#anthologie #10 | Les Blouses

Mémé Alice Elle a quatorze ans ans. Elle est élève dans l’école de l’usine du village. Le village s’appelle Villerupt. Elle porte la blouse. Elle a quatre-vingt-sept ans et elle va se coucher comme tous les soirs dans cet appartement insalubre que son fils lui a trouvé dans la ville pas loin de l’île qu’elle déteste mais à laquelle son Continuer la lecture#anthologie #10 | Les Blouses

#anthologie #12 | Los Angeles, Santa Teresa, Karlsruhe

Los Angeles Il voit les villes d’abord par le hublot, la nuit les lignes lumineuses, les scintillements, les processions de phares, le jour, l’alternance des espaces verts et du bâti, la couleur que donne l’atmosphère sèche, tempérée, humide, les routes, les côtes, les rivières, fleuves ou lacs, les stades, les usines. L’arrivée à Los Angeles de nuit, ce fut ça, Continuer la lecture#anthologie #12 | Los Angeles, Santa Teresa, Karlsruhe

#anthologie #11 l Retour à Chemin Roche

E est venu me chercher à la sortie de l’aéroport J’avais prétexté la mort de la batterie de mon téléphone et nous n’avions pas échangé un mot depuis mon départ du Grand Almira Hôtel à 3h du matin heure d’Istanbul Il savait que je pouvais la recharger dans un café, à l’aéroport, avant l’embarquement, après l’embarquement et dans les 3 Continuer la lecture#anthologie #11 l Retour à Chemin Roche

#anthologie #11 | retour de nuit à la maison rouge

Je ne suis jamais arrivée si tard à la maison rouge Les phares trouent la nuit comme s’ils me frayaient un passage dans le noir agrandissant sur le chemin les arbres aveuglant les fourrés éblouissant un crapaud ou un lapin en bord de fossé que j’imagine figés dans la lumière blanche  La voiture serpente sur les routes de campagne englouties Continuer la lecture#anthologie #11 | retour de nuit à la maison rouge

#anthologie #9 | aller simple

le jour où j’ai pris le chemin opposé, je venais de revenir en ici, j’étais parti à Saigon quelques semaines auparavant, avec l’impression de n’être jamais rentré, dès l’arrivée à Charles de Gaulle, l’accueil glacial, la solitude dépeuplée, la ville m’habitait encore, je suis décalé, je n’arrive plus à habiter ma vie, plus l’impression qu’il s’agit de la mienne, comment Continuer la lecture#anthologie #9 | aller simple

# anthologies #11 | tempo de la trouille

J’ai perdu l’habitude de sortir tard le soir je déteste ça les terreurs de l’enfance me rejoignent dès que l’entre chien et loup couvre Paris comme un torchon sale je m’échappe avant Cette fois c’est raté il  faut traverser toute la ville dans le métro des heures sombres J’attends ma correspondance sous ses voutes de faïence crasseuses quai désert lumière crue Continuer la lecture# anthologies #11 | tempo de la trouille

#anthologie #06 | lente de nuit.

La nuit la réveille. Sa soif comme alerte. Un verre d’eau froide même l’hiver, bouche desséchée de trop de nuit. Seule parmi, la maison de nuit. Ronflements, chambre à côté, son mari ne se lève jamais de nuit, s’endort dès que tête posée. Elle l’envie parfois, puis pense au privilège de ces bouts de vie volés à la vie. Elle, Continuer la lecture#anthologie #06 | lente de nuit.

#Anthologie #11 | Retour à Séville

Notre bateau va enfin toucher au but son balancement son roulis sa vitesse ralentissant considérablement à l’approche de Sanlucar J’entends le claquement des voiles dans le soir tombant les secousses dues aux manœuvres de l’équipage lentement la nuit s’installe sur la côte que je devine Je suis monté sur le pont pour m’assurer que je ne me suis pas trompé Continuer la lecture#Anthologie #11 | Retour à Séville

anthologie #10 | CMDR

Il a le teint rose et un grand sourire. Il a cinquante cinq ans. Il cherche un autre logement. Le foyer c’est lassant, d’autant que bientôt les chambres seront partagées. Il a soixante-dix-sept ans, il meurt d’un arrêt cardiaque. On l’enterre au cimetière de Thiais. Curieux travail. Sur la petite parcelle de la mère, près de Melun, il plante tous Continuer la lectureanthologie #10 | CMDR