été2023 #10 | le bruit de l’obturateur

Il oublia Vienne. Le nom quand il l’entend ne correspond plus au nom qu’il souhaiterait entendre. Il est voisin, familier, c’est le visage du cousin, du frère même de celui qu’il attend, la ressemblance touche, perce le cœur d’une seconde d’espoir d’autant plus cruel qu’on le sait par avance fruit d’une déception, comme quand on aperçoit, dans la vitre d’un Continuer la lectureété2023 #10 | le bruit de l’obturateur

été2023 #09bis | les esprits maigres

Il se réveille en sursaut avec une grande goulée d’air. Un mauvais rêve. Il n’y a que le ciel au-dessus de sa tête. Il essaie de dégager ses mains. Il a déjà vu des mains de cadavre. Il saura à voir les siennes s’il est mort. Elles seront sèches comme les branches entassées sur lui. Il ne se rappelle pas s’être si bien couvert. Continuer la lectureété2023 #09bis | les esprits maigres

## été 2023 #10| personnage en vacance

A 04: 45, Jo ouvrit la boite à gants de la Dacia et attrapa le chiffon microfibre et nettoya ses lunettes et prit tout son temps car le ferry pour Split était déjà parvenu au port il ne partirait pas avant trois quart d’heure. Ils auront mis le plus de chances de leur côté pour être à bord Doris et Continuer la lecture## été 2023 #10| personnage en vacance

#été2023 #04  | le train vers Noirtier

Je voudrais qu’on la voie, je voudrais vraiment qu’on la voie dans un train, et qu’on voie d’elle l’image qu’elle ne voit pas d’elle-même, cette image que l’auteur, Sonia, n’a pas plus les moyens que moi de décrire.   Je voudrais qu’on la voie, Blanche, dans son compartiment de train, elle dont à vrai dire l’auteure ne possède plus grand chose Continuer la lecture#été2023 #04  | le train vers Noirtier

#été 2023 Estivales

# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé

Il n’a pas assez parlé de cette odeur de sang mêlé odeur de métal d’entrailles débordantes odeur de souffrance odeur de savon liquide odeur de désinfectant qui jamais ne peut masquer toujours dessous l’odeur de miasmes toujours revient l’odeur de pus il n’a pas assez respiré l’odeur du vent son esprit ne peut recomposer l’odeur du vert de l’herbe l’odeur Continuer la lecture# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé

Jeudi 17/08/2023

Dépasser le pouvoir et la vengeance pour trouver la puissance. J’ai un peu de pouvoir des mots. J’ai envie de vengeance. Il ne me reste plus qu’à les dépasser pour trouver la puissance. Dans l’acceptation de mes limites perceptives, celles que je décris aux Zautres si souvent. Je crie, je hurle, je soupire. Suis-je seulement capable de me parler simplement ? Continuer la lectureJeudi 17/08/2023

###été 2023#09 La maison où il a grandi

Depuis longtemps, il me demande de venir le voir dans sa maison des G. Au téléphone, lorsque j’annonce la date et l’heure probables de notre arrivée sa femme m’explique le chemin. pas celui mentionné sur l’adresse, la rue de l’église (c’est facile, au bout on voit l’église) jusqu’au bout, puis tourner deux fois à gauche et le chemin du pâtre Continuer la lecture###été 2023#09 La maison où il a grandi

véronique müller #été 2023

  • #été2023 #10bis | instance

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    tu participes à un atelier d’écriture et je viens au monde et tu m’écoutes à peine et je peine et tu traînes. alors j’ourdis et m’alourdis des complots à ton assaut. 
    dans quels limbes tu me laisses non-advenue, éperdue, dans quels états j’erre, dans quelles matières éparses de tes feintes indifférences m’écris-tu, quand tu pourrais d’un trait faire advenir ce qui est : la solidité et ma vie, prise dans le miracle d’un corps, intérieur et extérieurs compris, ainsi qu’etcaetera,  que tu tardes tant à rassembler, à malaxer. malaxe, toi, malaxe, comment faut-il que je t’appelle, ramasse, ouvre les bras, bouge, foule-toi, glisse les mains dans la fonte des lettres, je te prie je te plie supplie. assise en tailleur sur le sable mouillé face à la mer, seulette tu pellètes distraite. est-ce que tu ne me sens dans ta  bouche bouger, est-ce n’entends les mots si vitaux de ma supplication que je ne trouverai si tu ne m’emboites et si nous n’allons, miche, récolter les sèves non encore entendues, inouïes, qui les prendront doucement mes membres, souverainement par leurs fins orifices dont nous savons si peu et qui sont si souples. viens,
    autorise que me vienne la vie. fais  stp même contre ton gré, le gré viendra plus tard, nous l’invoquerons ensemble, nous grimperons les falaises, fais que je devienne un personnage, fais que je sois ce personnage de toi, accepte-moi reçois-moi crée-moi. à quoi sinon serviraient tes bras.

    je publie aujourd’hui 25 août ce #10, juste après le #04, et plutôt que le #05, et je pense que je le laisserai à cet endroit-là du roman, si ce roman que j’avoue tenter d’écrire venait à advenir. parce que ce qui s’y dit du personnage, là, s’y dit à l’instant T, à cet instant présent du livre, c’est-à-dire après un, deux, trois et quatre et tous leur bis. (De même que je ne suis pas sûre que je pourrais garder le 07 et 07bis à l’endroit où ils sont, soit ils devront sauter, soit passer à l’avant, tant ils ont eu charge inaugurale pour moi. peut-être que je devrait les réécrire, puis les reprendre pour démarrer autre chose, leur chose.)

    je fais ce jour, jeudi 31 août, de ce #10, #10bis, ayant tenté ces nuits-ci la ponte d’un autre #10…