autobiographies #07 | aux portes

Ce soir j’ai un mal de crâne à faire peur. De ceux qui font froncer le sourcil de travers, tomber l’arcade, creuser l’avant du front, tout se déforme, se floute, s’appréhende avec fatigue. Je pousse les grandes portes coupe-feu avec leurs énormes ventouses, bousculées d’un coup d’épaule, main sur la tête, les pieds mal placés se prennent l’un dans l’autre, Continuer la lectureautobiographies #07 | aux portes

autobiographies #03 | femme-tronc

Nous pourrions être engloutis. Ils nous dépassent, sauvages. Prennent de la hauteur. Nous sommes auréolés. Menus, même gras. Admiratif de la pousse qui bousculent mais trouve place dans l’immensité.Lorsque je marche, je tremble devant leurs grandeurs.La beauté réside jusque dans la pourriture de leurs racines. L’odeur s’accroche au nez sensible mais n’agresse pas. Elle rassure, nous trouve en bon état. Continuer la lectureautobiographies #03 | femme-tronc

autobiographies #08 | à Saidnaya

à Saidnaya, derrière les minces portes en verre coulissantes du meuble à bibelots, sur de petits napperons brodés à la main reposaient d’antiques pièces de monnaie ; autour d’elles une aura de sacralité ; certaines représentaient des statues de forme conique flanquées d’animaux comme des lions ou plus rarement des aigles ; elles faisaient surgir, de la matière presque animée, des empereurs romains (dans Continuer la lectureautobiographies #08 | à Saidnaya

autobiographies #08 | un bourg Trois lieux et des points-virgules

Le matin, fenêtres grandes ouvertes sur la Promenade ; Rose sur le pas de la porte ; un châle sur les épaules ; le chignon instable ; guettant le facteur ; comme chaque jour ; lui disant d’entrer ; boire un petit café avec elle ; lui s’asseyant près de la cuisinière Godin ; sur les portes émaillées des coquelicots Continuer la lectureautobiographies #08 | un bourg Trois lieux et des points-virgules

autobiographies #08 | Dimanche et le hangar à poules.

C’étaient les gouters dîner du dimanche autour de la table de la salle à manger; cette table trop grande pour la pièce; cette pièce trop petite pour contenir tant de monde; tant de chaises ; les paille et bois; les lourdes à montant chantourné; les pliantes en métal; toutes branlantes ; en moyenne cinq adultes et six enfants, souvent plus, autour de Continuer la lectureautobiographies #08 | Dimanche et le hangar à poules.

autobiographies #08 | en sautillant

cuisine minuscule ; se tenir seul dedans ; accéder à l’un des placards blancs et à la planche de travail ; dans le prolongement l’évier ; pivoter pour accéder à la gazinière et au réfrigérateur ; en hauteur partout des placards ; sur trois murs ; fenêtre sur cour avec étagères dessous ; étagères avec boîtes à sucre à biscottes et café ; verre à moutarde avec herbes Continuer la lectureautobiographies #08 | en sautillant

autobiographies #08 | l’heure du dîner

C’était à l’heure du dîner ; quand les beaux-parents descendaient ; du cinquième au premier étage ; tous les huit autour de la table ; trop grande pour la pièce ; la toile cirée sous la nappe ; pour ne pas tacher le bois ; chacun à se glisser contre le mur ; à soulever sa chaise sans faire de bruit ; les morceaux de feutre Continuer la lectureautobiographies #08 | l’heure du dîner

autobiographies #07 | portes

La porte de l’atelier / La porte du salon bleu /Le fauteuil et la dame assise, le miroir qui reflète les silhouettes, on ne regarde pas le miroir. Les deux portes de la cuisine, parce qu’on rentre par la cuisine, par une première porte / on arrive dans la grande pièce par une autre porte. Une fois dans la grande pièce, Continuer la lectureautobiographies #07 | portes

autobiographies #03 | IL poussait, je grandissais

Il a été planté dès la construction du pavillon terminée. Entre la façade ouest en pierres meulières et le muret qui sépare le terrain du trottoir. Un espace peu large: cinq mètres. Seul arbre d’ornement du jardin. Du côté sud ,croissent des voisins qu’il ne voit pas : cassissiers, framboisiers, groseilliers, noisetiers. De l’autre côté du pavillon s’étend le domaine Continuer la lectureautobiographies #03 | IL poussait, je grandissais

autobiographies #07 | trop solide

La porte de l’ascenseur. Presque effacée. Rêves de luxe, poussée fluide, laque noire et brillante, poignées dorées. La cabine rutile. Dans l’immeuble la nuit, les sons qu’étouffe le tapis et la lueur secrète et tiède – tenace peut-être ? – de l’acier noir. Un carreau de verre grumeleux. Un jour, le verre éclate. A la place du carreau, une fine Continuer la lectureautobiographies #07 | trop solide