#40 jours #03 | trois fois Belleville

55, rue des Couronnes, ParisLe parc de Belleville. Hors champ.  Trottoir. Boîte de kebab. Ouverte. À l’envers. Jetée. Un arbre et son rond au pied. Grille. Envahie par des herbes folles.  De l’autre côté du trottoir. Une balustrade. Pas haute. Coupée par un petit escalier. Qui descend. Quelques marches. À droite de l’escalier. La balustrade est accompagnée. Une haie. Assez Continuer la lecture#40 jours #03 | trois fois Belleville

#40 jours #03 | Trois fois John Wayne

John Wayne Street, Las Vegas, Nevada. Une courte et large impasse écrasée par la chaleur bleue, presque blanche, du printemps 2018. Le goudron se fissure, les voitures sont puissantes, les maisons modernes couleurs sables, sont cossues. Derrière leurs murs, de petits arbres dépassent. Au fond, on distingue un îlot de verdure et une voiture garée sous un panneau « No Parking Continuer la lecture#40 jours #03 | Trois fois John Wayne

#40jours #02 | Voir sans être vu

La fenêtre de l’appartement est un écran. Tu as toujours été attiré par les écrans. Dans les appartements dans lesquels tu as vécu, tu as toujours recherché, privilégié la vue. Vue sur la mer, sur un petit jardin, une prairie, des collines, une baie, vue sur l’horizon, vue sur la ville. Et dans la ville c’est le vis-à-vis qui t’attirait Continuer la lecture#40jours #02 | Voir sans être vu

# 40 jours # 02 / HLM rue Piat

Cinquième étage droite. Cuisine aménagée personnes handicapées. Larges proportions. Buffet contre le mur du fond. Longue table au centre. Cinq chaises dépareillées. Un fauteuil roulant. Garçon tétraplégique. Bol posé sur la table. Jeune fille. Penchée. Porte la cuillère. La bouche du garçon. Qui tourne la tête. Semble rire. En appui sur le buffet. Le père. Triste. Hall d’entrée. Centre. Carrelage Continuer la lecture# 40 jours # 02 / HLM rue Piat

#40jours#01#Zoomarrière| Un chat, un homme et un banc à Istanbul

Un miaulement timide, des oreilles pointues, des yeux verts. C’était un chat parmi les innombrables autres chats qui non seulement occupent mais règnent sur Istanbul. Il est venu se frotter contre ma jambe et retint mon attention car il ressembla au mien, sauf qu’il n’a pas les « chaussettes blanches » qui me plaisent tant chez mon chat. Un homme arriva et s’installa sur le banc en face du mien, le chat s’en alla soudain pour le rejoindre. Cet homme caressa le chat et le nourri de quelques croquettes. Il était tout le contraire d’un touriste, son regard révélait un mélange de chaleur et solitude, son gilet tâché au niveau du bas de la manche était bleu comme son pantalon, le béret semblait être un accessoire qu’il porte tout le temps quand il sort et ses chaussures de marche traduisit son plaisir de sortir, de marcher, de rencontrer des chats dans cette ville où il a tant vécu et qui a tant changé. Il s’est assis sur le bout droit du banc en laissant son bras se reposer sur le reste du dossier comme s’il y avait sa bien-aimée assise à côté mais qu’il n’avait pas envie que son bras lourd se mette à la gêner. Cette image était si belle et touchante que je ne puis m’empêcher de prendre une photo, c’est à ce moment-là qu’il le remarqua et qu’il croisa mon regard. Il ne fronça même pas les sourcils, il resta paisible et son regard jongla entre le chat, les feuilles mortes sur les pavés, la jeune touriste qui l’observa, les passant.e.s et l’entrée du musée archéologique d’Istanbul. Cet individu inondé de ses pensées avait indubitablement des histoires à raconter, une douce personnalité et un choix justifié de s’asseoir là. Il aurait très bien pu s’asseoir au Gülhane parc quelques pas plus haut qui longe et qui mène vers l’époustouflant palais ottoman « Topakapi » dont toutes les pièces sont couvertes de magnifiques décorations colorées sur du céramique et dont les jardins en hauteur ont la vue sur la mer Marmara et le début du Bosphore, ainsi qu’un panorama sur la Corne d’Or.

#40 jours #02 | La nuit monte par l’est

Depuis le sommet de ses montagnes, le gros œil balaye l’horizon. La nuit monte par l’est, le jour sombre à l’ouest. D’énormes cachalots nagent vers l’estuaire. Sur la lande loin des villages, des petits groupes serpentent à la lueur de leurs torches. Au bord d’un étang, une femme est assise, elle tourne le dos à ce qui sort des grands Continuer la lecture#40 jours #02 | La nuit monte par l’est

#40jours #01 | Sam’s café

Parmi les voyageurs, qui ne connaît le zèbre de la gare du Midi ? L’aphorisme bien connu « L’habit ne fait pas le moine » prend ici tout son sens. En effet, parler de zèbre est méconnaître l’équidé qui accueille ou dit au revoir aux voyageurs (mais pas que des voyageurs, aussi des amis de Tiers Livre). Il s’agit en réalité d’un cheval Continuer la lecture#40jours #01 | Sam’s café

#40jours #01 | chez Nathalie

La clé triangulaire ouvre la porte d’entrée de son immeuble tandis que l’autre donne accès à son appartement. La toute petite clé est pour la boîte aux lettres au rez-de-chaussée ; elle possède son propre anneau, contrairement aux deux premières. La clé de la Citroën aussi a le sien : quatre clés pour trois anneaux, donc, reliées à un porte-clé passablement volumineux Continuer la lecture#40jours #01 | chez Nathalie

#40jours #01 | tout commence par la fin

Rien. Ne pas savoir où ni quand. Du noir, une lumière s’échappe incertaine, hérissée et granuleuse, sur la joue le picotement de l’herbe aux senteurs tenaces qui contrastent avec l’âpreté de la poussière. Bribes de sensations confuses, à même le sol. Le froid dévore la sensation, l’efface. Trouble de ne rien sentir. Le visage collé contre le sol, tu fixes Continuer la lecture#40jours #01 | tout commence par la fin

#40jours #01 | Satellite of love

La tête penchée sur l’écran du téléphone il vise, sa flèche frôle la fleur de prunier et va se ficher dans le tronc, raté, une fois de trop, l’écran clignote, il redescend au niveau deux, va falloir tout recommencer, putain de jeu, il fait quelques pas sur l’allée, le Gardien sort de l’échoppe de l’oiseleur, l’aperçoit plus loin, ce gosse Continuer la lecture#40jours #01 | Satellite of love