#anthologie #40 | A la recherche de l’auteur

Il n’y a pas de texte sans auteur, même « inspiré » par un dieu, recueilli sur le Sinaï, ou dicté par un ange, la main de l’homme a tracé les signes composant tout texte. Une fois posé cet axiome, son application à la littérature pose la question du QUI ? Les conjugaisons, les modes ne donnent qu’une indication approximative, parfois destinée à Continuer la lecture#anthologie #40 | A la recherche de l’auteur

#anthologie #36 | sans titre

« Avec plaisir » dit-il en posant la tasse de café sur la table. Mais avant de la poser sur ma table, la tasse de café a fait bien du chemin. Je le sais, je l’ai déjà vu faire des dizaines de fois. Il la prend d’abord avec sa main droite en l’attrapant par ce qui est appelé l’oreille qu’il tourne systématiquement Continuer la lecture#anthologie #36 | sans titre

#anthologie #40 I Tout est chaos

Ceci n’est pas un livre, c’est un chaos, ça part dans tous les sens. Ça s’écrit en «elle », en « je », en « tu », jamais en « il ». C’est un choix, une constance, aucun narrateur masculin, des personnages oui, mais c’est toujours « elle » qui raconte. Même si bien sûr elle est multiple. Il faut Continuer la lecture#anthologie #40 I Tout est chaos

#anthologie #29 | résister au troupeau

Ils ont su que je m’installais à nouveau en France après de longues années en Chine pour devenir metteuse en scène. L’un deux, a demandé : « Et vous comptez en vivre ?». Leurs questions me poursuivaient de carrière et de pays.Ils m’ont jugé avec condescendance. Ils voulaient me faire sentir combien mon entrée tardive dans le milieu du théâtre français Continuer la lecture#anthologie #29 | résister au troupeau

#anthologie #35 | vers la fin

Il est assis dans la voiture, côté conducteur. A sa droite, la femme, les yeux mi-clos. Ils regardent la route en avant. Paysage de collines du Petit Luberon. Un canal longe la route sur la gauche. Un chemin suit le cours du canal. Voix off. Ils seraient sur le chemin du retour. Ils ne se préoccuperaient pas du lendemain. Le Continuer la lecture#anthologie #35 | vers la fin

#anthologie #39 | eaux secrètes

Ça commence par de vastes éboulis dans une vallée non répertoriée sur les cartes, je ne sais pas trop dans quel pays ça se trouve, d’ailleurs ça n’a pas d’importance. La lune est en son plein. Les choses du monde se perçoivent dans une lumière ténébreuse et nacrée. Je note la présence de l’eau qui attrape la lune dans ses Continuer la lecture#anthologie #39 | eaux secrètes

Time and Space

-You can’t lose time since you can’t have it…, dis-je dans un éclair de lucidité. -…You can make Time. Me répondit-elle en m’ouvrant grand les écoutilles du dedans. 05/08/2024 Je date toujours tout. Mon journal des rêves, les rencontres avec des clients « spéciaux » dans un endroit « spécial » dans lequel je joue à la serveuse non-professionnelle un peu « spéciale », chaque jour Continuer la lectureTime and Space

#anthologie #40 | Magasins généraux

Une femme opte pour un changement radical de carrière à l’approche de la cinquantaine. Elle rentre en apprentissage dans une station touristique où elle n’a pas remis les pieds depuis une trentaine d’années. Les éléments les plus prosaïques de son quotidien se combinent alors avec ceux du passé dans un jeu de compas. Les fantômes pèsent à peine plus qu’un souffle d’air et c’est une autre permanence dont elle fait l’expérience simple, face aux montagnes, le temps d’une saison.
Continuer la lecture#anthologie #40 | Magasins généraux

#anthologie #40 | Ces gens-là

Premier registre : Qui en serait l’auteur ? Un jour, Il a récupéré le bureau d’enfance du père. C’est une table modeste maculée de taches d’encre. Son grand-père a refait l’un des pieds dans un bois plus clair et un peu tordu. Il est bas. Ses genoux cognent contre le tiroir. C’est désagréable et la plupart du temps il a Continuer la lecture#anthologie #40 | Ces gens-là

#anthologie #40 | quatre: une dernière fois

1.Une femme écrit toute sa vie. Elle écrit pour un oui pour un non disent les autres. Pour quoi faire ? Et la valeur de tout ça ? Elle range ce qu’elle écrit. Ce qu’elle écrit dérange. Prend de la place. Dans une malle, au lieu des tiroirs d’Emily. Dans le ventre de l’ordinateur, prend moins de place. Plus facile à effacer. Continuer la lecture#anthologie #40 | quatre: une dernière fois