#L2 Cochon pendu

Où allaient ces gens qui étaient dans le train tout à l’heure, le train dont les voies n’offrent pas de déviation possible, parcours programmé, aiguillages réglés, itinéraire fiable et sans surprise. Où allaient-ils ? La question l’a effleuré, sous le pont, alors que le souffle du TGV avait à peine eu le temps de le surprendre. Étaient-ils confortablement installés, tickets en Continuer la lecture#L2 Cochon pendu

la fabrique | Annabelle Léna, Dans le ventre de la baleine

Mes ateliers sont toujours basés sur un fait d’actualité. Ce jour-là, c’était l’histoire de cet homme avalé puis recraché par une baleine. Alors bien sûr nous parlons de Jonas resté prisonnier 3 jours et 3 nuits dans le ventre d’une baleine, bien sûr nous parlons de Pinocchio avalé par une baleine alors qu’il était en recherche de son père. Puis Continuer la lecturela fabrique | Annabelle Léna, Dans le ventre de la baleine

La pensée plus verte ailleurs ?

Y aller ne pas y aller OSER ou bien pas ! C’est la pensée, la pensée fixe, l’idée, l’obsession, la fascination, la réflexion, la subjugation, la conviction, l’abandon, la renonciation, mais l’hésitation qui prend pouvoir ; le doute, le juge intérieur qui casse la gueule à l’enfant intérieur, lui-elle rangé.e dans un coin de ton toi qui pense et qui pleure ou Continuer la lectureLa pensée plus verte ailleurs ?

#L2 Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité

Extraits de procès verbaux d’audition dans le cadre de l’enquête concernant les faits relatés ici: Témoin numéro 1: Sexe masculin. 27 ans. 190 cm. 89 kg. Type caucasien. Cheveux clairs. Yeux clairs. Description au moment des faits: « vouté sur son bureau le visage dissimulé d’une frange de cheveux »[…]– Laissez moi partir, je vous en prie! Je crois que je vais mourir. Continuer la lecture#L2 Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité

Selon Tarkos

La plage. L’été. Un été, toutes les plages. Une plage pour tous les étés, ça se pourrait mais non. Une plage de lumière insolence indolence, sommeil porté par des milliers de particules, quartz, feldspath, mica, roulées, concassées, usées, des milliers de bouts de coquillages, de brins d’étoiles, de nacre, de verre lisse, le verre ne coupe plus, la coupe n’est pas Continuer la lectureSelon Tarkos

Quelque part

Quitter le port au creux de l’eau bleue, longer les barques colorées, alignées comme sardines, avancer vers la navette au coin du café où boire un café, un café au lait, et maintenant rouler, monter dans les collines entre les arbres, les rosiers, grimper jusqu’à l’arrêt devant la grille dans les glycines. Derrière la grille, de larges dalles dessinent le Continuer la lectureQuelque part

#P2 | Un tas de bordel

Le bordel, le chantier, le fatras, le fouillousse, le tas, le bogson, la pile, le bazar, l’amas, dérangé, la pile, les tas, roulé en boule, posé là, jeté, foutu, empilé, le merdier, le bordel, l’emmerdement, le cauchemar, le putain de bordel, le bordel de merde, le cloaque, le bogson, la merde, la chienlit, la charogne, la beuglée, l’enchie, l’empissement, l’amertume, Continuer la lecture#P2 | Un tas de bordel

Impression, femme levante #P1

La première fois que j’ai regardé la chambre de Chantal Akerman, je n’ai pu retenir cette impression de doux déplié, un thé noir dans un coffret de lunes où la cinéaste assiste indolente à sa propre déambulation, je n’en revenais pas de la lente exploration de la caméra tournante et filais des yeux le déroulé presque imprécis des ombres et Continuer la lectureImpression, femme levante #P1

#L1 – S’engouffrer

Yel se tient debout dans le couloir de l’entrée. Balaie d’un regard la scène comme pour en saisir le plus rapidement possible un grand nombre de paramètres. L’ameublement, les ambulations, les postures. La tonalité des conversations. Les corps qui se cherchent et ceux qui s’évitent. Les groupes qui, en des endroits et à des rythmes bien précis, se font et Continuer la lecture#L1 – S’engouffrer

#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

Leur première rencontre a eu lieu dans un café du bord de mer. Ils occultent souvent ce moment là. L’un l’autre avaient l’impression de ne pas être vraiment présents, que rien n’avait encore commencé entre eux. L’oubli n’est pas forcément volontaire. D’autres instants, regards, pensées, effleurements, d’autres émotions se sont imprimés dessus, recouvrant cette approche initiale jusqu’à l’oblitérer. La jeter Continuer la lecture#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés