autobiographies #05 | autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

vu, au matin de ce jour, ne m’en souviens plus, rien enregistré, chanté, ai chanté, vocalisé, quel est le timbre la tessiture pourquoi la grenaille pleure, quitté le mastaba plus tôt, jour encore, passé le porche en sens inverse et au milieu du jour remonter, visiter lucien sans sa simone, s’élever à mille deux cent mètres loin de la mer, Continuer la lectureautobiographies #05 | autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

autobiographies #06 | le comprimé de Nautamine

On partait d’un morceau de nuit, celui dont on nous privait en se glissant dans la chambre, avec un chuchotement que l’on attendait, cette menace emportée avec soi quelques heures auparavant, la veille, un autre jour, une même nuit, un morceau de nuit que l’on ne voulait pas connaître, pourtant il le fallait, debout, en dehors des draps, s’extraire, tâtonner Continuer la lectureautobiographies #06 | le comprimé de Nautamine

autobiographies #04 | la chasse au passage

C’est un carnet récupéré il y a quelques années, dans un sous-sol, il trainait. Il est en cuir fermé d’une pression dorée, petit il tient dans la main, c’est un objet doux au toucher et un grain fin ajoute à sa délicate matérialité. Il est emporté sans demander et remisé dans un coin. Les années ont passé, et le voilà Continuer la lectureautobiographies #04 | la chasse au passage

autobiographies #04 | les amies de ma mère

Ma mère s’appelait Noëlle. On en plaisantait bien. Entre la mère Noël et l’écologiste nous avions le choix. D’où un goût, une attention, pour les noms qui disent des mots. Longtemps après son décès survenu quand j’étais jeune, replonger dans son univers, dans cette époque des années cinquante, voir écrits le nom des lieux qu’elle fréquentait, le nom des personnes Continuer la lectureautobiographies #04 | les amies de ma mère

autobiographies #06 | penser au participe présent – trajet de nuit retour

Quitter la grande ville de l’est de nuit, suivant les traces blanches au sol que l’on ne comprends pas – comme la langue des gens de là-bas dansant et mangeant pour la dernière fois, mais manger tellement que l’on y croirait pas d’être sur la route maintenant, de repartir déjà, sans plus s’arrêter  – et ceux qui ne conduisent pas Continuer la lectureautobiographies #06 | penser au participe présent – trajet de nuit retour

autobiographies #04 | petit-carnet-classeur-à-anneaux- clic -clac -et-carreaux-toujours- trop-petits pour envoyer des cartes postales.

Le carnet d’adresses à cartes postales. On n’envoie plus de cartes postales. L ‘écriture dépassait les petits carreaux, un petit carnet d’adresse n’est pas un cahier d’écriture à grandes lignes, comme à l’école. A croire que le carnet d’adresse n’était pas conçu pour les écritures maladroites et à grosses lettres de l’enfance, il fallait se forcer à serrer, pour que Continuer la lectureautobiographies #04 | petit-carnet-classeur-à-anneaux- clic -clac -et-carreaux-toujours- trop-petits pour envoyer des cartes postales.

autobiographies 06 | vol intercontinental

Cet énervement du voyage, de la crainte mêlé à l’excitation, la volonté et l’impossibilité de dormir, dans le vol intercontinental pour Santiago, des heures enfermés dans une boîte de fer, avec l’angoisse de la proximité, avec une escale à Buenos Aires, descendre et remonter une heure après, suivre du doigt la courbe dessinée par l’avion sur l’écran, un trait horizontal Continuer la lectureautobiographies 06 | vol intercontinental

autobiographies #02 | elle, lui, et lui

Elle écoute, elle pense qu’elle écoute, agitée sans cesse, le repas à préparer, la vaisselle, ranger, répondre au téléphone, à son mari, à son fils, un mail urgent, et du fond de la cuisine rassure : oui je t’écoute et pour le prouver répète la dernière phrase entendue, entendue pas écoutée pour vous relancer, c’est qu’elle aime vous tirer les Continuer la lectureautobiographies #02 | elle, lui, et lui

autobiographies #06 | une nuit persane

En file indienne les aisselles chargées de sumac, de safran, de cumin s’agitent sous une valse d’étoffes ocres, brunes, kakis, noires, noires, noires, l’autocar tangue et s’affaisse, derrière leurs barbes les hommes encombrés de sacs plastiques débordent de roses sèches, de riz, de sourcils froncés, les yeux des femmes observent sans regarder, voient tout, celle-ci se plisse sur le large Continuer la lectureautobiographies #06 | une nuit persane