#anthologie #04 | en sens opposés.

1-Les odeurs des plats (on peut jouer à deviner) ; les coups du mortier ; cris des gens ; klaxons des rues (ça fait à chaque fois sursauter) ; la texture de l’asphalte chaud sous la semelle (parfois très collante) ; le soleil sur les miroirs (et les yeux impossibles) ; le vent aux fenêtres, petite trêve ; le chant maladroit de ma mère ; le chatouillement de Continuer la lecture#anthologie #04 | en sens opposés.

#anthologie #04 | Une maison à feuilleter

1 Un livre escalier. Un probable. Une maison à feuilleter. Je respire mieux si je sais que tu dors à l’étage. 2 J’ai vu une maison gonflable gonflée. C’est important sinon on ne peut pas tenir ni debout ni couché. 3 Le chat n’aime pas déménager. Dans toutes les villes un chat au moins. Où que j’habite je m’emploie à Continuer la lecture#anthologie #04 | Une maison à feuilleter

#anthologie #10 | courir

À six ans elle écrit le mot ciel avec un s. elle tient son crayon de la main gauche, elle ne voit pas partir la gifle : après elle esquive. Un trois ou quatre de mai : elle nait – quatre sur les papiers, trois dit le corps de la mère– ; sur une photographie du salon on voit le visage Continuer la lecture#anthologie #10 | courir

#anthologie #08  –  derrière la porte

Depuis hier, j’héberge Daphné. Chassée brutalement par sa logeuse anglaise, elle s’est retrouvée à la rue. Daphné gardait les deux chiens de l’anglaise en échange d’un toit dans une villa sur les hauteurs d’Eze. Mais lorsque l’un des chiens est tombé malade, Daphné a proposé de le soigner, l’anglaise a refusé, le chien est mort, et Daphné s’est retrouvée dehors. Continuer la lecture#anthologie #08  –  derrière la porte

#anthologie #10 | bord du lac

il a trente six ans, 1962. La guerre d’algérie tire à sa fin, il faut des bras pour la gérer cette fin. Il en est. Il y est quand les attentats de l’OAS, pour le départ des réfugiés. Il rentre il est défait. Tu as du en voir, guerrier-héros du non dit. Il a trois ans, son père meurt. Trois Continuer la lecture#anthologie #10 | bord du lac

#anthologie #10 | Temps maussade

Hanoï. Dans un décor de bambous serrés, assis à un bureau, il écrit. Il a le visage émacié, long, aux pommettes haut placées, une peau cuivrée qu’aucune barbe n’assombrit, il est parfaitement rasé. Il a vingt-six ans. Son nez, fort déjà, divise en deux son visage fin, alors que sa bouche fermée n’esquisse pas un sourire. Il aime cette heure Continuer la lecture#anthologie #10 | Temps maussade

#anthologie #10 | Il a …

Il a dix ans en chemise blanche et short beige et court, il sourit. A qui ? Pourquoi ? Est-il heureux ? Quelles sont ses pensées ? Je ne le sais pas, je ne suis pas encore née. Il a bientôt soixante-dix ans, vit seul dans une grande maison et ne veut plus être photographié, la dernière fois que je Continuer la lecture#anthologie #10 | Il a …

#anthologie #10 | corps et temps

Je ne sais plus très bien qui parle ici en ce dimanche après dix épisodes d’un cycle touffu qui nous pousse au train pour écrire, car les choses ont changé depuis que je me suis reliée il y a quelques jours au saisonnier venu de Silésie qui s’appelle Jude et qui danse autour des feux, mes yeux parcourent sans cesse Continuer la lecture#anthologie #10 | corps et temps

#anthologie #10  | triangle

Il porte le prénom d’un dictateur dont la dépouille sera exposée, pendue par les pieds, sur une place de Milan. Il est vendeur de tissu à Paris après la guerre. Il offre à sa jeune sœur un coupon de tweed pour y coudre le costume de mariage de mon père. Il est né en Italie, dans un village qui porte Continuer la lecture#anthologie #10  | triangle