#anthologie #08 | (suite de la proposition 07) Gorgone

Encore endormie sur mon canapé, j’entendis un grand fracas derrière la porte de mon bureau. On aurait dit des bruits de pas spongieux, qui se déplaçaient dans le couloir qui menait à ma salle de travail. Splach, splach, splach…. Brusquement, les bruits s’arrêtèrent , mais attirée par celui d’un écoulement, je vis, au sol,  un liquide transparent s’étaler sous ma Continuer la lecture#anthologie #08 | (suite de la proposition 07) Gorgone

#anthologie #07 | La lumière de l’écran

Le noir de la nuit n’est déjà plus si noir. D’ailleurs, le noir de la nuit n’est jamais vraiment noir, pas intégralement, reste toujours un peu de clair, un peu de jour, de lumière. Pas assez pour bien voir les couleurs en couleurs, mais voir au moins les formes, de quoi se déplacer sans cogner, sans tomber, sans buter dans Continuer la lecture#anthologie #07 | La lumière de l’écran

#anthologie #08 | chambres sur chambres

Elle le suit dans le couloir alors que l’enfant drapé pousse ses pas vers l’avant. Le sol grince en flottant. Bois humide et papier peint jauni. Elle aperçoit la fin du couloir au loin par dessus la tête de M au galop. Quelque chose a lieu là-bas. Les portes à droite se répètent en dissimulant des rumeurs. Tout est vif. Continuer la lecture#anthologie #08 | chambres sur chambres

#anthologie #08 l Les montagnes d’Anatolie

Je porte une chambre en moi. La 303 du Grand Almira Hôtel. Un large escalier en colimaçon y mène. Je monte à pas feutrés sur des tapis d’orient rouge qu’une des employés nettoie pliée en deux chaque matin avec un balai en paille de riz sans manche. La porte de bois sombre est haute. La poignée en laiton résiste et Continuer la lecture#anthologie #08 l Les montagnes d’Anatolie

#anthologie #08 | C’est mou

C’est mou. Même les livres qui sont devant sont mous. Ils coulent. La poignée derrière est visqueuse, reste collée même de loin. Tout est fait pour dissuader. Tu n’iras pas. Est-ce que je dois y aller ou attendre que quelqu’un vienne. Toc toc toc. Silence. Le mou se fige en attendant mon signal. J’attends qu’on me dise si cette porte Continuer la lecture#anthologie #08 | C’est mou

#anthologie #08 | la chambre

c’est bizarre, me dis-je ; il semblait que la porte avait glissé de quelques centimètres sur sa droite et qu’elle s’était soulevée – oh, mais de presque rien. Quelqu’un qui n’aurait jamais dormi là ne l’aurait sûrement pas remarqué. J’aurais pu aller chercher un mètre  pour vérifier seulement mes pieds avait rétréci et j’avais peur en me levant de perdre l’équilibre. Il Continuer la lecture#anthologie #08 | la chambre

#anthologie #03 | île, écorce, prison

L’écorce de l’arbre était à terre, une écorce d’un pin d’Alep immense, épaisse et longue, à la texture rugueuse d’un marron-tabac. L’ombre de l’arbre répand une douce fraîcheur. Le chant des cigales résonne. Dès que j’ai vu cette écorce, je l’ai ramassée, je l’ai tenue dans ma main, j’ai pensé, je vais la garder avec moi, ce sera un souvenir Continuer la lecture#anthologie #03 | île, écorce, prison

#anthologie #08 | Les portes

Il y a de rares moments dans la vie où on réalise mal qu’on peut choisir sans pour autant contrôler quoi que ce soit. C’est ce qu’on pourrait appeler un paradoxe tant qu’on ne se retrouve pas au cœur d’une de ces situations. Car au milieu même, au moment même, tout s’éclaire sans mots, ou au-delà des mots. Fermée. Tu Continuer la lecture#anthologie #08 | Les portes

#anthologie #07 | notation du soir (carnet)

26 juin Ombres portées des volets de bois jaune cuivré sur les murs blancs du bureau. La lumière est douce, jaune orangé et le ciel tout rose chargé de gros nuages mauves. Il a plu aujourd’hui. Les ciels sont beaux les soirs d’après la pluie.  Le jardin rosit puis grise à mesure que le soir tombe. Les couleurs se fanent Continuer la lecture#anthologie #07 | notation du soir (carnet)