#anthologie #17 | sur le port d’Alger (extrait de carnet)

Alger, 14 mars 1936 Ce matin, il m’a invitée à boire un café en terrasse. C’est la troisième fois que je le croisais sur les quais. Je ne loge pas très loin chez une amie. J’adore flâner dans le port d’Alger. Les tonneaux, les navires, les travailleurs. Toute une activité qui m’arrache à ma solitude et attise mon désir d’ailleurs. Continuer la lecture#anthologie #17 | sur le port d’Alger (extrait de carnet)

#anthologie#17 | Virginia

10 janvier 1931 C’était entre chien et loup, dans cet entre-deux d’une fin d’après-midi où l’on resserre les bras contre soi pour tenter de conserver la chaleur du corps. Le regard concentré sur le trottoir, afin de ne pas marcher sur quelque fissure qui pourrait faire trébucher et perdre l’équilibre, et les pensées aiguillonnées par un petit air vif. Les Continuer la lecture#anthologie#17 | Virginia

#anthologies #17(2) | les jours passent et

Ce 12 avril, au 46 rue Hippolyte Maindron, je pousse la porte d’un atelier que je crois être celui de Karol un graveur polonais, ami d’ami, qu’il faut ravitailler en vin et cigarettes depuis qu’il a chuté d’un échafaudage. Dans la lumière diffuse, sous la verrière, une femme est assise le buste nu. Tout à fait immobile; sa poitrine irradie Continuer la lecture#anthologies #17(2) | les jours passent et

#anthologie #17 | lui, Claude McKay, Walter Benjamin et Marseille

Ça se passait au milieu de la rue Bouterie, à l’American Bar. Ne cherchez pas la rue Bouterie sur un plan de Marseille, elle a été rasée avec le quartier du Panier en février 1943. Elle était l’artère centrale de la Fosse qu’on appelait aussi le Quartier réservé. Une rue longue à n’en plus finir garnie de taudis, de bars Continuer la lecture#anthologie #17 | lui, Claude McKay, Walter Benjamin et Marseille

#anthologie #17 | avant le crime

Depuis mars 2015 il reste seulement des amas de pierres, des murs effondrés, on peut distinguer encore le dessin des pièces, les briques de terre crue effritées au sol, devenues indiscernables, retournées à leur forme initiale, poussière. Il reste une arche, porte qui donnait peut-être sur l’office ou sur son bureau. Et le désert autour. Nous avions fait connaissance en Continuer la lecture#anthologie #17 | avant le crime

#anthologie #10 | Quando il sole fa bene al bucato

Ha 93 anni, ascolta i salmi, solo i salmi le danno tregua e le permettono di respirare. Il pomeriggio alle cinque non ci sarà più. Ha 50 anni, è insegnante di filosofia al liceo Umberto a Napoli, porta un filo di perle e gli orecchini di perle incastonate in nidi d’argento. Appartiene a una famiglia della borghesia napoletana, è marxista Continuer la lecture#anthologie #10 | Quando il sole fa bene al bucato

#anthologie #09 | dix-sept ans

Première heure, tout l’emploi du temps de l’année nous est donné, neuf heures de maths, huit de physique chaque semaine, à peine deux heures de philo et tous ces visages inconnus quand on est seule à redoubler, des visages de garçons en forte majorité, sérieux, déjà studieux, alors malgré les résolutions prises, un découragement, essayer d’imaginer comment tenir dans cet Continuer la lecture#anthologie #09 | dix-sept ans

#anthologie #12 | Les laissés-pour-compte

La Rochelle, seize rue Saint-Sauveur – que reste-il de vos amours quand ton corps androgyne se soulevait dans vos étreintes. Peut-être que l’enfant ne dormait pas et prenait part dans les ténèbres de sa chambre à vos longs râles bestiaux dans le salon, aux chaloupés des corps, aux respirations fractionnées qui venaient ponctuer chacune de vos séquences. On dit que Continuer la lecture#anthologie #12 | Les laissés-pour-compte

#anthologie #15 | Quand est-ce que tu arrêtes de grandir ?…

Quand est-ce que tu arrêtes de grandir ?… Cela fait vingt ans qu’il ne grandit plus… Aux yeux des autres pourtant… Quand est-ce que tu arrêtes de grandir ?… Il les toise… Il les regarde de haut… Il a encore grandi depuis la dernière fois… Avec l’âge il se tassera… Mais il a encore grandi… Quand est-ce que tu arrêtes de grandir ?… Continuer la lecture#anthologie #15 | Quand est-ce que tu arrêtes de grandir ?…

#anthologie #17 | L’œil scrute le silence

« Un samedi après-midi, vingt-quatre décembre, il y a quelques années. Cinq étages plus bas, dans la rue piétonne, de nombreux passants. Une rumeur de foule. Mais cette rumeur de foule ne me dérang[e] pas. Je [suis] installé à ma table de travail.1 » Moi non plus la rumeur de foule ne me dérange pas pour ce que j’ai à faire. Au Continuer la lecture#anthologie #17 | L’œil scrute le silence