#anthologie #23 | Le lac noir de la cathédrale
Le texte écrit pour cet atelier est désormais publié sur le site laurehumbel.fr Toute l’eau de l’incendie, 10.
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il fait tellement chaud qu’ils ont laissé leur porte ouverte, un simple rideau anti mouches les protège de la rue. Je passe devant chez eux, j’entends Pierrette roter à plusieurs reprises, elle commente « ah ça fait du bien, oh putain ça fait du bien » à nouveau un chapelet de rots retentissants. Pierrot maugréé «oh oh oh tu la fermes », elle Continuer la lecture#anthologie #26 | bruits et voix
Je prends la via Medina, j’ai choisi de passer par là, je veux revoir la via Medina. Elle est plus large que mon souvenir. Ce texte est double car tandis que je marche via Medina, que j’observe la via Medina, je veux me souvenir de ce qu’est cette rue pour moi. C’était mon adresse à Naples. Quatre ou cinq fois Continuer la lecture#anthologie #22 | Via Medina
L’odeur du sentier d’Avon La forêt de Fontainebleau m’inspire un sentiment assez proche me semble-t-il du sentiment amoureux mais faut voir que je manque de comparaison. Je l’associe à la vue des fougères, des blocs de grès et des pins mais aussi à l’odeur du sentier du rocher d’Avon. C’est une odeur sèche et ronde. C’est celle de la paille Continuer la lecture#anthologie #25 | un souvenir olfactivement pur
Je n’ai que cinq photos de toi. Cinq photos mais seulement trois jours de ta vie. Cinq photos qui te montrent à l’occasion de trois jours de ta vie, de ta vieillesse, de ta grande vieillesse on dirait aujourd’hui. À soixante-quinze, à quatre-vingts et sur les deux dernières, non datées, les plus récentes, si on peut dire, à quatre-vingt-six ou quatre-vingt-sept ans. Pas davantage. Tu es morte à quatre-vingt-sept ans. Sur toutes tu as les cheveux blancs, peignés avec une raie sur le côté droit de la tête et qui recouvrent tes oreilles. Prenons-les dans l’ordre chronologique. D’images de toi antérieures, il n’y a pas. Ni matérielles ni immatérielles. Continuer la lecture#anthologie #20 | l’abuelita
La dépouille du jeune merle trouvée dans le potager, au matin, puis le cri de l’enfant : un oiseau est mort ! Là ! Il est mort ! Ici on a l’habitude de les enterrer et de leur rendre un dernier hommage. Il y a un cimetière d’oiseaux à qui on donne des noms. Il y a deux ans, en Continuer la lecture#anthologie #18 | photos supprimées
L’odeur de la laisse de mer au petit matin, nez qui picote et aigreur ronde et riche. L’odeur de la poussière dans le rayon filtrant entre volets entrebâillés aux heures chaudes. L’odeur de mon renvoi de peine froide en pensant ton absence. Les odeurs que j’ai oubliées, celles que vous aviez. L’odeur de ta pipe, mon Père, de celles dont Continuer la lecture#anthologie #25 | bouquet de hasard
Les dimanches ce que je préférai quand nous arrivions rue de Steinkerque c’était l’odeur de cave dans le hall, plus marquée dans le petit recoin sous l’escalier où je me cachais pour faire peur à mon frère, et qui s’éventait à mesure que nous gravissions les cinq étages. Quand nous arrivions rue Legendre, et qu’il fallait se laver les mains Continuer la lecture#anthologie #25 | liste olfactive
Rarement : quand les feuilles tombent et que leur décomposition engendre l’humus, certaines fois, en forêt, peut-être aux parages des chênes, un parfum exquis. Il suspend tout le reste. Quand je te l’ai dit, tu as répondu : tu rêves tellement. Et un jour, dans les bois humides, tu t’es arrêté net : c’est vrai, je viens de le sentir odeur de sainteté : Continuer la lecture#anthologie # 25 | pot-pourri
Quand elle ou lui vers la fin sombraient dans le sommeil, tout se mélangeait en moi : il me les prenait, je lui en voulais, mais en même temps tous deux pouvaient, grâce à lui, prendre peut-être un peu de repos. Ils récupèrent, disaient les auxiliaires qui savent. Et moi, je pensais que l’un comme l’autre s’échappait, faisant des incursions dans Continuer la lecture#anthologie #24 | sommeil et li(t)s