#été203 #00 | Un livre, un seul ?

Mais qui croit vraiment qu’il faudrait sauver un livre et un seul de sa bibliothèque si jamais elle venait à brûler ? A part les inconditionnels un peu béats de cette émission de télé soi-disant littéraire où l’on se tape sur le ventre en feignant de croire qu’un livre, un seul a changé des vies . Les livres lus pendant Continuer la lecture#été203 #00 | Un livre, un seul ?

#été2023 #01 | écrivant

S’installant au bureau avec un thé, un vieux bureau de pharmacie dont le centre a été dégagé pour l’ordinateur en train de démarrer. Repoussés à la périphérie, des livres, des cahiers, des carnets, un dictionnaire, des cartes routières, des pots de crayons attendent leur heure pour regagner du terrain. Continuer la lecture#été2023 #01 | écrivant

été2023 #01bis | « on »a jamais autant aimé « nos » mort.e.s

Mathilde a écrit avant même sa naissance. Elle en est persuadée. Il est donc impossible qu’elle puisse se représenter la scène qu’on appellera même pas primitive, en référence à l’ image fantôme d’un engendrement extérieur à sa perception sensorielle. Elle ne pourra qu’inventer la scène originaire de son goût pour l’écriture. C’est l’unique point d’appui de son illusion d’autoengendrement dont Continuer la lectureété2023 #01bis | « on »a jamais autant aimé « nos » mort.e.s

#été2023 #01 | Portrait d’un bureau en auteur.

C’est une pièce de vingt cinq mètres carrés, à l’étage, tout au bout de la maison, donnant sur une véranda qui reçoit l’ombre de l’immense et bicentenaire cèdre qui fut planté là, comme c’était la tradition dans les campagnes, lorsque la maison fut construite, aux environs de 1790. Pour l’été, j’ai installé un fauteuil et une table basse sur cette Continuer la lecture#été2023 #01 | Portrait d’un bureau en auteur.

#été2023 #01 | chambre

J’écris ceci dans une chambre au plancher en bois de châtaignier, lattes de 70 ajustées à l’ancienne il y a un siècle et demi. Quand je m’y déplace ça craque sous le pied. Toujours aux mêmes endroits. Je finis par les repérer. Il y a tout ce qu’il faut pour écrire, crayons, papier brouillon, carnets, ordinateur, mais j’ai du mal Continuer la lecture#été2023 #01 | chambre

#été2023 #00 | Port-la-Nouvelle, été 77

Port-la-Nouvelle. Mais pourquoi fallait-il donc passer le mois d’août dans cette ville moche ? Quatre semaines et pas moins entre la plage naturiste (nous sommes en 1977), le front de mer pour la glace du soir et la supérette pour les merguez du barbecue. Même à l’âge de 7 ans, sans point de comparaison, on sentait que cette ville nouvelle était Continuer la lecture#été2023 #00 | Port-la-Nouvelle, été 77

#été 2023 #01bis | Journal de la pluie

L’un tourne autour de la montage avoir de choisir l’angle. L’autre trace au sol un cercle à l’intérieur duquel le rite sera. Il prend des feuilles de papier, coupe, plie. Il n’y a probablement pas d’agrafe ou un fil cousu par un adulte. Le secret est de mise, le secret est le dieu. Les pages sont érigés, petites. Elles tournent. Continuer la lecture#été 2023 #01bis | Journal de la pluie

#été2023 #01 | Pizzeria La Gondole, Gennevilliers

L’église est une pizzeria. Une église désacralisée faute de croyants. C’est dans les années 60 que monsieur P. l’a achetée. Monsieur P. venait de Dimitrovgrad en Yougoslavie, les poches pleines. Monsieur P. avait besoin d’un endroit peinard où gagner quelques sous, recevoir les amis et, comme il le dit lui-même, « composer un ouvrage ». L’église se trouvait sur son chemin, à Continuer la lecture#été2023 #01 | Pizzeria La Gondole, Gennevilliers

#été2023 #01 | Vers le bleu

Le ciel est bleu. Tous les matins ces derniers jours, le ciel est bleu. Il est bleu longtemps déjà avant qu’il ne s’assoit, avec pour seul compagnonnage les hoquets et les râles de la cafetière. Tout se joue de l’autre côté derrière les vitres. Comme souvent les arbres gîtent, instables, pleins des rumeurs d’un vent qu’il devine dans le balancement Continuer la lecture#été2023 #01 | Vers le bleu

#été2023 #00 | C’est un hiver

C’est un hiver, elle marche dans la ville, elle marche dans la ville une nuit, elle regarde longtemps l’eau grise. Cette eau grise, elle résonne en elle, elle résonne profond. Elle est venue là, elle est venue là au bord du pont, avec ses pensées, ses pensées en elle qui tournent, brassent, la remuent comme les poissons aux gros yeux Continuer la lecture#été2023 #00 | C’est un hiver