# Anthologie. # 05 | Esseulé.

Je suis encore affalé dans le canapé à ne rien faire. je vais manger la soupe et après télé. Quand je suis comme ça, je me mets à penser à la fuite, au départ. Et après j’ai honte, je ne me reconnais pas. je voudrais être dégagé, mais dégagé de quoi, d’une nostalgie toujours là. Je n’en ai jamais parlé, Continuer la lecture# Anthologie. # 05 | Esseulé.

#anthologie#5 | danse transe

je marche par tous les temps, parfois je cours, je ne m’arrête jamais jusqu’à trouver un nid pour y passer la nuit, je ne sais plus qui je suis ni d’où je viens, j’ai traversé des villes et des campagnes et franchi des frontières jusqu’à me mettre dans cet état, je suis né loin au Nord dans un pays dont Continuer la lecture#anthologie#5 | danse transe

#anthologie #05 I derrière la façade

J’ai une façade. Je suis une façade. J’ai troqué mon corps contre une façade. Le soir, quand les chauves-souris sortent à l’ombre et batifolent au milieu des moustiques retardataires, moi, je sors ma façade, dans un chariot de supermarché que je pousse devant moi. C’est un produit frais, avec date de péremption – le lapsus étant de rédemption – consommable Continuer la lecture#anthologie #05 I derrière la façade

#Anthologie #04 | Pro domo

1. C’est la radio qui réveille l’enfant, ou peut-être l’odeur brusque de l’essence. La veille au soir le père l’a couchée dans le lit déplié derrière le siège conducteur, le matelas remplit tout l’habitacle. Le camping-car a démarré dans la nuit, elle n’a rien vu elle vivait dans ses rêves, dans les plis de la liberté promise. Voilà on y Continuer la lecture#Anthologie #04 | Pro domo

#anthologie #05  – trente-six ans de vivant

Je peux bien le dire aujourd’hui : ce corps qui se balance n’a jamais été mien. A cause de ce qu’on m’a fait et il me semble que tu as fini par devenir de quoi il s’agissait, je n’ai fait qu’occuper ce corps et jouer la comédie du vivant. Ce n’est pas si difficile de jouer au vivant. Cela vient très Continuer la lecture#anthologie #05  – trente-six ans de vivant

#anthologie #5 | la Gardienne

Moi la sinistra traîne galoche et grand cabas j’ai forcé ma voix des hurleries contre tous les vents qui voulaient m’emporter. Je me suis laissée dessécher à force d’eau venue des yeux comme deux sources brûlantes. Pourtant je continue. J’avance noire d’insecte sous le soleil blanc. J’ai dit : je ne lâche pas. Jamais tu m’entends jamais ! Je vous gicle éternels Continuer la lecture#anthologie #5 | la Gardienne

#anthologie #05 | Quand ça résiste

Je balance mon corps vers l’avant, je le porte, il pèse, il résiste. « Espèce de bourrique, tu vas avancer ! ». Il refuse, se cabre, rue dans les brancards. C’est mon corps mais il se déconnecte parfois de mon cerveau sans que je n’y puisse rien. Depuis quelques années il a pris du poil de la bête. Quand je Continuer la lecture#anthologie #05 | Quand ça résiste

# anthologie #05/ Happening

Se montrer aux autres comme on est, ou donner une bonne image de soi, une image que l’on ne maîtrise pas…on n’est jamais responsable de la tête que l’on a, mais de la tête que l’on fait dit-on…saluer, se saluer, se présenter par courtoisie ou politesse même si ça ne nous arrange pas, car ce n’est pas le moment surtout Continuer la lecture# anthologie #05/ Happening