#anthologie #08 | comme un jour de pluie

La pièce où venaient d’entrer les deux personnages était une petite chambre avec son lit au milieu et une table de chevet. Le lit était défait, une couette recouverte d’une housse à motifs  bleus retombait sur le sol comme un peintre aurait installé un drapé dans une scène de nature morte. Contre le mur, il y avait un tableau, un paysage Continuer la lecture#anthologie #08 | comme un jour de pluie

#anthologie #02 | la petite gymnaste

Essorée de nuits sans emploi, la petite gymnaste aurait rassemblé ce serait une tentative elle aurait renouvelé et ce serait moins grave qu’il n’y paraît elle aurait rapproché des objets et d’abord ceux qu’elle voit dès le réveil cette vue couchée serrée sous le drap serrée cette tendresse que l’autre pourrait pourvoir et profiter qu’il ne le fasse pas pour Continuer la lecture#anthologie #02 | la petite gymnaste

anthologie #05 | Le froc à Wenn

Je suis Wenn. Je me défroque, puis je bondis sur mon lit et je me refroque, c’est le jeu, se refroquer avant d’atterrir comme ça sur le lit, se rattraper. Je suis Wenn, des fois j’y arrive. Je me jette sur le lit et je me refroque. Je me pousse un peu, je m’encourage, de derrière. J’arque le dos. J’avise Continuer la lectureanthologie #05 | Le froc à Wenn

#anthologie #06 | seule sur les remparts

Seule sur le chemin des remparts de Beaune, les toits en poivrière ne pourront pas percer le plafond de lumière que les nuages tendent sur le ciel. Le chemin de ronde.Seule à faire le tour d’une ville qui s’est tue, la maison et ses roses, le junipérus qui masquait la terrasse, le portail s’est clos sur un jamais plus.Les lions Continuer la lecture#anthologie #06 | seule sur les remparts

#anthologie #08 | face à la porte

Elle dort face à la porte. Elle dort les pieds tournés vers la porte. Pour dormir, il faut qu’elle voit la porte. Elle la regarde longtemps avant de trouver le sommeil. Elle s’éveille souvent brusquement, se relève dans le lit, s’adosse au mur, ramène ses genoux sur la poitrine et regarde la porte. Tant qu’elle est éveillée, elle la fixe. Continuer la lecture#anthologie #08 | face à la porte

#anthologie #04 | vous peut-être

vous habitez l’animal vous habitez le nautilus vous habitez le double vous habitez le château vous habitez la maison témoin vous habitez l’autre sommet vous habitez la corniche vous habitez la cellule vous habitez l’adresse vous habitez le vide de la demeure vous habitez la paroi vous habitez l’errance formelle vous habitez l’hôpital vous habitez la plage vous habitez la Continuer la lecture#anthologie #04 | vous peut-être

#anthologie #07 Le petit pan de mur rose

Tout est calme dans la maison, la journée s’achève, partagée entre menus travaux, promenade avec la chienne, sieste au jardin, vélo d’appartement, moments d’échanges autour des repas, jeu intellectuel parfois, et temps incompressible de lecture. Pour compléter ce jour d’été, si long, si lumineux, il ne me reste plus qu’à m’asseoir devant ma table ronde, à ouvrir l’ordinateur pour entrer Continuer la lecture#anthologie #07 Le petit pan de mur rose

#anthologie #07 | veille de déménagement

Allongée seule sur mon canapé, j’entends les derniers clients sortir du café dans la rue en bas de chez moi. Je reste dans la pénombre à me reposer un moment, les yeux ouverts. Sur ma droite, le lampadaire du coin de la rue projette un reflet doré que le coin de la pièce coupe en deux parties asymétriques, l’une d’un Continuer la lecture#anthologie #07 | veille de déménagement

#anthologie #05 | le corps devant Séraphine

Séraphine porte son corps devant elle. Son corps va plus vite qu’elle quand il faut courir. Elle court après son corps qu’elle n’arrive pas à rattraper. C’est un corps rapide qui lui échappe, un corps encore frêle qui bondit d’un côté de l’autre, zigzague entre les arbres, se dépêche de rentrer à la maison avant qu’ils se rendent compte qu’elle Continuer la lecture#anthologie #05 | le corps devant Séraphine

#anthologie #06 | seul et tes fesses de lune

Tu marches depuis des heures à travers champs. Essouffler la bête, apprendre à rendre l’âme, dégorger le pus – ce qui suinte en dur de la tristesse. Tu cavales à l’intérieur, plus vite que la marche, pourtant t’avances en mécanique dans la broussaille. Le souffle bâtard se fait liquide, humecte les mâchoires, sort et solide, jet d’arums sur le visage, Continuer la lecture#anthologie #06 | seul et tes fesses de lune