#comme | je te regarde comme

Je te regarde comme un chien. Je te regarde comme ce chien pendu au rétroviseur de ton automobile. Je te regarde comme lui qui ne peut pas te regarder. Qui est une chose. Je te regarde comme une chose. Comme ce machin chose de chien d’automobile — la tienne. Je te regarde comme en leasing un jour de courses et tu pleures. Je te regarde comme pleurer un jour de courses ou comme freiner dans une rue en pente ce jour là. Je te regarde comme ce stop d’avant l’aire de parking quand il va pleuvoir. Je te regarde longtemps. Tu es de profil. Tu pleures. Je te regarde comme ton nez au milieu de la figure.  Je te regarde comme ton nez porte des verres épais. Je te regarde comme ils se brouillent parce que tu pleures. Je te regarde comme un essuie glace usagé. Je te regarde avec son bruit. Comme il racle et peine. Je te regarde comme ton impuissance à changer des balais d’essuie glace. Et tu pleures. Tu te gares et tu pleures. Je te regarde comme ta liste de course en rouleau de sopalin, en lessive trois en un, pâtes et pain de mie, de salami, de riz derrières tes  verres sales. Je te regarde comme personne et tu as l’air d’une chienne hagarde. Je te regarde comme  une chienne.

Je te regarde comme un chien.

Je te regarde comme ce chien pendu au rétroviseur de ton automobile.

Je te regarde comme lui qui ne peut pas te regarder. Qui est une chose.

Je te regarde comme une chose. Comme ce machin chose de chien d’automobile — la tienne.

Je te regarde comme en leasing un jour de courses et tu pleures. Je te regarde comme pleurer un jour de courses ou comme freiner dans une rue en pente ce jour là.

Je te regarde comme ce stop d’avant l’aire de parking quand il va pleuvoir. Je te regarde longtemps. Tu es de profil. Tu pleures.

Je te regarde comme ton nez au milieu de la figure.  Je te regarde comme ton nez porte des verres épais. Je te regarde comme ils se brouillent parce que tu pleures.

Je te regarde comme un essuie glace usagé. Je te regarde avec son bruit. Comme il racle et peine. Je te regarde comme ton impuissance à changer des balais d’essuie glace. Et tu pleures. Tu te gares et tu pleures.

Je te regarde comme ta liste de course en rouleau de sopalin, en lessive trois en un, pâtes et pain de mie, de salami, de riz derrières tes  verres sales.

Je te regarde comme personne et tu as l’air d’une chienne hagarde.

Je te regarde comme  une chienne.

A propos de Nathalie Holt

Rêve de peinture. Pose et dessine à la Grande Chaumière. Entre aux beaux arts avec un dossier fait la nuit. Rôde à la Sorbonne : trois ans de philosophie. 1981 premier décor de théâtre. Se prend au jeu. S'appuie sur la mémoire des studios et plateaux de l'enfance. Vue rétrospective et oblique. Enfant de la balle. Apprend son métier sur le tas. Ne peint plus que des maquettes ou des murs plus hauts qu'elle. 30 ans de théâtre. Se promène avec un appareil photo, argentique puis numérique, tout en manuel, sans technique.

9 commentaires à propos de “#comme | je te regarde comme”

  1. Bonjour Nathalie,
    Un texte qui bouscule, entre adresse et discourt intérieur, le vivant et l’artificiel, le déferlement des objets, et ces larmes… oui ce texte emporte, (une petite envie : je le verrai bien avec des retours à la ligne, tel que tu les a fait entendre à la lecture hier soir)

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