A propos de Emmanuelle Cordoliani

Joue, écrit, enseigne, met en scène et raconte des histoires. Elle a été décorée par Beaumarchais ( c'est un raccourci mais pas une usurpation ) et elle travaille avec la même équipe artistique depuis des lustres ( le Café Europa ) ce qui fait sa fierté et sa joie. Voir et explorer son site emmanuellecordoliani.com

la fabrique | Emmanuelle Cordoliani, des cuisines

Sorties tout droit de l’anthologie d’une certaine dose de poésie Quand on épluche les pommes de terre,            ça fait à peu près le même bruit            que quand on coiffe les cheveux d’un enfant.                        […]                        Quand on coupe le fruit de la passion, il s’ouvre parfois comme avec le soupir d’un être qui a été pendant longtemps abandonné.                        Quand on touche Continuer la lecturela fabrique | Emmanuelle Cordoliani, des cuisines

#P2 Décharge (en l’état)

La pilule, les papiers, l’argent, la pilule dans le café au lait, du thé déjà le matin, des palpitations, tout de même un livre, ou deux , dans le sac, dans les poches du sac, dans les poches grandes des habits, de grandes poches, les manteaux superposés, un casque sans musique et sans bruit, des trains sans aucun son, des Continuer la lecture#P2 Décharge (en l’état)

#P1 Dix dodos

Dormir dans un seau de javel. L’odeur, mais aussi le ressac dans le seau déplacé — tout l’appartement chaque soir — et les plongeons répétés de la serpillière. Les pieds cuits, l’odeur, on ne peut l’expliquer mieux. Dormir c’est noir et blanc, face aux arbres. Une grande fresque. Floue, la prise de vue artistique, flou le regard qui se brouille, Continuer la lecture#P1 Dix dodos

#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX

Ils doivent arriver à la mer. Le grand en a peur. Il a laissé entendre qu’il ne l’avait jamais vue. L’autre, non : il ressemble à Edmond Dantès. Pas le genre à trembler au bord du bassin. Pourquoi penser encore à eux ? Pourquoi ne pas les laisser filer ? Ils font face à la mer à présent. Le grand est catégorique. Sa Continuer la lecture#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX

Prologue | L’eau comme encens

L’eau saisit les mains. La fraîcheur s’en empare, un instant les sépare du corps et les plonge dans l’univers. L’eau se saisit de la lumière qu’elle appose sur les mains en écailles d’or. Les mains s’adonnent à l’eau et se mêlent l’une l’autre. Les mains d’eau retournent, couple de grands poissons cuivrés, à leur source. L’eau répond à l’appel de Continuer la lecturePrologue | L’eau comme encens

Introspection sous cri

Crier ça n’était pas rien.Fallu passer par le bleu pour commencer — trop serrée au col, aux cols, le mien par celui de la mère — et par le jaune — compensé, le coup du cou à la réa par un bon bol d’air, façon surdose d’oxygène –. Langer dans le jaune un moment avec ma touffe de cheveux noirs Continuer la lectureIntrospection sous cri

Aux Vacillantes ( 2 )

ParfoisLa nuitTrébucheUn corpsDrapéDe noirEn chuteVoltige Un instantLui suffitPour tomberSur les ruesDes baraquesAlors videsDe court prisesPiégées Car piègeusesCes nuits de lamesSont un clin d’oeilLeur paupièreSitôt ferméePeut grand s’ouvrirSans crier gareEt bas les masques La foule fiévreuseTout électriséePar la circonstanceRare et dangereuseElle est apparueComme issue des mursNée du sable mêmeUne masse insecte Si dans un grognementEntre deux rêves lourdsL’oeil du jour s’entrouvrait Continuer la lectureAux Vacillantes ( 2 )

Aux Vacillantes

De jourOuvertAux VentsMais videPoussière Soleil Sans ombre : Fantôme Pas un gardePas un sonFors le ventDans ces ruesInventéesIl chuchoteSur les tracesOubliées La nuit d’avantPar une foule— Un vantail claque —InconcevableDans ce désertBrûlé à l’osFoulant ce solDe cartilage Une étoile piqueLe ciel violetLes marchands se montrentLes commis les suiventEt les vas-y-direLes rideaux de ferLes stores de boisGrincent dans le soir À Continuer la lectureAux Vacillantes

Petit registre

Du jazz, un mobilier blanc design, des roses en bouquet rond, deux petites tables basses dodécagonales marquetées, des protège-revues en plastique bleu masquent les titres, un sol gris en béton ciré, un ascenseur translucide, 1% culturel d’un tableau d’affiches déchirées dévoilant un mur moisi, une discrète orchidée violette, l’extérieur déformé par le sablage des vitres anciennes, dentelles floues et végétale Continuer la lecturePetit registre