#rectoverso #06 | Jamais bien longtemps

Quand on est infirmière on travaille en uniforme blanc. Quand ils se plantent à la centrale de lavage on doit mettre le même plusieurs jours ou une autre taille. J’ai la chance de ne pas être très épaisse et de pouvoir porter quasi toutes les tailles avec plus ou moins d’élégance. Chercher mon uniforme est une des étapes de la Continuer la lecture#rectoverso #06 | Jamais bien longtemps

#rectoverso #06 | Le chat de Shrödinger

Je viens dans ce jardin parfois le soir quand je ne sais plus quoi faire, je m’assois d’abord sur une pierre. Il n’y vient presque jamais personne, j’aime le silence, les fleurs qui poussent libres dans les allées et, quand il pleut, la lumière sur les dalles. J’y vais sans rien, je sais qu’on n’aimerait pas m’y voir avec un Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le chat de Shrödinger

#rectoverso #06 | Le chien à la grille

Quand on est un chien à la grille, on est soit le barreau – invisible, soit la menace – les crocs. Quand on est un chien à la grille, on respecte les temps précis, quotidiens et obligatoires, que ni la neige ni le soleil, ni l’absence du maître ni la présence d’invités ne perturbent. Au petit matin, je fais le Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le chien à la grille

#recto-verso #06 | Beau métis

Cette nuit j’ai rêvé que je marchais et que je me cognais à quelqu’un et que ce quelqu’un c’était moi qui, par le choc, éclatait. J’ai sursauté, j’étais mort.Serait-ce le signe de mon licenciement ? Viré. Un rêve prémonitoire ? Nanar a déclaré que la boutique était déficitaire. On l’aurait deviné : pas un chat dans les rayons ou seulement quelques curieux qui Continuer la lecture#recto-verso #06 | Beau métis

#rectoverso #01 #02 #03 #04 #05 #06 #07 #08 #09 #10 #11 #12 #13 #14| (titre à venir)

# 1 Recto Le monde ne se ressemblait plus, avec presque rien, en partant de rien, il fallait inventer le bout de territoire, c’est en marchant vers le territoire, dans une allée d’un jardin, ou sur la grande avenue d’une capitale, c’était pareil, qu’on aboutisse au Taj Mahal, ou sur l’envers d’une autoroute – les bornes à essence, le comptoir Continuer la lecture#rectoverso #01 #02 #03 #04 #05 #06 #07 #08 #09 #10 #11 #12 #13 #14| (titre à venir)

#rectoverso #06 | Toute une vie.

«l»                                  RECTO. J’ai mis du temps à me faire. Le certificat et basta, après c’était la ferme. Comme les parents et comme mes frères et sœurs et puis l’armée où j’ai connu ce premier et seul copain. On ne parlait pas beaucoup à la maison, ça m’est resté. Par contre, je ne suis pas resté paysan, je sentais que c’était Continuer la lecture#rectoverso #06 | Toute une vie.

#rectoverso #06 | autoroute

Allez, on bouge. je prends le train en marche. En retard, mais j’ai mes raisons. Petit à petit vous comprendrez si vous me lisez. Je vous la fais à l’envers. Qu’importe. Là je me veux me souvenir de quelque chose de très ancien, de Savigny-les-Beaune et de mon métier que je n’exerce plus, mais qui a été le mien pendant Continuer la lecture#rectoverso #06 | autoroute

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly

Recto : Là tout prèsJe ne sais pas pourquoi j’y pense aujourd’hui. Peut-être parce qu’il sont plus nombreux que mes vivants. Ceux qui sont partis sont plus nombreux que toute l’humanité réunie de manière générale, depuis le temps. Partent-ils vraiment ? Nous abandonnent-ils ? Ils sont là. Tout près. Le jour, la nuit, peu importe. Je ne peux me résoudre à ces Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly

#rectoverso #06 | ce que je fais

Ce que je fais, officiellement, n’explique rien. Je suis institutrice, ici, à Sidi Barrani. Dans une salle aux murs blanchis, pour une poignée d’enfants que je vois grandir trop vite. Je me lève tôt. Ici, tout le monde se lève tôt, même ceux qui n’ont plus rien à faire. Je fais chauffer de l’eau pour le thé, je mâche du Continuer la lecture#rectoverso #06 | ce que je fais

#rectoverso #06 | Il n’y a pas que du fenouil

Recto Quand on est rempoteur de Capucines, on oublie le monde tel qu’il est, on s’enfonce, on se laisse emporter par notre univers intérieur. On ne voit pas les dos penchés, les fronts en sueur. On n’entend pas le bruit des tracteurs et encore moins celui et tomates et des fenouils jetés dans le hangar. Du moins c’est l’impression que Continuer la lecture#rectoverso #06 | Il n’y a pas que du fenouil