#anthologie #07 | pour que le lieu d’écrire m’ouvre la porte

Le bruit des chantiers à côté a enfin cessé. L’écho des coups de marteaux tapent encore dans le crâne. À moins que ce ne soit les chantiers d’écriture en cours qui commencent à se faire entendre, et écrivent déjà sans moi, alors que je ne me suis pas encore assis à ma table. Je reste debout, à la fenêtre, dans Continuer la lecture#anthologie #07 | pour que le lieu d’écrire m’ouvre la porte

#anthologie #07  | Complies

Ce n’est pas attendre, c’est être là, devenir sac, tout entier à la pesanteur, à l’absence de  mouvement. Tendre le bras pour donner de la lumière, se lever et aller vers le lit : une pensée exorbitante. La chambre devient une sensation. Elle croît cependant que la limite des membres s’estompe. Les arêtes s’enfoncent dans le flou. Les parois s’arrondissent Continuer la lecture#anthologie #07  | Complies

#anthologie #08  | Kafka en trompe l’œil

Cette porte en trompe l’œil  n’est pas une porte depuis des années elle anime mes rêves les plus fous pour ce qu’il y aurait derrière là où réalité et fiction se mêlent, ce soir elle m’intrigue est-ce une lumière différente, le soir un état de fatigue et mon imagination s’emballe cette  porte est une porte… s’approcher avec la légèreté des lutins à Continuer la lecture#anthologie #08  | Kafka en trompe l’œil

#anthologie #06 | seul ici

Seul ici sur la grande terrasse dans le chant des oiseaux, seul avec le vent qui berce le marronnier, le drapeau, les voitures qui descendent la route, l’enfant qui traverse et celle de l’autre côté qui fume seule. Un nuage cache le soleil. Un milan royal plane au-dessus de la crête de forêt. Le vent forcit. Seul ici avec le Continuer la lecture#anthologie #06 | seul ici

#anthologie #08 | Le trou

Je les entends. Ça vient du trou à l’angle du mur de la chambre. Quand ils ont refait l’isolation ils ont demandé s’ils devaient conserver l’ancien conduit de cheminée. Je rêvais d’un poêle rougeoyant l’hiver, mais la chambre est si petite, ils l’ont déconseillé «  Vous voulez cuire ? » même s’ils ont accepté de remplacer le coin de parquet Continuer la lecture#anthologie #08 | Le trou

#anthologie #07 | formes

Du matin tôt, et de ce que le store baissé aurait à dire. La mort d’une tourterelle cette nuit, son sang sur les cailloux. Le jaune de la fleur de suzanne pas encore né. Et les vibrations d’un moteur allumé s’infiltrent en tremblements infimes en soi et disparaissent avec le bruit évaporé en point de fuite. Compter sur ce qui Continuer la lecture#anthologie #07 | formes

#anthologie #08 | Portes closes

Il n’y a que dans les contes aux histoires de pièces interdites qu’on pense à fermer les chambres à clé. Peut-être aussi au moment de la crise d’ado, mais on se contente souvent de dessiner un panneau avec un sens interdit. Et puis elle, elle ne s’était jamais dit qu’une chambre, surtout quand on vit seule ou presque, ça aurait Continuer la lecture#anthologie #08 | Portes closes

#anthologie #08 | trait mutique

pas une chambre, un réduit, un étroit rectangle aux murs blancs, sans porte, ni fenêtre. Comment se trouver là ? Comment sortir de là ? Ce n’était pas un mauvais rêve. Je n’y étais pas seul. Quelque chose avait bien bougé au plafond, un mouvement rapide, un trait grisâtre sur fond blanc, furtif. Espoir de parler. Espoir de savoir. Où Continuer la lecture#anthologie #08 | trait mutique

#anthologie #08 | dans la maison sur la plage

Au matin du second jour dans la maison sur la plage, assise sur les tomettes de ma chambre devant la porte-fenêtre ouverte, mon menton planté sur mes genoux enserrés par mes bras, je regardais l’ourlet vert pâle caressant la bande lumineuse de sable gris clair parsemé de fragments de branchettes, de cailloux, de coquilles, puis,  rejetant légèrement en arrière mon Continuer la lecture#anthologie #08 | dans la maison sur la plage

#anthologie #06 | seul dans la ville étrangère

Seul dans la ville étrangère, par les rues inconnues, seul devant leurs noms imprononçables, sur des trajets menant nulle part, avec l’errance pour seule compagne, en qui je n’ai aucune confiance, seul à la merci des pas qui ne sont pas les miens, seul dans mon corps où l’âme est bien trop à l’étroit, seul derrière mon visage juvénile qui Continuer la lecture#anthologie #06 | seul dans la ville étrangère