèves qui habitaient en dehors Continuer la lecture#anthologie #17 | comme des souvenirs

#anthologie #10 | Juan/Jean

Il a 50 ans quand il s’adresse au président de la cour électorale de la République à Montevideo pour faire une demande de citoyenneté, la sienne étant périmé, il vit alors en Alsace dans le département du Haut Rhin. Il a 17 ans quand ses parents se marient, trois mois plus tard son père meurt à 44 ans des suites Continuer la lecture#anthologie #10 | Juan/Jean

#anthologie #16 | confusions.

Il tient le téléphone plaqué contre son oreille droite. Il vient d’arriver. Il est debout, immobile devant la table ronde, sous l’auvent qui maintenant claque un peu avec le vent. Il ne dit rien. Il est ailleurs. Il est dans la voix qui continue son travail de voix. Son visage  retiré du monde comme une coquille autour de la voix. Continuer la lecture#anthologie #16 | confusions.

#anthologie #15 | Est-ce-que tu veux devenir ma femme ?

Est- ce – que tu veux devenir ma femme ? Il y joue sa peau… Il croit qu’il y joue sa peau… Il en sait pourtant le banal… Le convenu… Tout le monde un jour ou presque… Il sent que c’est unique… Exceptionnel… L’acmé de sa vie… Il frôle le bonheur absolu… Le ridicule… La douleur infinie… Le rejet… L’abandon… L’extase… Continuer la lecture#anthologie #15 | Est-ce-que tu veux devenir ma femme ?

#anthologie #14 | c’est selon

C’est selon ! Il en faut pour tous les goûts. À chacun sa route son chemin etc. Lui, personnellement il préfère, et de loin, très tôt le matin ! Mais si tout le monde procédait de la même manière la vie serait bien terne et morose… (et les routes embouteillées) Heureusement que la variété des comportements et des intérêts apporte de la Continuer la lecture#anthologie #14 | c’est selon

#anthologie #14 I accidents

Il arrive des choses aux mots comme il arrive des choses aux gens. Bienveillance a été attaqué au couteau, et tailladé. Cerise est embrassé comme on embrasse le signe d’un espoir. Passiflore s’allonge sur la mollesse d’un champ les yeux dans les nuages. Et Bienvenu, tout comme sa sœur Bienvenue, est vissé sur un écriteau aux quatre coins, brossé, foulé Continuer la lecture#anthologie #14 I accidents