#voyages #06 | Les vieux ne répondent pas toujours aux questions

– Je lis tant d’histoires, je vois tant de films que de ce profond sentiment, il ne me reste pas grand chose, s’étonne la jeune fille. On dirait que tous les mots passent à la moulinette et ne reste qu’une bouillie entre deux coupures publicitaires. Dis-moi vieillard, à quoi te sert d’avoir aimé ?– Il me sert à sentir le Continuer la lecture#voyages #06 | Les vieux ne répondent pas toujours aux questions

#techniques #02 | Au vol inverse

Fouillis des toits, pigeonniers, terrasses et plateformes. Pointes, aplats, triangles. Le drapeau sur les hauteurs. Rouge. Des surfaces, les bords épais, baveux dans le crépuscule. Les ordures fuient à chaque étage des sacs éventrés. En contrebas la file lente et dispersée de camions. La fumée âcre, chaude, enveloppante. A l’arrière, les églises dans le creux de la roche, la masse Continuer la lecture#techniques #02 | Au vol inverse

#techniques #02 | Phrases du lac

L’étendue liquide. Interdite. Avec tout ce qui l’entoure. A la surface, les ondulations miroitent dans l’impression d’une brise renouvelant sans cesse la surface. Impossible d’en faire le tour. Trop d’ombre sur les bords éloignés, les branches des cèdres plongent dans l’eau pour y poursuivre à l’envers leur croissance. Longues marches de marbre verdi pour descendre dans le lac et rejoindre Continuer la lecture#techniques #02 | Phrases du lac

# Ateliers. Rimbaud hors la ville/

/ Vert sans uniforme, gazons, prairies fleuries, herbages pointillés de vaches blanches, céréales champs déjà hauts ; haies découpant, cisaillant de sombre, dessinant les formes d’un bocage, d’un cadastre lisible, arbres disséminés, troncs enfouis dans les haies ; clôtures de fils tressés, aux seuls pieux visibles, renforcées aux angles, planches plus claires, jambes de force. Un relief étiré, longues collines Continuer la lecture# Ateliers. Rimbaud hors la ville/

#techniques #01 I Le sentiment de la peau qui se hérisse en chair de poule

Le sentiment de la peau qui s’hérisse en chair de poule, peau qui t’échappe, qui s’échappe en grains de liberté, tendant vers d’autres espaces-temps, attraction minuscules ventouses en tête d’épingles, nées de l’inconfort aussi bien que du plaisir, suivant la peur ou la tentation, sentiment à fleur de peau, peut-être d’ailleurs affleurement de désirs d’être effleurée, lissée caressée, peau trahissant Continuer la lecture#techniques #01 I Le sentiment de la peau qui se hérisse en chair de poule

#techniques #01 | nuage d’un sentiment

Le sentiment de maintenant et de l’ici, oubliant tout de l’avant et de l’ailleurs, n’en retenant que des bribes précises et confuses se mélangeant, des bagues en poils d’éléphant surgissent brusquement dans la recherche lexicographique, se perdent dans le brouillard des concordances, le nuage des proxémies. Le sentiment des synonymes, listant de possibles résonances, faux-semblants, imposture cachant ma paresse, mon Continuer la lecture#techniques #01 | nuage d’un sentiment

#voyages #10 | Paris, Texas

1 – Paris, grandes lettres bleues posées sur montants métalliques au milieu de l’herbe rase et déserte de Dragon Park, leur graphie vaguement circassienne. Le I est porté manquant, à la place ne subsiste plus que l’étoile signant son point. L’ombre portée des lettres s’écrase en entrelacs sur le vert dont on ne reconnaît plus que l’étoile, pleine et nette. Continuer la lecture#voyages #10 | Paris, Texas

#techniques #01 | De la torréfaction des graines de courge et de l’usure des semelles

Cet après-midi vers dix-huit heures je suis réellement sur un banc dans un parc, dans mon dos les tulipes poussent sans bruit, à l’abri d’une mini-clôture en osier, je profite de la douceur de l’heure, la dix-neuvième, pour roder mon crâne dégarni aux futures ardeurs du soleil, et si à l’occasion je porte une casquette ce n’est pas pour faire Continuer la lecture#techniques #01 | De la torréfaction des graines de courge et de l’usure des semelles

Le sentiment d’ombre

Le sentiment d’ombre, l’ombre qui nous suit et l’ombre qui nous précède, celle de maintenant et celle qui respire encore après tant de jours, le sentiment de la certitude de sa présence proche et inatteignable, le sentiment de confiance ancré dans ce qui borde les jours et les corps, en un éveil continu, le sentiment de l’ombre une prémonition pesante Continuer la lectureLe sentiment d’ombre