#anthologie #04 | Habiter avec arbre

#Anthologie #04 Avec arbre 1- Habiter une maison en construction, abandonnée, sans eau mais avec électricité toit porte et fenêtres, au creux d’un champ de bovins, lieu-dit nommé Crasse, à cause du brouillard. 2- Dormir dans une cabane recouverte de croûtes de pin, dalle de béton granuleux gris, enfouie dans les hélianthes jaunes, déferlement fracassant de l’orage sur le toit Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter avec arbre

#anthologie #02 | La chambre au bout du couloir

Elle est face à l’armoire en chêne. Quatre étagères côté gauche, un tiroir suspendu sous l’étagère du milieu, une penderie côté droit. Une clé travaillée enfoncée dans la serrure qui ne ferme plus. Entre l’armoire et le mur de façade, un ours en peluche à la fourrure râpée assis sur une chaise basse à l’assise en paille. Une fenêtre donnant Continuer la lecture#anthologie #02 | La chambre au bout du couloir

#anthologie #04 | Habiter

  1. Welcome home, de Lucia Berlin, une autobiographie faite à partir de toutes les maisons où elle a vécu. Impossible d’en oublier quelques-unes, celle construite sur une plage, toute en bois, haute comme une cathédrale, sans murs, au sol de sable blanc jonché de scorpions qu’il fallait chasser tous les matins. Terrible l’histoire qu’elle fait s’y dérouler.
  2. C’est kitsch, mais je le dis quand même. La maison où je vis, un sixième étage perché sur une colline, m’a choisie pour y vivre. J’ai tout fait pour l’en dissuader, mais elle a été plus tenace que moi. Aujourd’hui je trouve qu’elle avait raison.
  3. Je n’ai jamais vécu dans une autocaravane, je n’en ai visité aucune, mais j’ai inventé une histoire sur quelqu’un qui abandonne tout pour vivre dans un de ces engins mobiles, comme il les appelle. Je l’ai équipé comme bon me semblait et me suis amusée tout un été à imaginer une vie de nomade. Rencontres, mésaventures, dilemmes moraux. J’ai laissé l’engin et son occupant dans un gîte de montagne en plein hiver.  
  4. Vivre et habiter ? Différence ? Peut-on vivre dans une maison sans jamais y habiter ? On peut en tout cas habiter dans une maison sans y vivre.
  5. Il y a une maison où je reviens souvent.
  6. J’ai vécu dans une maison près de la mer pendant un an et demi. Je n’ai jamais eu autant d’amis qu’en cette période-là.
  7. Etudiante, je vivais dans des chambres louées, comme la plupart des étudiants. J’ai eu droit à un lot de logeurs et de logeuses intéressant. Ceux qui ne pouvaient pas voir un grain de poussière dans les infimes mètres carrés que je louais, ceux qui estimaient que je devais leur faire compagnie, celle qui a balancé mon parapluie dans l’eau sale de la baignoire, ceux qui me volaient de l’argent, ceux qui me faisaient voir très rapidement que j’étais de trop et qu’il valait mieux que j’aille faire un tour pour me distraire les idées, ce que je faisais volontiers.
  8. Je vis parfaitement bien dans le vide. Ce n’est pas vrai.
  9. Je rêve souvent que je pénètre dans un lieu qu’autrefois j’ai habité. Malaise et peur d’être surprise par les nouveaux occupants.
  10. Près de chez moi, plus précisément à l’entrée du supermarché, il y a l’homme qui lit. Il raconte sa vie par bribes, entre deux commentaires sur les lectures qui l’intéressent, l’Histoire et la philosophie. Je lui demande s’il a un endroit pour vivre, il dit que oui, un endroit abrité, avec un toit ? Oui. Il a aussi un réchaud.
  11. Les sans-abri vivent au ras du sol, les retraités sur les bancs publics.

#anthologie #04 | chercher

Chercher encore (travail en cours) La chronologie pour en faire un cadre, s’y retrouver – les choses se passent, sa naissance en seize – lire se documenter retrouver retracer – à cette époque-là, le gamin en culotte courte et l’ordure au pouvoir – ce pays-là, protectorat – le sud et la façon du pouvoir fasciste d’envoyer en rétention dans ce Continuer la lecture#anthologie #04 | chercher

#anthologie #04 | habiter sa mémoire

1 – Habiter le ventre de sa mère | un monde d’eau | de vibrations | s’y mouvoir comme un hippocampe | un poisson | un petit poulpe 2 – Habiter une carapace | s’y réfugier du bruit des autres | s’y recroqueviller | réfléchir sur soi | chercher sa lumière | jouer à l’ermite | s’enfoncer à l’intérieur de soi | en Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter sa mémoire

#anthologie #03 | Palette

Démarrer à la manière de Tarkos, je suis tombée nez à nez avec une palette, pas une palette à la diable, ni une palette en couleurs, encore moins une palette en bois qui sert à transporter des objets ou se transforme en meuble, non une palette, oui en bois, à la fois palette et tableau, pas tout à fait palette Continuer la lecture#anthologie #03 | Palette

#anthologie #03 | le stylo-plume

LE STYLO PLUME était sur le bureau, sur le bureau de S, une forme élancée, laquée d’orange, dès que je l’ai aperçu, dès que j’ai aperçu ce stylo-plume, j’ai eu envie de le toucher, de le soupeser, j’ai dit à S comme il est beau   tellement beau, elle voyait comment je le regardais, déjà je ne voyais plus que Continuer la lecture#anthologie #03 | le stylo-plume

#anthologie #04 | habiter

Délimiter, circonscrire, séparer. Sous les draps du lit parental, les enfants. Un dedans. Un dehors. Dedans problématique des grottes. Dehorsforêts profondes,marais sinistres,villes tentaculaires,océans déchaînés,fleuves en crues,plaines à perte de vue,sommets enneigés, Hors de chez soi, l’épreuve. Liseret bleu des collines, ce qu’il y a derrière. Lisières ou frontières. Accueillir ou repousser. Ouvert ou fermé. Et la restanque. Lutte ou accord. Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter

#anthologie #04 | Ce qui m’habite

Habiter, moins bien loti que l’âne, une chambre où passe la pluie. Travailler dur pour l’amour, pour l’espoir, pour la vie, fabriquer avec ses mains, avec son travail et ses mains, une maison de briques crues. La beauté du matériau, l’esthétique d’une architecture minimaliste et douce, l’attention aux hirondelles, dépassent les engins de démolition et les chantiers de béton. Elles Continuer la lecture#anthologie #04 | Ce qui m’habite

#anthologie #04 | Habiter

1 « Il est des maisons qui donnent des ordres. Elles sont plus impérieuses que le destin : au premier regard on est vaincu. On devra habiter là. » Je ne suis pas Amélie Nothom, d’ailleurs était-elle née lorsque j’ai découvert, avec ma famille, le logement qui nous était affecté dans ce camp militaire ? Sidération, injonction. On habiterait là, pas d’autre choix. C’était Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter