autobiographies #12 | dans un bureau

S’imposent à la vue, en entrant, sur le mur de gauche les trois fusils à pierre, leur long et fin canon qui semblent si fragiles et dangereux, leurs décors discrets de métal, et pour l’un les cordelières vertes de laine tressée qui pendent de la crosse, deux poignards dans leur étui de cuir décoré d’appliques, ton sur ton pour l’un, Continuer la lectureautobiographies #12 | dans un bureau

autobiographies #08 | revenir toujours et encore

1/ comme un collier de portes et de pièces ; avec ses meubles dépareillés d’époque et de personnalités ; agrégat de souvenirs de différents occupants depuis la nuit des temps ; la cuisine par où se fait l’entrée ; une cuisine de vieille mouture ; ses placards encastrés dans ces gros murs de granit ; jaunes ; des placards désespérément jaunes ; chacun avec un mode d’ouverture différent, Continuer la lectureautobiographies #08 | revenir toujours et encore

autobiographies #12 | vestibulaire

Les marques sont récentes. Un radiateur à bain d’huile a joué là aux autos tamponneuses. Il y a des lambeaux de tapisserie qui frisent et à certains endroits, ça plonge jusque dans le mur et pourtant il est dur, là, le mur, c’est l’ancien mur extérieur, on n’y a pas plaint le ciment ni les galets de Garonne, pas comme Continuer la lectureautobiographies #12 | vestibulaire

autobiographies #06 | la nuit à rebours

Ce souffle en permanence, la ventilation, le moteur, on ne sait pas trop, ce bruit de fond dont on ne se dépêtre pas, les écouteurs sur les oreilles, oublier un peu ce souffle, la finesse de la paroi qui nous sépare du vide, température extérieure invivable, s’il y a une fuite, un hublot qui s’ouvre, un bouton sur lequel on Continuer la lectureautobiographies #06 | la nuit à rebours

autobiographies #06 | bifurquer

Photo: Jérôme Cé, décembre 2021 Tourner la tête pour voir à travers la vitre, faire se faufiler ton regard entre le bide de ton voisin et le siège de devant pour finir par buter, buter contre le sombre, le sombre parfois ponctué de tâches, de halos ou d’éclats de lumière, finir, finir sur cet effet miroir à te regarder toi Continuer la lectureautobiographies #06 | bifurquer

autobiographies #13 | quand nous étions pauvres

Elle, cette voix qui crie, hurle et me terrifie. J’ai six ans ou peut-être sept, c’est dans la nouvelle maison, celle qu’on habite depuis peu, c’est dans la cuisine. Je rentre de l’école. Elle crie contre mon père à propos d’argent, d’argent qu’il ne lui donne pas, dont elle n’a pas assez pour faire les courses, pour faire à manger. Continuer la lectureautobiographies #13 | quand nous étions pauvres

autobiographies #11 | In memoriam

Fausse fourrure, doudou rond qui enveloppe d’où sort une tête blonde rendue épingle rapetisse rapetisse, personne autour et tout le monde l’entoure le pompon noir fragile et mouillé devant la boite, tiges et pétales nacrés sur une vitre opaque, glisse le reflet de quelques arbres dégarnis dans leurs écorces tristes humides, accompagnent la boite, se meuvent les pompons noirs aux Continuer la lectureautobiographies #11 | In memoriam

autobiographies #06 | long voyage de nuit

Vol AF 0345 18H 10,  MONTREAL PARIS,   9 novembre 2021 Pénétrer dans l’avion au moyen de ce boyau métallique gris, accroché grâce à ses soufflets à l’Airbus, y attendre l’ultime vérification des cartes d’embarquement par le personnel naviguant, bleu marine, veste cintrée, jupe au genou, petit foulard bleu, blanc, rouge noué serré autour du cou pour les hôtesses qui Continuer la lectureautobiographies #06 | long voyage de nuit

autobiographies #12 | parcours insolite

Une lettre terrible de ma mère, un je t’aime sur une carte postale, des galets ronds dans un vase transparent, une petite statue de Boudha, un vieux Polaroïd, une boule de noël cassée, des morceaux de puzzle non faits, un encens à moitié consumé, un sac à chien, des piles usagées, une petite lampe torche sans piles, un tournevis pas Continuer la lectureautobiographies #12 | parcours insolite

autobiographies #12 | ça t’fait rire quand j’dis

Au dehors cette boîte sphérique c’est tout petit. A peine entrée c’est l’immensité. Elle ne voit pas les bords, franges invisibles, si lointaines, si proches, si personnelles. Elle ouvre grand les yeux, elle écoute les bruits d’une vie sans trier, sans juger, sans nostalgie, pense-t-elle. Difficile de regarder chaque objet sans fantasmer sa part de bonheur. Tout est mélangé, rien Continuer la lectureautobiographies #12 | ça t’fait rire quand j’dis