#été2023 #10bis | dénégation

On m’appelle le dibbouk mais ce n’est pas exact. C’est une facilité. Une paresse. En vérité j’ai reçu un nom. On l’ignore. On ignore tellement de choses. Ce qui n’empêche pas de supposer. Moins on en sait plus on suppose. Comme le dit Gédéon «on est un con» . On a bien le droit de dire ce que l’on pense Continuer la lecture#été2023 #10bis | dénégation

#été2023 #10 | cahier clairefontaine

J’écris comme Paul sur des cahiers d’écoliers. Nous nous étions amusés de cette habitude commune et j’avais dit que c’était la preuve que nous étions faits l’un pour l’autre. J’avais ri comme si c’était une plaisanterie, un conte pour enfant auquel, bien sûr, je ne croyais pas, et j’avais relevé la tête, redressé le buste comme pour faire plus grande Continuer la lecture#été2023 #10 | cahier clairefontaine

#été2023 #09bis | Arrêter le temps

Devant mon évier pour finir la vaisselle, mon gâteau au yaourt au four, je laisse l’eau couler sur mes mains. Ce n’est pas tant l’envie de pleurer, qu’une lourdeur dans la poitrine et dans la gorge qui me rend lente et comme absente, l’envie de revenir à des choses élémentaires, primaires, l’eau qui coule. C’est tout. Rester là parce qu’au Continuer la lecture#été2023 #09bis | Arrêter le temps

#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

Elle dit : Ma fille, je l’adore et elle m’adore. Elle dit : Elle s’est élevée toute seule, jamais un cri, elle ne pleurait jamais. Elle commence : Quand elle était petite. Puis elle s’arrête. Elle prend la feuille. Elle veut prendre ses lunettes, elle les cherche dans l’étui bleu (Elle pense : Je ne sais pas d’où il vient celui-là, je lui Continuer la lecture#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

#été2023 #10 | Un personnage en corps

Le soleil frappe fort. Le soleil est blanc, tout blanc. Le soleil est impérieux. Le soleil est plein. Le soleil n’autorise plus le retrait. Le soleil saisit tout et le ramène à lui. Le soleil a faim. La pièce est nue et lui aussi sur le lit, il est nu ou presque juste un boxer qui ne sait pas très Continuer la lecture#été2023 #10 | Un personnage en corps

#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

Marie naît à Perlé, elle y effectue ses premiers pas, souffre ses premières dents, dit ses premiers mots (Mamm, Papp, gär hunn…), esquisse ses premières écorchures aux genoux et griffes au visage, y tresse ses premières nattes, porte les pots à lait, le lard, les œufs. Des bases nutritionnelles. Très tôt, couteau dans la poche. Elle apprend hors des livres Continuer la lecture#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

#été2023 #10 I soleil noir.

Marie se réveille d’un œil puis de l’autre. Il n’est plus d’heure à présent, juste un décompte imprécis. Elle baille, rit à l’idée de son visage grimaçant, routine du clown triste, et parcourt du regard cette chambre sans annexe ; mis à part une toilette-douche à la luminosité blafarde, qu’elle ne peut quasi plus atteindre seule. Les usages d’avant perdus, Continuer la lecture#été2023 #10 I soleil noir.

#été2023 #10 | jacqueline a 100 ans

Jacqueline a 100 ans, ils ont servi l’apéritif et le champagne sur les tables de bois à hauteur de genoux, les nappes de toile cirée à grosses fleurs oranges et rouges collent aux coudes comme dans son souvenir de la gargote au bord de la mer sur cette autre île, elle était penchée vers la pinte de bière noire, ils Continuer la lecture#été2023 #10 | jacqueline a 100 ans

#été2023 #08bis | la main sur le drap

la main qui repose sur le drap blanc. doigts tordus par les gestes du métier, un peu repliés sur eux-mêmes qui savent sans doute encore serrer la cuillère, la fourchette, le couteau, la poignée d’une porte mais qui ne connaissent plus le dépli, ont oublié le plat de la main. et puis dans un effort inattendu le geste ralenti de Continuer la lecture#été2023 #08bis | la main sur le drap