#été2023 #04bis | Week-ends non homologués

1| STRUCTURE :  ce qui résiste au changement.  Structure narrative : ce qui persiste malgré les changements. Dans un vieux carnet rouge de ses dix- SEPT  ans, lors d’un exil volontaire, elle avait noté quelque chose, entendue ou lue. Toujours à court de papier à cette époque. C’était dans ce même carnet à spirales qui avait perdu son dos de couverture qu’elle Continuer la lecture#été2023 #04bis | Week-ends non homologués

#été2023 #04 I les vacances

Les vacances. Depuis Bastia on prend la route de la Lagune, on passe le hameau de Pineto, on se gare sous les arbres. Dans l’air l’odeur des pins et des eucalyptus, de sable tiède. On déplie la table et les chaises de camping à l’ombre de la pinède. Une radio diffuse une chanson de Claude François, Petra se déhanche, chante, Continuer la lecture#été2023 #04 I les vacances

#été2023 #04bis | Terre battue

1 – Dans la nuit de samedi à dimanche j’ai dansé le gwoka. J’ai dansé toute la nuit dans le lewoz de Philippe Badine. Il possède un restaurant qu’il a baptisé le Mahogany parce que le petit ajoupa qu’il y a planté pour recevoir ses clients à ses débuts, était adossé à un Mahogany. Ce qui a commencé comme une Continuer la lecture#été2023 #04bis | Terre battue

#été2023 #02 | garde-corps

les lieux ne ressemblaient pas au plan qu’on lui avait communiqué. Il avait passé du temps à imaginer meubler les carrés et les rectangles, vérifier les orientations avant de décider de l’usage futur des pièces. Mais à présent il se trouvait dans des volumes baignés de lumière un peu éteinte à cause des murs sombres et des plafonds hauts. Il Continuer la lecture#été2023 #02 | garde-corps

#été2023 #04bis | dans la nuit de samedi à dimanche elle rêve

Dans la nuit de samedi à dimanche elle rêve d’une biche à terre qu’elle voit ensanglantée depuis un tronc d’arbre sur lequel elle marche en équilibre chaussée de ballerines en velours ocre et terre de sienne. Dans la nuit de samedi à dimanche elle a vu brûler ses vaisseaux et l’a prévenu au réveil qu’elle n’arriverait plus à faire semblant Continuer la lecture#été2023 #04bis | dans la nuit de samedi à dimanche elle rêve

#été2023 #04bis | précisément.

Copyright Anne Dejardin
  1. Dans la nuit de samedi à dimanche, et non pas celle du vendredi au samedi, c’est à ça qu’elle pense au réveil, ce n’est pas la nuit de vendredi à samedi, et à l’instant de reprendre pied dans la réalité, le soulagement peut commencer l’envahissement du corps qui est resté dans le contexte du cauchemar, parce que ce n’est pas la nuit de vendredi à samedi, et alors le soulagement peut continuer à progresser dans les muscles, dans la chair, dans la tête, la respiration redescendre dans le ventre, ce n’est pas un rêve prémonitoire, de ce qu’elle disait la mère, l’inéluctable du terrible en préparation dont on venait de vivre un avant-goût, parce que c’était le rêve de la nuit du vendredi à samedi. Elle entend la phrase dans sa tête. Essaie de s’assurer qu’il s’agit bien de la nuit du vendredi au samedi, essaie de prononcer les mots, la nuit du vendredi au samedi, mais elle doute à présent. Parce que c’est même sonorité. Même la nuit du jeudi au vendredi. Elle hésite. Il faudrait lui demander. Depuis qu’elle ne peut plus l’interroger, le monde a perdu toute stabilité.
  2. Dans la nuit de samedi à dimanche, et si elle veut y rester dans ce nouvel habitat, ce ne devra pas surtout pas y dormir pour la première fois un lundi. S’agit-il de la nuit du dimanche au lundi ou du lundi au mardi. Elle l’ignore et personne à interroger. Des balises dont elle n’a pas mémorisé les codes.
  3. Dans la nuit de samedi à dimanche l’odeur étrangère, bizarre, qui n’est pas familière comme celle de mazout qui vous sautait à la gorge dès qu’elle entrait dans sa maison, à la gorge, au ventre, qu’elle était la seule à sentir, tu ne sens rien, tu t’en souviens quand même, non, il n’a pas remarqué, elle a le nez qui gâte, pour reprendre une expression entendue dans l’enfance. Malgré la porte bien fermée sur le garage accolé à la maison et le petit couloir et tout le salon et encore le corridor, l’odeur de mazout, à peine la porte poussée qu’il a fallu soulever un peu à cause de l’humidité, depuis l’enfance c’est la même voix qui parle de l’humidité à cause de la rivière au fond du jardin en bas des escaliers.
  4. Dans la nuit de samedi à dimanche, la même odeur d’humidité on pourrait penser, et donc il y aurait quelque chose de familier, de rassurant, et non, chaque humidité a sa particularité odorante. Elle a plongé son nez dans le t-shirt qui lui sert de robe de nuit. L’odeur de sa peau la rassure. Si elle ne s’habitue pas, elle pourra toujours partir, lui rendre la clé et le remercier.
  5. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle se tourne et se retourne. Le lit est large, l’hôtel luxueux. Il dort à côté d’elle. Demain il repartira. Il ne donnera pas signe de vie jusqu’à la prochaine fois. Son corps à elle est en paix. Sa tête moins. Il la fait toujours jouir. Ça reste un mystère. C’est peut-être pour cela qu’elle vient le retrouver, pour comprendre. L’alcool et le spectacle l’ont épuisé. L’amour aussi peut-être. Elle a chaud. Elle voudrait boire. Sa gorge comme fichée d’aiguilles. Elle a peur de le réveiller. De se cogner dans le noir aussi. On lui a donné une suite. Elle est arrivée tard, elle ne sait même pas dans quelle direction est la salle de bains.
  6. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle marche dans la neige. Elle est hors du froid qui resserre tout le paysage et le sol sous ses pas. Il faut prendre garde à ne pas déraper. Elle est hors tout raisonnement commun. Elle pleure à gros hoquets. Elle sent que c’est de cela qu’elle a besoin. Elle est hors de la peur du noir, de la peur de ne pas retrouver son chemin, de la peur de se faire agresser. Elle est seule dans la nuit. Close sur sa peine.
  7. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle n’est pas née. Ils ont attendu le matin pour la césarienne. Elle était un gros bébé. Un beau bébé. C’est ce qu’on dit des nourrissons qui n’ont pas fait le trajet eux-mêmes, qui n’ont pas dû se frayer un chemin, à qui on a ouvert la porte. Est-ce pour cette raison que tout lui demande du temps ? Qu’on l’a toujours traitée de rêveuse ? Qu’on l’a éduquée à coups de dépêche-toi ? Qu’elle a choisi de photographier plutôt que de filmer ? Arrêter le temps sur l’image. C’est un art qui lui convient, la justifie toute entière. Écrire aussi si la narratrice le décide ainsi.

#été2023 #04 I Rose et Alexandre

Le long du trottoir, devant la lourde porte en bois peinte en gris anthracite en marron sont alignées cinq voitures aux couleurs métallisées, deux Toyota dont celle de Rose, une Clio, une 308 Peugeot et une Hyundai, sont garées une 4L Renault vert d’eau, une CX Citroen marron et une Lancia jaune. C’est le soir. Les habitants sont rentrés. Le Continuer la lecture#été2023 #04 I Rose et Alexandre

#été2023 #04bis | Dans la nuit…

/ 1 / Dans la nuit de samedi à dimanche, nous finissons de ranger les affaires, bouclons les cartons, frigo dégivré, ménage sommaire, on finira la semaine prochaine ; pendant ce temps de travail ensemble, pas un mot plus haut que l’autre, pas un regard triste ou féroce, on s’est même souri en scotchant à deux les gros cubes où appuyer Continuer la lecture#été2023 #04bis | Dans la nuit…

#été2023 #04bis | les heures volées

Dans la nuit de samedi à dimanche du dernier weekend d’octobre. Du dernier mois d’octobre, l’an passé. Dans le coin de l’écran de mon ordinateur, la pendule passe automatiquement de 2h59 à 2 heures. Passage à l’heure d’hiver. Je fais une manip sur mon ordi pour qu’il affiche 3 heures. Je vole cette heure et je la garde jalousement dans Continuer la lecture#été2023 #04bis | les heures volées