#L1 | Chemin Noir

La rue. On descend la rue. Un coup d’œil sur la plaque, Chemin Noir. La rue courbe. À droite, bord extérieur, des petits pavillons à droite, une allée, un petit jardin, parfois la voiture ou la moto devant le garage, qui peut être ouvert, murette et portail fermé. À l’intérieur de la courbe, la caserne des pompiers, une sorte de Continuer la lecture#L1 | Chemin Noir

Qui, elle ?

Elle arrive quelque part. Arriver et quelque chose dans son corps le porte, l’annonce. Elle est arrivée quelque part. Même si c’est momentanément. Même si c’est un endroit où la mort rôde. Juste en descendant du train en posant son sac à dos sur le quai, qu’elle sache où elle va ou pas. Un bref instant son corps l’affirme, elle Continuer la lectureQui, elle ?

L’arrêt (esquisse)

Il peut continuer à pieds mais il y a les bandoulières de son sac à dos; elles lui cisaillent l’épaule, celle de droite surtout, usée jusqu’à la corde et rafistolée avec un bout de corde trouvée au fond du sac. Il faut qu’il lâche au moment d’arriver. Ce sac, vingt deux ans qu’il le traine. Improbable c’est le mot que Continuer la lectureL’arrêt (esquisse)

#L1 | À tout jamais

Qui peut savoir quand ça arrive, le moment précis, à la seconde près, connaître le lieu et l’heure de la rencontre ? La première rencontre. Elle se répète et se rejoue avec le temps, au point de ne plus ressembler à la réalité du moment vécu. Mais c’est penser que la réalité d’un instant se fige dans le temps. À Continuer la lecture#L1 | À tout jamais

#L1 | La course

Il est à bout de souffle. Le mouvement des jambes se décompose, elles manquent de céder, les pieds frottent le sol. Il court au ralenti, quelques pas, les pas lents et lourds de celui qui a trop couru, trop longtemps. Il s’arrête. Son corps s’immobilise enfin, se ploie en avant. Il pose ses mains sur ses cuisses, incline la tête Continuer la lecture#L1 | La course

# L1 | une forme qui en devient une autre

Il – mais rien n’est moins sûr – est le sale gosse qui s’agite sur la banquette, frotte son derrière, forme des peluches sur sa culotte, choque son monde, attire les regards, découvre l’ennui et l’inconfort en lui, vit déjà plusieurs vies, tue à mains nues un papillon. Quel âge a t-il quand il descend sur le quai ? Les Continuer la lecture# L1 | une forme qui en devient une autre

#L1 | Promesse d’une démolition

Fin de l’histoire : ce mercredi 6 juillet 2011 à 12h15 il arrive à Asnières par la station Les Agnettes, terminus de la ligne 13. Le périmètre a été entouré de barrières et de barbelés, sécurisé. Voici le McDonald’s et ses employés désœuvrés qui fument leur cigarette sur l’allée du drive, les gardiens du stade Leo-Lagrange qui mangent leurs sandwichs à Continuer la lecture#L1 | Promesse d’une démolition

#L1|Sans rien dire

Elle est entrée dans la déchirure. Elle fait corps avec elle, cette étroite parcelle de partage des vies. Entre un avant où il n’est plus possible de revenir et un après dont il va falloir bâtir à mains nues les degrés à gravir. Peut-être y-a-t-il une sorte de vertige entre ses tempes lors de la décision, peut-être de la rage, Continuer la lecture#L1|Sans rien dire

#L1 Premiers regards

Au fond du wagon, au dessus de la porte, le petit bandeau s’allume, un nom s’affiche, nom familier d’une ville inconnue, moyennement célèbre, un de ces noms de ville ou de région que l’on rencontre sans que s’y attache aucun souvenir historique marquant, aucune image précise, du moins pour celle qui s’est redressée en le voyant, qui ne savait même Continuer la lecture#L1 Premiers regards

Arrivé. Point.

« partout j’allais nulle part » – Novarina Sortir de la gare fatigué essoufflé transpirant suant poussiéreux ayant soif et ayant faim ayant envie de pisser laisser à gauche la gare routière contourner les travaux sur la place par la droite continuer dos à la gare pour prendre l’avenue en direction du fleuve et de l’autre côté du fleuve les montagnes austères Continuer la lectureArrivé. Point.