#L8 écrire en mouvement, en respirant une seule fois

Elle avance sur des mondes qui se superposent, c’est tout ce qu’elle connait, elle marche sur un sol palimpseste, elle marche sur un sol aux mille feuilles, aux mots rayés, soulignés, elle marche sur un sol aux feuilles chiffonnées, à tâtons, elle avance et peut affleurer d’autres réalités, des mondes qui émergent, sous d’autres, des mondes comme des plaques sismiques, Continuer la lecture#L8 écrire en mouvement, en respirant une seule fois

#L8 le début de la rue

il traverse juste la rue – seulement – il avance, dans la vingtaine d’enveloppes des centaines de questionnaires, dans le sac sur le dos sur l’épaule il avance passe devant l’arabe qui clope – l’arabe, l’arabe, tout de suite des a priori des jugements des présupposés à l’emporte pièce – harki kabyle berbère première génération, sur le pas de sa Continuer la lecture#L8 le début de la rue

# L8 En suspension

La rampe d’escalier est poisseuse des sueurs déposées. Dans la grande salle que dessert le palier, elle esquisse un entrechat, elle virevolte, il s’élance, leurs pas s’emboitent comme s’ils se connaissaient, ils ne sont jamais vus, c’est la parade, la grande parade, celle du cirque ou du défilé, quand les cuivres sont en tête et que les tambours suivent, quand Continuer la lecture# L8 En suspension

#L8 – Pariétal

H Horaires d’hiver, de printemps et d’été  les saisons sont biffées au cutter et  le mur de l’abribus s’effrite. Il scrute le mur, la truelle a gâché sans lisser : pointes dures, cailloux amalgamés, sillons; mur qui se hérisse, se creuse, se troue et dans leur cadre les horaires jaunis : les chiffres déchirés à la lame — 08H45 le lundi Continuer la lecture#L8 – Pariétal

Reprendre

Reprendre ce que j’ai sous la main, en moi, à  disposition, préparer une trame, de septembre à juillet, une année d’école pour ceux qui n’y sont pas, organiser, m’organiser, trouver les gens, retenir les fondamentaux, ça remonte à loin, le préfabriqué, le petit bureau, l’arrivée en salle de réunion, les deux yeux noirs perçants, si tu es ici ce n’est Continuer la lectureReprendre

L#8 continuité du meurtre

Il y en a qui vont au ski comme on tue des dames voyez-vous, des gens comme vous dans des occupations saines et des ventres mous, il y en a aussi qui ferment les portent, posent verrou et partent en vacances sur les routes, accumulent les étapes et les outrances, et finissent par rentrer il y en a qui sautent Continuer la lectureL#8 continuité du meurtre

L8 – traversée de la ville

Le ciel bleu l’accueille, l’air vif du matin la fouette, le parfum des lilas l’enchante, de jardin à jardin il accompagnera sa marche dans la petite ville. Une ville connue, inconnue, de toujours, de maintenant, différente, semblable. Devant elle, l’Archevêché — puissance d’autrefois des archevêques qui battaient monnaie en la ville, puissance disparue — , son jardin planté de marronniers, Continuer la lectureL8 – traversée de la ville

#L8 | Le livre, on s’en fout

Un hérisson s’est noyé dans la fontaine, hier, dans la nuit. Hier ou avant hier, je ne sais plus. Le temps toujours me fuit ou plutôt se confond sans cesse en moi, magmatique boule confuse, hérissée d’incohérences, insaisissable matière inerte et molle. La fontaine déborde, l’eau inonde le devant de la maison, une jeune couleuvre en profite pour se baigner Continuer la lecture#L8 | Le livre, on s’en fout