P#11 Trente sons et quelques voix

1. D’abord le chant d’une meuleuse, dans les médiums-aigus, qui insiste. On entend la main et le corps qui appuient sur l’outil. Le chant se module. Fondu au silence. Fondu au bruit. Le craquement-frottement de soudures à l’arc en train d’être réalisées. comme des raclements répétitifs qui forment rythme.2. Un orgue électrique qui sonne complètement déréglé. Les notes médiums forment une figure Continuer la lectureP#11 Trente sons et quelques voix

#hors-série 2, objets – la baignoire

Le bureau de la maison d’Ozoir est à l’étage, à droite dans le couloir après les escaliers. Au centre, la table de travail, avec une planche et des tréteaux, et une machine à écrire, où tu rédiges des articles pour Elle, un magazine pour dames, rubrique Neuf, nouveau, nouvelle. À gauche, une baignoire : nom féminin dérivé de baigner, du bas latin Continuer la lecture#hors-série 2, objets – la baignoire

#P11 – De bruits et de fureurs

Claquement de la porte, Vlam ! Vacarme aussitôt regretté, trop tôt pour les oreilles endormies – Cliquètement et tintement de la clé dans la serrure – Chute brutale du trousseau de clefs, dans le petit sac appelé « banane » – Banane, mot banal et peu approprié pour cette petite pochette sportive accrochée à la taille, destinée à supporter le poids du Continuer la lecture#P11 – De bruits et de fureurs

Marché aux Puces de Montreuil

Pas de son dominant. Pas loin, les pneus des voitures chuintent sur le Boulevard périphérique où chacun s’efforce de conduire à moins de 70 km/heure. Pas de crissement genre freinage brutal avant choc accident fatal. Pas de fracas de tôle suivi de sirènes de pompiers hurlantes. Non pas aujourd’hui. Ça roule au fond. En contrebas, invisibles quelques insultes de chauffards Continuer la lectureMarché aux Puces de Montreuil

#P9 Bout de chemin

La photo accrochée dans ma mémoire reste introuvable dans les tiroirs. Le souvenir est net d’un cliché couleur collé sur un canson beige. Sur un muret de pierre devant un massif de fleurs, beaucoup de fleurs, on est au printemps ou en début d’été, deux fillettes sont assises, la plus grande tient dans ses bras un nourrisson. Ses cheveux blonds Continuer la lecture#P9 Bout de chemin

P#11 Mesdames, messieurs, attention

Sifflements des portes automatiques, à chaque passage s’engouffre le mistral en rafales, parfois claquements d’ailes d’un pigeon téméraire, ronflements des roulettes des valises, valises tirées comme des petits chiens rebelles par leurs maîtres, hurlements d’un carlin sous sa muselière et plaintes aiguës du chat enfermé dans sa cage, bousculade devant les guichets, des protestations, des cris, des jurons, Babel de Continuer la lectureP#11 Mesdames, messieurs, attention

Hors-série (3) Serpette

Outil principalement agraire, la serpette n’est pas une faucille : elle n’a de courbe que sa pointe. D’où des métaphores différentes. Ainsi l’expression ironique uniquement attachée à l’une : droite comme une faucille ».  Alors que la serpe figure une manière d’être taillé, plutôt rude, même grossière : « coupé à la serpe », pour un visage, mal bâti pour un corps, mal tourné, pour Continuer la lectureHors-série (3) Serpette

# L 11 Non pas

Et maintenant un pays se déploie , non pas le vert gonflé de pluie le vert dilué prenant tout le regard guidant le promeneur vers la préhistoire grâce au mouvement des fougères mais une route aride un bout de monde sec comme surgi de google earth dans sa banalité sa ressemblance avec les endroits traversés, noms encadrés de rouge à Continuer la lecture# L 11 Non pas

#Hors-série2 : Juste un dé à coudre

L’impression qu’il y en a toujours un au fond des placards ou tiroirs des vieilles maisons que l’on débarrasse, soudé au papier peint punaisé qui empêche la communication de l’humidité des murs, et peut-être aussi dissimule quelques tâches de salpêtre, s’en fiche lui, le plus souvent il est inoxydable. Les moins solitaires camouflés noyés dans le fouillis d’une simple boîte Continuer la lecture#Hors-série2 : Juste un dé à coudre

Hors-série # 2, Une présence bien trempée

Celui posé là sur le bureau a l’élégance orange, pas de l’orange insolent qu’on peut imaginer en entendant la couleur, mais d’un orange sourd, sans doute parce qu’il est atténué par les petites vagues concentriques plus sombres, rouge éteint qui dessine, griffonne, finit par hypnotiser. Pour la discrétion, un rabat maintenu par un bambou qui glisse dans la petite échancrure Continuer la lectureHors-série # 2, Une présence bien trempée