#anthologie #07 | oubli du monde

Avoir essayé les cafés et les trains,  avoir cherché les tables isolées, les sièges côté vitre, avoir fermé les yeux, dissimulé cahiers et carnets, diminué la police, rapetissé la page sur l’ordinateur, tout fait pour soustraire les mots aux regards extérieurs, impossible de l’oublier l’autre, impossible d’oublier sa propre image, son propre reflet, ce cliché de l’écrivain au travail, impossible de ne pas singer, impossible de s’oublier, impossible de laisser aller, filer l’écriture. Il faut disparaître. Nulle respiration à côté, même endormie, nulle silhouette aperçue ou susceptible de l’être. Nulle interruption extérieure. S’isoler. Se retirer? Continuer la lecture#anthologie #07 | oubli du monde

#anthologie #11 | sur le chemin du retour

J’enclenche la première et c’est comme si je conduisais pour la première fois, première minute et le trac surgit, celui de rentrer plus que de partir quelque part L’inconnu moins angoissant que le trop connu, l’irréel moins Flottement de lumière basse sur le pare-brise, le paysage tremble de tout son long de tout son horizon qui ne promet rien qu’une Continuer la lecture#anthologie #11 | sur le chemin du retour

#anthologie #06 | Sola, tori impazziti, i miei pensieri mi travolgono.

Sola, tori impazziti, i miei pensieri mi travolgono. Seule. Seul le désir, seul le désir de violence, tout devient nuit, dans la nuit de la solitude je ne tiens plus ma place, je ne tiens plus la place. Tout glisse ailleurs, et je deviens rage, dans ma solitude. J’explose d’une rage enfouie et la rage devient sociale, mandria di tori, Continuer la lecture#anthologie #06 | Sola, tori impazziti, i miei pensieri mi travolgono.

#anthologie #11 | La maison qui ne veut pas se laisser vendre

Ce que je préfère sur cette route, bien plus que les sucs verdoyants recouverts de résineux et de feuillus, ce sont les noms des villes et villages lus sur les panneaux indicateurs : Saint-Etienne, Firminy, La Ricamarie, Le Puy en Velay, Fay la Triouleyre, Coubon, Brives-Charensac, Yssingeaux, Sarlis, Vaunac, Retournac, Saint-Julien du Pinet, Bessamorel, Malataverne, Sainte Sigolène, Saint Didier la Continuer la lecture#anthologie #11 | La maison qui ne veut pas se laisser vendre

#anthologie #10 | Le temps d’une guerre

Il a dix ans. Avec son frère Jean-marie il pêche des truites dans la Sumène. Il meurt deux ans avant ma naissance. Il quitte l’école à 14 ans. Ses années scolaires ne durent que l’hiver. Le reste du temps il aide à la ferme avec son frère et ses sœurs. Il part, il dit que cette guerre sera vite finie. Le temps Continuer la lecture#anthologie #10 | Le temps d’une guerre

#anthologie #11 | noir

et quelque chose l’envahit c’est une sorte d’oppression à laquelle il n’a encore jamais fait face Les sons de cloches résonnent encore mais pas à l’extérieur comme précédemment car désormais personne ne les entend et les passants qui arrivent près de la cathédrale ne savent pas ce qui vient de se nouer ici Non mais c’est dans son ventre que Continuer la lecture#anthologie #11 | noir

#anthologie #09 | krach

Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers était emportée par la crise des « subprimes « . Comme tout le monde, j’avais assisté médusée au spectacle étrange d’une cohorte de jeunes traders pansus titubant comme des boxeurs sonnés  sur le trottoir du Rockfeller Center et s’accrochant aux cubes de cartons qui contenait leurs effets personnels. La chute de Lehman plongea Continuer la lecture#anthologie #09 | krach

#anthologie #11 | Faut pas que je la loupe

C’est bien l’autoroute parce que ça permet à mon esprit de voguer de réfléchir à un problème de faire le point sur la suite des évènements de me faire des listes mentales de choses à faire en arrivant tout en étant attentif aux autres à ma tenue de route à ceux qui doublent Je n’aime pas doubler les camions ni Continuer la lecture#anthologie #11 | Faut pas que je la loupe

#anthologie #11 | La chambre du septième (suite)

Je pensais que nous aurions vite fait Il était grand et terriblement beau, un homme dans la cinquantaine Quand je l’ai quitté il était environ vingt heures et la nuit prenait ses aises sur le trottoir Dans le couloir des chambres de bonne sa main avait précédé la mienne à tâtons il avait trouvé l’interrupteur de la minuterie sans la Continuer la lecture#anthologie #11 | La chambre du septième (suite)

#anthologie #11 | route

et les phares des voitures d’un côté se suivaient en deux lignes de pointillés blancs qui longeaient sans jamais la croiser ni l’interrompre une ligne double de feux arrière rouges et rares devant moi Quand le relief se trouvait avalé par la nuit les files de points rouges semblaient monter vers un horizon vague et traversé de ce que j’imaginais Continuer la lecture#anthologie #11 | route