#anthologie #09 | le mot

c’est ma bouche, je le sais bien, c’est ma bouche toute seule, mes lèvres qui s’ouvrent, ma langue qui remonte d’un coup comme un élastique trop tendu et schlac, ça lâche, ça rebondit, ça s’écrase parfois, la langue qui forme les syllabes toute seule, sans le cerveau, je le sais pourtant, combien de fois ça s’est produit, la langue seule, Continuer la lecture#anthologie #09 | le mot

#anthologie #09 | l’invitation

j’ai repassé la nappe et les serviettes en damas, puis j’ai mis les poivrons au four, j’ai émincé les oignons très fins (les gens le font toujours trop grossièrement) et les ai mis à cuire, et j’ai fait griller les aubergines et les courgettes dans la poêle. J’ai haché les capres avec l’ail et la menthe, j’ai abaissé à la Continuer la lecture#anthologie #09 | l’invitation

#anthologie #05 | L’homme-toupie

Mais moi, je l’ai ressentie comme tout le monde, cette violence tout au fond de soi qui vous fait comme des fourmis dans les bras, tellement que ça vous brûle de l’intérieur tous ces abandons. La peur et tout ce qui va avec. Les sommeils en retard. Les tracas qui tournent comme une toupie au fond de la tête (se Continuer la lecture#anthologie #05 | L’homme-toupie

#anthologie #09 | le jour où j’ai pris le chemin opposé

le jour où j’ai pris le chemin opposé n’est pas encore arrivé ; il se peut que le jour où j’ai pris le chemin opposé se présente à moi tous les jours et je ne le remarque plus, comme une habitude, comme regarder dehors sans vraiment regarder ; il se peut aussi que le jour où j’ai pris le chemin opposé Continuer la lecture#anthologie #09 | le jour où j’ai pris le chemin opposé

#anthologie #09 | Au ralenti

C’est alors que je l’ai su, on me l’a dit, c’est tout, cela suffisait, ça réveillait, ça faisait remonter à la surface des mois de bouillonnement intérieur, plongés dans Malherbe et Racine, nous recevions en pleine figure les échos amplifiés des « événements » d’Algérie, pas ceux de la rébellion sanglante du début des années 50, ou, plus anciens, de 45 à Continuer la lecture#anthologie #09 | Au ralenti

#anthologie #09 | j’ai dit

J’étais assise sur la terre, et des petits cailloux me faisaient, non ne me faisaient pas tout à fait mal mais je les sentais, et appuyée sur cette sensation mon esprit divaguait à partir de ce que disaient ces voix qui s’interrogeaient sur mon avenir, une voix, celle de cette femme qui m’était seconde mère, qui pensait qu’elle me connaissait, Continuer la lecture#anthologie #09 | j’ai dit

#anthologie #06 | rue

Seule, sur le trottoir, les bruits du bar s’éloignant derrière moi, la fraîcheur de la rue attiédit mon corps, les claquements des talons résonnant contre les murs en pierre de taille et surtout l’odeur de leur cigarette partout même sans cigarette en vue. Seule, les voitures, légers grondements du moteur, roulis ténus des roues frottant contre le macadam, musiques bruyante Continuer la lecture#anthologie #06 | rue

#anthologie #08 | La matière du temps

Le ciel s’était voilé et j’avais allumé la lampe sur mon bureau. Son abat-jour était d’albâtre serti comme une verrière de la belle époque, avec des incrustations d’ambre en bordure, sa tige de bronze était une fleur de lotus fermée, son pied une feuille de nénuphar. Je ne sais combien de temps je restai encore plongé dans mon ouvrage. Comme Continuer la lecture#anthologie #08 | La matière du temps

#anthologie #09 | échec et bac

c’était le rattrapage, le rattrapage du bac, des épreuves orales dont je n’avais que faire, j’y suis allée sans me poser de question, l’esprit vide de toute compétition, mais à ce stade pourquoi parler de compétition, non, c’était une espèce d’obligation, la convocation était tombée, il fallait que je passe les oraux, c’était la loi, le repêchage, une dernière chance, Continuer la lecture#anthologie #09 | échec et bac