autobiographies #04 | le cahier d’Aimé

Il est mort Aimé. Cirrhose. Il était maçon-peintre-plombier. Il était généreux avec la clientèle, pudique avec sa famille. Pour faire sérieux, il laissait dépasser de sa poche arrière, un cahier d’écolier enroulé et tassé sur lui-même. Aucun livre ou journal chez lui. Il notait phonétiquement, comme il pouvait, les noms des clients, dessinait des sortes de schémas représentant quelques travaux Continuer la lectureautobiographies #04 | le cahier d’Aimé

autobiographies #01 et #02| autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

… la première fois que, et ne vais pas aimer ma voix, ce qu’il en restera, bruits de moteur de soufflerie du chauffage de grincements plastique contre plastique et le sifflet continu air vif vitre entrouverte, toujours, entrouverte – les portraits de l’intérieur et des boucles périodiques, j’ai connu quelqu’un qui c’est comme vu, au matin de ce jour, vu, Continuer la lectureautobiographies #01 et #02| autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

autobiographie #03 | frondaisons

Au milieu du parc, en bordure du sentier, il est un grand hêtre roux au tronc large et massif. Sous les frondaisons, s’enlacent les couples, musardent les étudiants, lisent et rêvent les promeneurs, debout, assis, étendus sur le sol sec et dépourvu d’herbe. L’ombre y est large est fraîche l’été. L’hiver l’air y est dense et le tronc dégage des Continuer la lectureautobiographie #03 | frondaisons

autobiographies #03 | Strange Fruit

Quand il est parti j’ai connu un arbre et je l’ai aimé. Dans mes bras qui n’en menaient pas large, j’ai serré le vieil arbre;  sa peau contre ma joue, et son odeur je l’ai connue. Cet arbre qui se dressait au carrefour de la forêt où je marchais chaque jour, il était là qui ne demandait rien. Comme poser Continuer la lectureautobiographies #03 | Strange Fruit

autobiographies #01 | trois paysages intérieurs

À l’ombre. Enfants esseulés dans l’immensité du parc tandis que les hommes terminent leur verre autour de la table dévastée, que s’échappent de la cuisine ouverte sur la cour les chocs de la vaisselle sale avec les éclats de voix des femmes, des rires. Ennui repu d’un dimanche à la campagne écrasée de chaleur. Dans la maison on va servir Continuer la lectureautobiographies #01 | trois paysages intérieurs

Autobiographies # 04 entrée sous conditions

Tous les matins, c’est le même rituel…descendre deux stations avant, continuer à pied en prenant bien soin de regarder autour de soi en toute discrétion, de traverser le boulevard puis prendre la rue des Tourelles et revenir sur ses pas en observant sans rien laisser paraître. Le boulevard Mortier est à l’angle de la rue. Je coupe mon téléphone, retire Continuer la lectureAutobiographies # 04 entrée sous conditions

autobiographies #03 | Le pacte du chêne

Il reste figé par sa présence. Ce sera leur secret. Le seul témoin. Celui qui sait le mal qu’elle lui inflige depuis l’enfance. La crise de nerfs à l’ombre de ses branches, les cris de colère, la rage contre cette injustice. Il a tout vu. Tout entendu. Le sourire goguenard et complice de la mère envers le frère qui arbore Continuer la lectureautobiographies #03 | Le pacte du chêne

autobiographies #03 | arbre

Les Pieds dans la terre, un craquement de vie, jour après jour, dehors on nait, on meurt, du jour à la nuit, de la nuit au jour, les formes d’en haut s’éloignent de la racine mère. Les vagues d’en haut, le frottement de tissu souple sur l’air épais et sombre, une caresse de lin sur une joue neuve, les pieds Continuer la lectureautobiographies #03 | arbre

autobiographies #02 | portraits

Elle est toute ronde et porte des robes à petites fleurs, des gilets, boutons acidulés, achetés au marché. Elle jette un dernier coup d’œil à sa cuisine au carreaux impeccables, s’assure d’avoir mis au frigidaire le reste de haricots en boite. L’homme avec lequel elle vit depuis plus de trente ans a mis son chapeau et attend qu’elle sorte pour Continuer la lectureautobiographies #02 | portraits

autobiographies #01 | paysages

Salle à l’intérieur des remparts, adossée à la cathédrale. Rien n’indique par où s’y rendre. Il faut savoir le passage sombre et froid, à l’odeur humide, au fond de la cours où morceaux de métal et rouille. À droite, l’escalier montant dans le noir, puis tout au bout à gauche pousser la porte au bruit de fer. Odeur de chaussons, Continuer la lectureautobiographies #01 | paysages