autobiographies #01  | points cardinaux

Saint-Barnabé – A cause de cette roche blanche du karst..à cause des butes des chênes, à cause des voies romaines, des vestiges de cabanes en pierres sèches, à cause du village des Idoles : ces blocs de calcaire connus dans la région et qui font penser à des animaux exotiques, à cause des rumeurs au sujet des Ovni, et du fait Continuer la lectureautobiographies #01  | points cardinaux

autobiographies #06 | cœur d’acier

Nous bougeons Stupeur nous roulons les étreintes sur le quai, la pression du départ a vécu, le train quitte la gare s’ébranle lourd portes verrouillées et gueule ouverte dans la nuit qu’il traverse il y a une lettre manquante à l’entrée du compartiment, il n’y a pas de paysages encartés sur la paroi lisse au dessus de la banquette pour Continuer la lectureautobiographies #06 | cœur d’acier

autobiographies #06 | éloge de la lenteur de Hanoï à Hué

6 décembre 2005 – Hanoï capitale, Hanoï bruyante, exubérante – Sa gare principale, son hall bondé, ses mini salons de soins, un fauteuil, un homme souriant qui masse mes pieds fatigués par la marche dans la montagne thaï – bien être total – et les hauts parleurs annonçant les départs et arrivées des trains – sensation d’être sourde à ne Continuer la lectureautobiographies #06 | éloge de la lenteur de Hanoï à Hué

autobiographies #06 | c’était novembre

C’était d’abord rejoindre le port de la Joliette depuis la gare Saint Charles, la nuit, c’était novembre et la nuit tombait vite, c’était se souvenir d’instinct du chemin à suivre, elle avait pris une bonne avance pour rejoindre le port, déjà le Danielle Casanova dressait sa silhouette imposante, on aurait dit un immeuble scintillant posé sur l’eau lourde et noire, Continuer la lectureautobiographies #06 | c’était novembre

autobiographies #04 | plumes, aiguilles

Rue plumier :  quelque chose de sordide, d’inquiétant, de misérable et de sombre. La Javel infernale de la mémé, les accents aigus de ce petit nom qui se plantent dans mes oreilles comme le nom d’une mauvaise herbe piquante, ce nom d’Annie qu’elle a préféré à celui, sien, beau et mystérieux d’Ida, l’étouffoir des meubles partout, ce placard où elle s’enferme Continuer la lectureautobiographies #04 | plumes, aiguilles

autobiographies #06 | voix du ferry

Elle n’aime pas les voyages et encore moins la nuit mais ce n’est pas à cela qu’elle songe, regardant la longue file des voitures chargées à bloc s’engouffrer dans la cale du ferry tandis qu’elle suit le troupeau des vacanciers, leurs valises à roulettes cahotant sur la rampe d’accès en tôle emboutie jusqu’à une sorte de hall moquetté où, sous Continuer la lectureautobiographies #06 | voix du ferry

autobiographies #05 | en sous-main

L’arbre – son nom – sa famille – son espèce et alors tous mêmes feuilles rondes avec ce double renflement du pourtour en face à face et chacune partant de la tige avec sa sœur en parfaite symétrie – eucalyptus – son essence – son huile essentielle et les guérisons possibles – repas préféré des chèvres – sa place –  Continuer la lectureautobiographies #05 | en sous-main

autobiographies #05 | sa mort est toujours là

– ré-écriture n°1 – marronnier vieux dans la cour de la maisontu vois encore l’arbre vieux dans la cour ?branches d’arbrefeuilles d’arbremarrons d’arbrelarge tronc et feuilles d’ombrelarge tronc et feuilles d’ombre et marrons pour les pochesdans la cour de la maison l’arbre qui respire l’air par les racines longuesl’arbre qui pousse ses racines longues sous la terre de la maisonl’arbre Continuer la lectureautobiographies #05 | sa mort est toujours là

autobiographies #06 | le thé Lipton, j’aime pas ça

Les odeurs changent, les lumières changent, et toujours dans le couloir étroit sentant le cuir, le tabac et le métal, sentant le thé, des silhouettes qui passent, tantôt des passagers tantôt des stewards ou des contrôleurs, c’est qu’il va loin, de ville en ville, de petits points denses tassés ponctuant les rails qui s’étirent chauds, à l’infini, la nourriture change, Continuer la lectureautobiographies #06 | le thé Lipton, j’aime pas ça

autobiographies #01 | bout de ligne

Au sortir du métro- bout de ligne- ne pas prendre la rue encombrée d’autobus mais les escaliers qui desservent la passerelle. La passerelle s’élance au-dessus d’un ramassis de maisons délabrées noircies de pollution urbaine et c’est plonger dans le ciel, s’engouffrer dans le vent et la pluie souvent. Les tours jumelles, modestes répliques des twin-towers semblent se pencher pour regarder Continuer la lectureautobiographies #01 | bout de ligne