#été2023 #02bis | no man’s land

On aurait dit qu’il avait fallu partir vite. Le silence et le vent dans les arbres. Face à moi, un vaste espace laissé à l’abandon. Ancien hôpital militaire puis centre de formation. M’avait-on dit. Tout à coup, irréels mais bien vivants des cris et rires d’enfants dans ce lieu fantomatique. En bord de forêt et de ravine, une école maternelle Continuer la lecture#été2023 #02bis | no man’s land

#été2023 #02bis | Digressions

Le mieux c’est de descendre gare Rive Droite mais gare Rive Gauche ça peut aller aussi, gare des Chantiers ça commence à faire plus long à pied. Nom Rive droite, aucun cours d’eau ne traverse cette ville cependant la voie ferrée s’origine rive droite de la Seine à Paris-Saint Lazare idem pour Rive gauche depuis la gare de Paris-Invalides. Pour Continuer la lecture#été2023 #02bis | Digressions

#été2023 #04bis | Nuits terminales

1.Dans la nuit de samedi à dimanche, le radeau s’est trouvé à portée de mots, au pied du lit. Le courant était fort et on sait qu’il est impossible de lutter contre. La seule possibilité : se laisser entrainer par lui et espérer en sortir quand il se mêlera aux eaux plus calmes. A ce moment-là, elle est dans l’œil du Continuer la lecture#été2023 #04bis | Nuits terminales

#été2023 #04bis | Insomnies

La nuit du samedi au dimanche, elle ne dort pas, tout ce qu’elle voit c’est que tout se déglingue, elle passe sa vie à remettre de l’ordre, ranger, épousseter, aspirer, jeter, payer les factures, remplir les papiers et tout se défait sans cesse, ça la mine. Lundi elle ira à la CAF, au flan parce que sur leur site, pas Continuer la lecture#été2023 #04bis | Insomnies

#été2023 #02bis | prélude

Le soleil est flamboyant et se perd derrière la farandole des ormes. Camille découvre habituellement les villes à la couleur feutrée de la nuit. Ce jour de printemps, elle arrivera avant que le ciel ne s’étoile, apercevra les terrasses qui ne se dévoilent qu’aux voyageurs, le linge chamarré séchant au vent.Lorsque le contrôleur annonce l’arrivée en gare, elle a déjà Continuer la lecture#été2023 #02bis | prélude

#été2023 #04bis | Les jours du cahier

Premier jour A présent, j’ai trois objets dans ma chambre bien à moi que je peux faire bouger à ma guise : le gros cahier noir, le bouquet de crayons et les chevaux de jade. Je place le cahier sur la table et les crayons à côté, j’en fais glisser un de l’élastique qui les serre ; les autres sont plus à Continuer la lecture#été2023 #04bis | Les jours du cahier

#été2023 #04 I il faut souffrir pour être belle

Maman brosse énergiquement la masse noire qui double de volume sous la brosse. Elle défait les nœuds avant de passer sur ma tête le pommeau d’eau tiède. J’ai la nuque endolorie par ma position de pénitente, à genoux devant elle. Inclinée sur le rebord de la baignoire, je demande pardon d’avoir autant de cheveux. Maman gronde. Elle coiffe avec une Continuer la lecture#été2023 #04 I il faut souffrir pour être belle

#été2023 #04 | des gens intéressants

la voiture longe maintenant les quais. le fleuve a pris la couleur du long ruban de béton qui le borde et l’enserre, il est à peine visible de ce côté de la route à quatre bandes. on a quitté le quartier qui s’est étiré tant qu’il pouvait jusqu’aux berges, pour finir par se dissoudre dans le zoning industriel. mais celui-ci Continuer la lecture#été2023 #04 | des gens intéressants

#été2023 #04bis | sept fois le onze mars

La première fois c’est au petit matin, la nuit vient de commencer que déjà elle s’efface. Pour Elle en souffle court puis lent puis brutal puis doux, pour Lui en attente et crainte et espoirs, pour Eux en drôle de rêves avec les rires d’abord un peu nerveux, Ils sont chez les voisins ou chez les grands-parents à l’autre bout Continuer la lecture#été2023 #04bis | sept fois le onze mars