#40 jours #33 | (pas de titre)

La maison d’arrêt salle d’attente à expulsion, elle y travaille, elle s’occupe des papiers pour eux.Trois resquilles dans le train et c’est bon. On les arrête pour les expulser plus facilement. C’est son travail, Elle sait. Tu l’écoutes. Inquiétude? Effroi. La fouille à la couleur quand tu passes, eux sous les affiches de la gare qui arbore les peaux Pantone. Continuer la lecture#40 jours #33 | (pas de titre)

#40jours #23 | fantôme

Je sors du commissariat. Ni vu ni connu. Dehors des gens font la queue devant l’interphone. Pour entrer, il faut expliquer ce qu’on fait là. Pas facile quand d’autres oreilles indiscrètes sont à l’affut du moindre fait extraordinaire qu’ils pourront raconter ensuite. C’est comme l’hôpital, on est content quand on en sort. Je marche droit devant moi, sans savoir où Continuer la lecture#40jours #23 | fantôme

#40jours #05 | la caméra explore le temps

Si je monte aujourd’hui dans ma machine à remonter dans le temps, c’est pour retourner dans les années 70 à Aulnay, en banlieue parisienne. Là se trouve la maison de mon arrière grand-mère. Le quartier pavillonnaire est tranquille. Dehors il fait beau, mais quand on entre dans la maison tout est plus sombre et triste. Je rentre par la porte Continuer la lecture#40jours #05 | la caméra explore le temps

#40jours #07 | sous-sols cadenassés

Imagine la petite à cinq ans, le panneau bas de la porte vient d’exploser, les parents et les petits étaient tout près, un recul, puis dépêchons-nous, ils descendent tous. Elle suppose maintenant qu’ils ont bien dû descendre et passer la petite porte en bois pour remonter très vite en haut du jardin en pente dans l’établi du grand-père en plein Continuer la lecture#40jours #07 | sous-sols cadenassés

#40 jours #prologue | de Sainté à Kharkiv

Du Guizay, on voit les sept collines et cette grand’rue de sept kilomètres. Des voies de chemin de fer, beaucoup, là, tu vois, c’est notre immeuble. Du vert beaucoup, et pas seulement de nature, le vert des footballeurs : le 26 mai 1944, les avions américains veulent détruire les infrastructures du chemin de fer, la gare de triage vers Tardy. Neuf bombes Continuer la lecture#40 jours #prologue | de Sainté à Kharkiv

autobiographies #06 | long trajet de nuit

J’avais choisi la couchette du haut parce qu’on y tenait assise, que l’arrondi du toit du wagon n’était pas à portée de main, même en tendant très haut la main, à la différence du milieu et du bas où un ciel de skaï brun-orangé limitait le décor et la respiration – l’avais-je choisie, au fait ? je l’occupais certes, mais à Continuer la lectureautobiographies #06 | long trajet de nuit

#P12 L’effacement du fort de Flémalle

0 Rien, les tranchées dans le sable de la mer du Nord, c’est avec son cousin et ses soldats en plastique. Il veut bien que je joue avec lui. D’abord il faut préserver les constructions et les hommes de l’ensevelissement menaçant et c’est du tranchant de la main écarter le sable fin, le repousser loin, pour dégager le plus humide Continuer la lecture#P12 L’effacement du fort de Flémalle

L#10 : Fumer

Quand a-t-il commencé à fumer ? Cela ne fait pas si longtemps | il se regarde répéter ce rituel : chercher le paquet de Troupes ou de Bastos, en extraire la tige blanche, chercher les allumettes, en protéger la flamme qui vient faire crépiter l’incandescence au sein de la main en coque | il inhale la fumée chaude dans l’air Continuer la lectureL#10 : Fumer

#L8/ Les cavaliers

…et soudain, alors que l’haleine givrait sur le bord des écharpes, leur mère claironna : « C’était un soir… » et toute la fratrie se mit en position, joyeuse, une jambe arquée devant, l’autre tendue derrière, les feuilles mortes collaient aux semelles, gluantes de terre lourde, et dans les mouffles ramenées à hauteur de poitrine, dans cette imitation du geste des cavaliers, Continuer la lecture#L8/ Les cavaliers

#L3 / voix sur voies

Celle qui partCette fois-ci, le voyage n’est pas imaginaire. Le train part, et je suis dedans. Celle qui resteEst-ce que l’odeur des quais de gare change avec le temps ? Une odeur grise de gomme brûlée et de poussière rance, où flottaient dans mon enfance les relents du fioul des michelines. Je regarde le train. La voix…éloignez-vous de la bordure du Continuer la lecture#L3 / voix sur voies