autobiographies #12 | ton tiroir, ma boîte, notre tente

J’ouvre le tiroir sous le lit, celui où tu ranges tes vêtements de travail : 1 Jean délavé démodé; 2 pantalons « bleu de travail » dont un avec une bande jaune sur le côté; 1 Tee-shirt à l’effigie du groupe Deep Purple que tu as dû acheter dans les années 80, au stand d’un concert ou dans un festival; 7 tee-shirts Continuer la lectureautobiographies #12 | ton tiroir, ma boîte, notre tente

autobiographies #14 | et c’est bien

des montagnes d’ordures sur les trottoirs les feux épars (chasse aux rats ou feux de joie) de gens qui chantent en se tenant la main sous le métro aérien une mine sans charbon ni or de grandes pièces de bœuf à dos d’homme qu’on hale  les caniches et les chevaux dans le trou qui fait cirque en attendant  les bulldozers Continuer la lectureautobiographies #14 | et c’est bien

autobiographies #13 | elle et elle.

Je suis là, jour de grand vent, avec les corbeaux qui tournent dans le gris de l’hiver. Il parait que leur intelligence est une des plus développées. Ils ne nichent pas dans son arbre à elle ; trop exposé en bordure du plateau. Ils ont leur abri plus loin, dans la densité des grands bois. Son arbre, il avait décidé de le Continuer la lectureautobiographies #13 | elle et elle.

autobiographies #11 | en studio

Il est de dos, assis sur une chaise de bureau matelassée de couleur rouge. Devant lui, deux écrans et un clavier sont posés sur une planche et deux traiteaux de bois. Entre les cables, quelques stylos, un carnet noir, un bloc note et de la poussière. A ses pieds, un chauffage d’appoint, un seau en guise de poubelle et plusieurs Continuer la lectureautobiographies #11 | en studio

autobiographies #13 | manqué

Indomptable, ça commence là. Je m’empare des ciseaux et je coupe — Jeanne Poulbot— les nattes tombent; une frange en biseau barre mon front. Pas plus fille que garçon: Moi. « Garçon manqué », s’ils veulent dire comme ça… J’ai huit ans, je lui crie: va voir ta pute. Je l’ai crié quand il partait. Les soirs il ferme la porte derrière Continuer la lectureautobiographies #13 | manqué

autobiographies #09 | De la rue du faubourg Poissonnière à la rue d’Alésia

Elle et son frère habitaient rue du faubourg poissonnière au sixième étage; un grand appartement mansardé qui donnait sur le métro aérien. L’immeuble cernait une cour rectangulaire; trois entrées à trois escaliers. L’entrée principale pourvue d’un ascenseur se trouvait, après qu’on eut franchi la large entrée dallée, sur la gauche de la loge de la gardienne — concierge; disait-on ces Continuer la lectureautobiographies #09 | De la rue du faubourg Poissonnière à la rue d’Alésia

autobiographies #14 | solstice

solstice jour le plus court ils vont rallonger on va vers l’été mais demain l’hiver jours les plus tristes, les plus froids un livre encore heureux qu’on va vers l’été je dirais christiane rochefort sans vérifier sur wikipedia y’a rien qui m’énerve plus l’ami d’enfance retrouvé grâce au ping pong, aux rayons X, à la photographie pignouf j’aimerais le placer Continuer la lectureautobiographies #14 | solstice

autobiographies #13 | après-guerre

Elle, cette voix si peu manifestée de façon forte, voire violente, avec toutes les choses brassées en dedans, exacerbées, les frustrations, les désirs impossibles. Non jamais je n’ai rechigné aux travaux imposés par la vie à la ferme, par la vie rude au sein d’une famille installée depuis des générations dans un coin de campagne, ayant agrégé à force de Continuer la lectureautobiographies #13 | après-guerre

autobiographies #14 | Soixante fragments sans conséquences

le père se tient le buste droit comme un i sur son Solex lui assis sur le porte-bagages à l’arrière l’adulte devant pédaler à la moindre montée l’enfant lui racontant sa journée d’école l’autre pestant parce qu’il ne fait que bouger lui immobile il a un petite moustache à la Errol Flynn, un débardeur blanc avec écrit dessus Cachaça à Continuer la lectureautobiographies #14 | Soixante fragments sans conséquences

autobiographies #12 | elle rentrait à présent

elle rentrait à présent aurait-on dit dans la petite pièce principale de l’appartement à côté de la mer et des marchands d’oranges, des aiguiseurs de couteaux, gli arrotini, assis par terre ou debout près de leurs établis ambulants tels que son grand-père en Sicile les lui avait toujours décrits ; elle voyait le vide presque happant de l’appartement, se revoyait petite, Continuer la lectureautobiographies #12 | elle rentrait à présent