P#6 Jours à l’envers

Dimanche                                                                                                                              

Les deux assises sur un banc face au port, devant elles passent des touristes, assez peu pour un dimanche. L’une fait remarquer que Port-Vendres est moins fréquentée que les autres villes de la côte. L’autre pointe le fait que ses plages ne sont pas directement accessibles à partir du centre-ville. Elles trouvent, un peu bêtement, que c’est une chance.

Samedi                                                                                                                             

Rempotage du ceropegia dite “chaînes des cœurs” de la jardinière dans la salle de bains. Difficile d’en dégager la terre agglomérée entre les racines et les nombreux tubercules souterrains.  Elle a récupéré des tubercules plantés dans d’autres pots afin de les offrir. A qui ? elle n’en sait rien encore. Pour l’instant elle contemple les bulbilles le long des tiges et se dit qu’elle devrait changer le joint du robinet.

Vendredi                                                                                                                                

La file devant le vendeur de fromages de brebis dès l’ouverture du marché. Il faut se lever tôt, et s’y rendre rapidement, le café sera bu plus tard, pour avoir la chance de pouvoir acheter des petites faisselles de fromage de brebis frais à déguster recouvertes de miel.

Jeudi                                                                                                                               

Découpe de morceaux de pêches, brugnons, poires, et melons déposés dans un saladier. Aux salades de fruits succèdent les années. Dans ce geste répétitif, ce jus qui coule le long de ses doigts, l’odeur des fruits d’été, elle revoit à travers les siennes les mains de sa mère, la marque de son alliance plus claire sur sa peau, les traces de la maturité.

Mercredi

Le bruit du ballon lancé par les enfants résonne sur la place, à leurs cris se mêlent ceux d’une voisine qu’un rien insupporte. Bientôt la rentrée, vous allez être tranquille, entend-on.

Mardi                                                                                                                                    

La pluie enfin, et un peu de fraîcheur, fait que le linge est étendu à l’intérieur, porte de la terrasse ouverte.

Lundi

Rien ou si peu ; fin d’été qui s’étire.

A propos de Rose-Marie Mattiani

Je tente d'écrire, j'anime des ateliers d’écriture depuis plus de vingt ans, suis aussi élue à culture et au patrimoine à la mairie de la ville où j'habite dans les Pyrénées-Orientales, entre mer et montagnes. J'ai animé des groupes de personnes souffrant d’addictions, des groupes de personnes âgées ou en situation de handicap, des groupes d’enfants, des ateliers dits « d’écriture à dess(e)in ", d'autres "en marchant, en écrivant". J'ai quelques recueils de poésie édités aux Éditions Unicité. Je tâtonne...

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