#anthologie #07  |Kafka, avant d’allumer la lampe

Une mer étale sous un ciel gris de calme, un espace saturé de non-dits plénitude sonore, les contours des meubles disparaissent et se fondent dans le fauve des placards et des dalles. Sans soleil les couleurs cherchent l’expression de leur flamboyance. L’audace d’un nuage blanc, de sa fulgurance frappe le bandeau en aluminium du four. Tout est ombre un espace Continuer la lecture#anthologie #07  |Kafka, avant d’allumer la lampe

#anthologie #05 | le corps devant Séraphine

Séraphine porte son corps devant elle. Son corps va plus vite qu’elle quand il faut courir. Elle court après son corps qu’elle n’arrive pas à rattraper. C’est un corps rapide qui lui échappe, un corps encore frêle qui bondit d’un côté de l’autre, zigzague entre les arbres, se dépêche de rentrer à la maison avant qu’ils se rendent compte qu’elle Continuer la lecture#anthologie #05 | le corps devant Séraphine

#anthologie #07(2) | la baie

La vitesse avec laquelle la lumière remontait; j’avais éteint la lampe, mais, à cause de l’écran de l’ordinateur allumé, je ne pouvais échapper à mon reflet; derrière le vitrage quelque chose tremblait, était-ce mon reflet ou le feuillage qui tamisait la vue en plongée sur la baie; était-ce ma peur de voir venir le jour; sur la vitre les poussières Continuer la lecture#anthologie #07(2) | la baie

#anthologie #07(01) | un lampion

on attendait la nuit, le grand noir du ciel bleu-noir, on se disait pourvu qu’il ne pleuve pas, car tout serait gâché – et il pleuvait parfois- ; il y aurait la fanfare, les bonbons sur le port, et le dessert qu’on mangerait en rentrant en s’éclairant à la bougie pour faire durer la fête. Comme pour la pêche – Continuer la lecture#anthologie #07(01) | un lampion

#anthologie #07 | aubade concrète

Chaque matin, c’est d’abord par l’ouïe que je m’inscris dans le monde. La rumeur matinale qui entre par la fenêtre fait vibrer mes résonateurs. Aujourd’hui, vers six heures, les martinets ont commencé leur samba. À la tonalité de leurs sifflements, je devine s’ils frôlent les murs des quatre bâtisses avoisinantes ou s’ils s’en éloignent d’un battement d’aile. Plus bas, plus Continuer la lecture#anthologie #07 | aubade concrète

#anthologie #07 | Tunnel

Comme Franz Kafka le quatre octobre mille neuf cent onze au soir, je suis installé sur mon canapé dans un début d’obscurité enveloppante. Une nouvelle lumière obscurcissante éclaire tout ce qui dans la pleine révélation du jour tendait à s’effacer. Les objets qui il y a encore quelques minutes étaient entiers, lentement se décomposent. L’accoudoir du fauteuil résiste à l’enveloppement Continuer la lecture#anthologie #07 | Tunnel

#anthologie #06 | Seule sous le sable

Une bifurcation, on m’a dit que ce serait plus loin sur la gauche. Je cherche l’escalier abimé qui descend vers la petite crique, encastré dans la roche. La végétation habituellement odorante doit attendre la fin de la journée pour s’exprimer. Seule sur le petit chemin côtier de la Mitre. Le soleil rase la mer à peine ondulée et pose une Continuer la lecture#anthologie #06 | Seule sous le sable

#anthologie #07 | Et ce qui surgirait du grain de cette image

Abstraction faite de tous les bruits envolés de la place – un salut, le brouhaha des commerces qui installent leurs présentoirs, leurs portants, leurs tables, leurs écriteaux, la cloche qui sonne l’heure pile car c’est à la même heure souvent que je m’attelle à l’écriture, et même des piafs traversant l’espace de la fenêtre… Abstraction faite. L’esprit encore embrumé par la Continuer la lecture#anthologie #07 | Et ce qui surgirait du grain de cette image

#anthologie #07 | La Route bleue

Sur le canapé, l’esprit à la fois vide et occupé, le corps fatigué, j’attends la nuit, c’est l’été et je n’allume pas par crainte des moustiques. Alors, je m’installe et je reste là, j’ai coupé le bruit du monde mais pas celui de la rue et seuls me parviennent l’aboiement d’un chien, le vrombissement d’une moto et les pas de Continuer la lecture#anthologie #07 | La Route bleue

#anthologie #05 | Complainte pour l’enfant suce-moelle

Enfant suce-moelle, qui dès sa naissance tutoyait les étoiles, centre du monde et des attentions, Tout tout de suite, Toujours plus, plus haut, ne fixer aucune limite…jusqu’àPlus dure sera la chute, cul par terre, nez dans la poussière l’arrivée d’un autre non-dit-tyran, ou bien cosmos parental s’est étiolé, confiance absolue s’est fissurée, peut-être cellule familiale s’est explosée ou peut-être pas Continuer la lecture#anthologie #05 | Complainte pour l’enfant suce-moelle