hors-série #2 | l’îlot du bureau

Dans le meuble à volet roulant, les carnets sont entreposés. On peut les partager en trois catégories : les journaux, les écrits de travail et les vierges. Le volet n’est jamais fermé : nous nous regardons de biais chaque fois que je m’assieds au bureau. En le laissant ouvert en permanence, j’entrave sa destination première : préserver son contenu de la poussière, de Continuer la lecturehors-série #2 | l’îlot du bureau

#L9 Le pain

Au boulot, Cé ronronne. Elle fait toujours la même chose. Bien sûr, il y a la perfection du geste, mais plus assez de gestes à son goût. Pour faire du pain dans le respect des normes sanitaires, elle doit de moins en moins toucher la pâte. Thermomètre, mesures d’humidité, pH, tout est contrôlé, pesé, mesuré, plus besoin de savoir-faire pour Continuer la lecture#L9 Le pain

#L9 | Clé de sol

Le sol est vivant. Partie vivante de la géosphère. Couche la plus externe de la croûte terrestre. Résulte de la dégradation de la roche mère. S’enrichit de processus organiques. Il y a vie, microbienne, animale, végétale : la croûte se fait sol. Les mécanismes de naissance d’un sol sont dits de pédogenèse. A la pédogenèse s’associe l’action spécifique de l’homme, Continuer la lecture#L9 | Clé de sol

hors-série #2 | le pot-à-stylos

Photo by Faye Cornish on Unsplash Le pot-à-stylos a sa vie propre : il est changeant par essence, c’est un phare sur une table qui peut être selon les heures :  triste, vivante, poussiéreuse ou morne. Il peut appeler des émotions tristes ou joyeuses. Le pot-à-stylos dénote l’activité de son propriétaire, il indique si celui-ci à de nombreuses activités, s’il est délaissé, Continuer la lecturehors-série #2 | le pot-à-stylos

hors-série #2 | éclairage de solitudes

Des frontales, j’en ai eu beaucoup. Avec les piles dans la lampe, dans un petit boitier derrière la tête, avec la puissance réglable ou pas, faisceau réglable ou pas, plusieurs modes pour économiser les piles, même un mode clignotant, pas le plus agréable. J’en ai perdu, les élastiques ont fini par frisoter de fatigue, les contacts par refuser le contact, Continuer la lecturehors-série #2 | éclairage de solitudes

hors-série #2 | papier papillote

Papier papillote, petit bout de papier paraffiné plié en deux dans un porte-carte souvent empaumé. Papier papillote tenu serré près des cartes de premières nécessités, cartes bleue, vitale et de fidélité. Papier paraffiné froissé des marques de pliures qui s’impriment sur lui, abandons et marques d’oreillers d’un dormeur souvent oublié. Glissé à l’intérieur, papier paraffiné de papillote en chocolat dont Continuer la lecturehors-série #2 | papier papillote

hors-série #2 | agendas

Il est tout neuf, c’est la rentrée de septembre. Il s’ouvre sur la trente-quatrième semaine et l’on en est déjà à la trente-cinquième. Ses pages ne sont pas encore écornées ni sa couverture élimée. Il est neuf et il est couleur framboise. Mon agenda a été fabriqué en France avec soin, de façon écologiquement responsable, par des amoureux du papier Continuer la lecturehors-série #2 | agendas

hors-série #2 | le poêle de fonte noire

Le poêle, celui qui trône au milieu du séjour, près de lui un fauteuil confortable, un livre entrouvert, le chat lové sur un coussin, poêle noir, renflé en son devant s’épanouissant en hublot de verre, au repos, paisible, il attend d’être chouchouté, nettoyé par le ramoneur, assuré de très vite retrouver vie, une soirée plus fraîche, une pluie battante, des Continuer la lecturehors-série #2 | le poêle de fonte noire

hors-série #2 | balein·e·s

Quel que soit son mécanisme (à poussoir, automatique, inversé), un parapluie (de para – parer ? et de pluie – la pluie) est moins chiffonné ouvert que fermé. Sec dans un placard, ou dans un porte-parapluie, ou encore accroché à une patère près de la porte dans un vestibule (espace domestique souvent dénommé « entrée », quoiqu’il serve indifféremment à l’entrée et Continuer la lecturehors-série #2 | balein·e·s

hors-série #2 | l’absence

Tu attends qu’ils sortent, une course en ville, une partie de bridge, parfois un dîner, tu tends l’oreille, guettes le bruit régulier du moteur qui s’éloigne, assurée que la deux chevaux a bien franchi la nationale, tu te laisses choir sur le divan, avec l’intention ferme de ne pas bouger, bras écartés yeux ouverts jambes pendantes, clouée par le vide, Continuer la lecturehors-série #2 | l’absence