#été2023 #09bis | Arrêter le temps

Devant mon évier pour finir la vaisselle, mon gâteau au yaourt au four, je laisse l’eau couler sur mes mains. Ce n’est pas tant l’envie de pleurer, qu’une lourdeur dans la poitrine et dans la gorge qui me rend lente et comme absente, l’envie de revenir à des choses élémentaires, primaires, l’eau qui coule. C’est tout. Rester là parce qu’au Continuer la lecture#été2023 #09bis | Arrêter le temps

#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

Elle dit : Ma fille, je l’adore et elle m’adore. Elle dit : Elle s’est élevée toute seule, jamais un cri, elle ne pleurait jamais. Elle commence : Quand elle était petite. Puis elle s’arrête. Elle prend la feuille. Elle veut prendre ses lunettes, elle les cherche dans l’étui bleu (Elle pense : Je ne sais pas d’où il vient celui-là, je lui Continuer la lecture#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

 #été2023 #09 | Sur le pont  

Au loin des hommes s’agitent j’entends leurs pas précipités ; ce sont les palefreniers qui s’affairent auprès des chevaux à l’étroit dans leurs boxes et qui pataugent dans la boue et le fumier mêlés. Ils sont trop loin pour m’entendre. Tout est tranquille sous la lune. Seuls quelques hennissements résonnent dans la nuit claire. Pas envie de jouer aux cartes ce soir. Continuer la lecture #été2023 #09 | Sur le pont  

#été2023 #10 | En eau libre

On sort la pointe métallique du thermomètre de l’eau. On regarde les chiffres, 10°c. L’air ambiant refroidit la pointe métallique, le chiffre descend à 9 °c. On soulève le hayon du kangoo. On ouvre le sac de sport. On met de côté la serviette éponge, la bouteille d’eau, les barres énergétiques, le bonnet et la veste polaire. On sort la Continuer la lecture#été2023 #10 | En eau libre

#été2023 #10 | Porte

Cette fois, la revenante a trouvé porte close. Trouver. Porte. Close. Les mots semblent se détacher de tous les supports, se séparer de la syntaxe, reprendre leur liberté. L’acteur de l’entrepôt avait sans doute pris, sinon des vacances, du moins un peu de distance. De son côté, elle avait l’habitude d’entrer là comme dans un moulin, c’était un peu chez Continuer la lecture#été2023 #10 | Porte

#été2023 #10 | Un personnage en corps

Le soleil frappe fort. Le soleil est blanc, tout blanc. Le soleil est impérieux. Le soleil est plein. Le soleil n’autorise plus le retrait. Le soleil saisit tout et le ramène à lui. Le soleil a faim. La pièce est nue et lui aussi sur le lit, il est nu ou presque juste un boxer qui ne sait pas très Continuer la lecture#été2023 #10 | Un personnage en corps

#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

Marie naît à Perlé, elle y effectue ses premiers pas, souffre ses premières dents, dit ses premiers mots (Mamm, Papp, gär hunn…), esquisse ses premières écorchures aux genoux et griffes au visage, y tresse ses premières nattes, porte les pots à lait, le lard, les œufs. Des bases nutritionnelles. Très tôt, couteau dans la poche. Elle apprend hors des livres Continuer la lecture#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

#été2023 #10 I soleil noir.

Marie se réveille d’un œil puis de l’autre. Il n’est plus d’heure à présent, juste un décompte imprécis. Elle baille, rit à l’idée de son visage grimaçant, routine du clown triste, et parcourt du regard cette chambre sans annexe ; mis à part une toilette-douche à la luminosité blafarde, qu’elle ne peut quasi plus atteindre seule. Les usages d’avant perdus, Continuer la lecture#été2023 #10 I soleil noir.