#anthologie #05 | comme un tronc

On dit que celui dont on parle ne vient pas de nulle part. Jamais. Mon corps a la force et la colère du père, la peur à l’intérieur de la chair de la mère. Ma propre chair porte des traces que je ne perçois pas. Regarde, tu vois mes cuisses. Ce sont celles de mon père, les bras, les épaules Continuer la lecture#anthologie #05 | comme un tronc

#anthologie #02 | Le vieux salon

Il y a cette porte partant du couloir qui donne au milieu de la pièce, vue sur la grande porte fenêtre avec les rideaux de velours bleu, ni fermés, ni ouverts, voit-on dehors du dedans ou voit-on dedans du dehors ? La cheminée sur un coin de mur, sans antre, avec son carrelage, c’est original, un carrelage gris et bordeaux, Continuer la lecture#anthologie #02 | Le vieux salon

#anthologie #04 | Habiter

1 J’ai habité dans des lieux dont je n’ai presque plus aucun souvenir, principalement des chambres d’étudiant, à Saint Étienne ou encore à Aix-en-Provence. Parfois un détail, une ambiance, une couleur (dans la pénombre des odeurs luisantes de meubles en bois foncé). Le morceau d’image surgit toujours de manière inattendue, derrière lui ses reliques, comme l’ancre hisse ses breloques d’algues. Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter

#anthologie #04 | ne pas habiter mais se nicher

Ma mère savait habiter, même quand ça a été, parfois, pour courte durée et petitement —  même si le cadre était un peu ingrat au départ elle créait son monde personnel et accueillant. Dans notre adolescence toulonnaise, dans le dernier des appartements, boulevard Michelet, au dessus de la dégringolade vers la rade,  c’était, malgré sa taille qui en faisait certainement Continuer la lecture#anthologie #04 | ne pas habiter mais se nicher

#anthologie #02 | Elle se regarderait en train de se regarder

Ce serait donc une grande pièce à vivre avec une table de ferme vissée au milieu. Des chaises recouvertes d’un simili cuir bordeaux seraient disposées tout autour. Dans un coin, entre le réfrigérateur et la panière à pain, le fusil du père serait triomphalement rangé dans une housse en tissu marron. Il n’aurait toujours pas bougé depuis sa mort. De Continuer la lecture#anthologie #02 | Elle se regarderait en train de se regarder

#anthologie #04  | Sereine Berlottier – habiter –  

Habiter chez l’habitant, pratique saisonnière qui voudrait que l’on se déserte, paradoxe saisissant, se déraciner pour se retrouver Habiter ses souliers avancer nomade de l’instant, ne pas tenir en place se dégager en un pas de côté sortir du rang puis questionner le rang lui-même Pour un agent immobilier est-ce qu’habiter est le métier qui décrypte les rêves dessine des Continuer la lecture#anthologie #04  | Sereine Berlottier – habiter –  

#anthologie #04 | habiter

3 Hansel et Gretel provoque encore chez moi une terreur insupportable, poisseuse. La maison comme un piège.  4 Réveillon de Noël. Il faudrait être, parait-il, ce soir là plus qu’un autre, à l’abri, dans la chaleur d’un chez soi (La petite fille aux Allumettes). 6 Atelier, étymologie : rassembler un tas de bois pour en faire quelque chose. L’atelier, c’est Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter

#anthologie #03 | montre cassée

Je l’ai retrouvée là où je l’avais laissée, il y a trente ans, ma montre cassée. Maman ne l’a pas touchée depuis. Elle n’a pas bougé d’un millimètre. Peut-être bien que si, en faisant la poussière, elle l’a bien dû la soulever une fois ou deux, puisque la table est propre. Ma montre cassée n’a pas connu d’autre poignet que Continuer la lecture#anthologie #03 | montre cassée

#anthologie #03 | élastique

J’ai trouvé par terre en revenant du bois un élastique par terre. J’ai trouvé un élastique pour attacher les cheveux. J’ai trouvé un élastique tout noir, du tissu entourant un élastique, plutôt épais pour un élastique à cheveux. J’ai d’autres élastiques chez moi, propres, n’ayant pas traîné par terre, encore dans leur boîte, la boîte dans laquelle je les ai Continuer la lecture#anthologie #03 | élastique

#anthologie #04 | Habiter

1. Vivre dans un pavillon, genre maison Phénix, sortie de terre en un mois, livrée clé en main, cela m’a toujours fait rêver. Je m’imagine l’habiter avec un homme que j’aime et qui m’aime, tous les deux exhaltés et heureux de vivre ensemble les 32850 jours qui nous restent. 2. Un appartement de 42m² et la première fois que je vis seule. Seule sans mes parents, sans mes frères et sœur, seule sans savoir cuisiner une autre Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter