Déchets désenchantés

Au-dessus du tas, quatre chaises, fraîchement débarquées, leurs pieds retournés invoquant l’assistance d’un ciel nuageux qui ne peut rien pour elles, des planches arrachées au squelette de leur meuble d’origine, griffées, éraflées, des vis éparses transperçant leurs veines, une carcasse d’ordinateur, la carte mère à l’air, une machine à coudre, deux cadres jumeaux dont les vitres ont explosé et font Continuer la lectureDéchets désenchantés→

Il est temps

Journée envolée. Décompte des heures qui restent: une heure, deux heures, trois. Après-midi qui s’allonge et puis soir. Journée terminée, plus rien à en espérer. Montre, chronomètre, sablier – regarder tout cela s’écouler. Boire les secondes, compter les minutes, traverser la route. Clic clac du métronome, coucou, pendule qui marque les quarts et sonne les heures. Clepsydre, comtoise- remonter le temps, rattraper Continuer la lectureIl est temps→

#P2 Lacets plats et haricots cocos

Lacets croisés comme, en Basse Saxe, le bois sur les façades des maisons à colombages. Lacets plats comme des haricots cocos, sans la dentelle rudimentaire du croisillon. Et les trop courts, qu’on tire dessus avec les mains pour quand même serrer le pied. Ceux qu’on refait sur une jambe, héron de lagune et goudron. Petits lacets chagrins devant l’école, de Continuer la lecture#P2 Lacets plats et haricots cocos→

#L2 | Tant de pièces vides

Escalier C / Appartement 197 / Di Maggio Le carrelage vert dans la salle de bain, décollé, effrité, en éclats sur le béton nu. L’armoire à pharmacie ne tient au mur que par une seule vis. Une plaquette de Citalopram. Une brosse à dents Pocahontas. Un tube de Titanoréïne. Un gant de toilette racorni. Des tongs portant une marguerite en plastique. Continuer la lecture#L2 | Tant de pièces vides→

« Le destin des rencontres, les rencontres sans destin » Tarkos

Gnon, coup de poing, chiquenaude, mandale, ruade, gifle, claque, tarte, beigne, claquer le beigneur, châtaigne, torgnole, rixe – coups risqués – balayette, dispute, insultes, morgue, hargne, bagarre, ramponneau – la rue des ramponneaux à Belleville – baston, boutonnière, coup bas, coup de tête, coups de pied, coup de pied dans les couilles, coup de pied au cul, coup de poignard, Continuer la lecture« Le destin des rencontres, les rencontres sans destin » Tarkos→

Ce que sait son frère

Greg a regardé le break Volvo s’éloigner avec un pincement au cœur, même s’il sait que ce déménagement ne modifie en rien les sentiments qu’il éprouve pour sa sœur ni l’amour qu’elle lui témoigne. Elle continuera à lui rendre visite avec la même régularité dans son studio de Green Street, à s’inquiéter de sa santé mentale et à lui proposer Continuer la lectureCe que sait son frère→

#P2 porte-fenêtres

pousser la porte refermer la porte derrière soi troisième porte à droite la porte est ouverte porte de Choisy porte entrouverte porte lourde portes coulissantes referme bien la porte porte vitrée passer la porte habiter aux portes les portes-en-ré portes cassées porte fermée porte fermée à clef porte fermée à double tour ma porte sera toujours ouverte porte B porte A aéroports Continuer la lecture#P2 porte-fenêtres→

#P2 Décharge (en l’état)

La pilule, les papiers, l’argent, la pilule dans le café au lait, du thé déjà le matin, des palpitations, tout de même un livre, ou deux , dans le sac, dans les poches du sac, dans les poches grandes des habits, de grandes poches, les manteaux superposés, un casque sans musique et sans bruit, des trains sans aucun son, des Continuer la lecture#P2 Décharge (en l’état)→

Et ce n’est que le haut de l’iceberg !

Elle passe la nuit dans l’hôtel. Ce qu’elle ne pouvait savoir hier en longeant le boulevard du bord de mer et le jardin du 27, celui devant la maison blanche embellie de bougainvilliers — c’est que derrière la haie, un jeune homme d’une vingtaine d’années se vidait de son sang. Ce qu’elle ne pouvait savoir dans la gare en choisissant Continuer la lectureEt ce n’est que le haut de l’iceberg !→

Le vide

Le vide, c’est le mot qui m’a dit « tu fais ça », il s’est détaché comme le titre d’un film, en lettres capitales, sur le vide que j’essayais de faire désespérément dans ma tête, pour dormir. Le mot a eu ce sursaut d’humour, d’évidence, mais ça n’a rien arrangé, il a continué, le vide, à m’empêtrer. Le vide m’a dit, fais-moi, Continuer la lectureLe vide→