considérations sur les solubles et les insolubles

refusant, quant à lui, de n’être qu’une ébauche, qu’un succédané d’humain, incolore, insipide & inodore (dit-il), secouant ses mains, à toute blinde, au-dessus de la table, laissant tomber, provisoirement, l’épluchage des carottes, ne supportant pas, n’ayant (de tout temps, i.e. depuis sa naissance, depuis qu’un jour, pan !, sans crier gare, il est devenu ce qu’il est : une conscience Continuer la lectureconsidérations sur les solubles et les insolubles→

L’empreinte

J’ai traversé l’océan atlantique. J’ai détesté l’océan pacifique. Je cherchais l’océan indien. Quelqu’un m’a dit les ruisseaux se jettent dans les rivières, les rivières dans les fleuves et les fleuves dans l’océan, qu’il y avait une différence entre une mer et un océan. Je me suis dit toutes les eaux ne se valent pas mais souvent les eaux reflètent le Continuer la lectureL’empreinte→

Éponge, Francis!

Éponge, Francis, éponge ! Toute cette eau, cette maudite eau qui pénètre de partout ! Là ! Par en-dessous la porte, éponge, Francis, éponge ! Mais ne la vois-tu pas ? Suis-je folle ? Ah, elle monte ! Elle rampe, je la vois couler jusqu’à moi. Elle veut me noyer. De partout elle arrive, se glissant, s’immisçant par le moindre Continuer la lectureÉponge, Francis!→

Gouttes

J’aime ses sons ses chants variés ses chuchotements envoûtants ses énigmatiques rythmes boiteux — Ploc plic   plic plic Ploc — présence incongrue gouttes qui s’échappent et qui surgissent soudain du silence étrange berceuse nocturne ou diurne  questions inutiles et vaines pourquoi est-ce donc présentement maintenant que ce goutte à goutte devient perceptible existait-il déjà hier —plic— et si non — Continuer la lectureGouttes→

#Prologue La princesse aux salmonelles

Eau. Plus loin: non potable. Vague de déception, presque de désespoir. Je meurs. De soif. Je n’exagère pas. Pas mon genre. Ma langue gonflée et monstrueuse en témoignera une fois mort. De soif. Oui, on peut mourir de ne pas se sustenter mais on meurt plus certainement de déshydratation. J’hésite, puis m’enhardis. Le filet d’eau claire qui ruisselle du bec Continuer la lecture#Prologue La princesse aux salmonelles→

De Profundis

L’eau plate, idiote, déjà refroidie dans la baignoire sale, rougie par le filet de sang qui s’échappe de tes veines, rougie par le flot de haine, hommage à Sénèque. Chute dans les eaux profondes et sombres d’un puits, coincé éternellement. Plongeon vertigineux dans les eaux chlorées, douleur embusquée au fond de la piscine dans son p’tit pull marine. Eau turquoise Continuer la lectureDe Profundis→

Tonnerre/rencontre

Un parapluie pour deux. Milo. Moi. Au téléphone sur le trottoir. Vendredi soir. Juillet assombri. Orage. Odeurs. Avec le vent, chaudes gouttes, larges et plombées. Tonnerre. En face, troubles, feux rouges, tramways. D’abord, un répondeur : Jardins de la récup, association d’insertion. Puis via l’autre contact griffonné sur le dossier : une femme, voix romani – oui, lui venir ! Continuer la lectureTonnerre/rencontre→

123 mots pour tous ceux, pour toutes celles

Étant donnés 3 mots : « eau », « lac », « mer ». 3 lettres : chiffre minimal pour que ça circule. Parfois coule sous la terre : Saint-Éthurien. Puis surgit. Résurgence. Se jette dans le Léguer avant d’arriver à la mer. Résurgence : ce qui sort de terre, revient à la surface-mémoire. Celle qui, dedans la terre, depuis Continuer la lecture123 mots pour tous ceux, pour toutes celles→

Les voutes naturelles

Les voutes naturelles qui s’étaient formées et reliaient les talus à l’eau parallèle pailletée ensommeillée du fleuve berçaient enlevaient toute idée de résistance alors que le soleil bas tardif si proche embrumait davantage le décor acquérait ainsi de plus en plus une profondeur démultipliée une douceur en cercles affleurants échos d’aboiements lointains un certain abandon communicatif de fin d’ère qui Continuer la lectureLes voutes naturelles→

Traverses

Reflets, rouge troublé, vert flottant, jaune frémissant, un nuage passe sur le fond, l’eau porte le bleu d’un ciel noyé . La rivière, parfois fleuve, parfois ruisseau, interrompue par le lac, déborde puis s’enfuit, se jette et se rebelle, s’embourbe et se noie dans les ciels d’orage, de pluie, de glace, de soleil, dans les prairies flottantes qui l’obstruent, la Continuer la lectureTraverses→