Une année à déborder

C’est une photo sillonnée, une photo des sillons, une photo de l’écart, éventrée de part en part. Un rectangle débordé d’un rectangle plus grand, bavant sur le côté en un premier écart de crème. Trouée en son centre quelque peu déporté, une trouée de ligne claire, trou d’un tissu noir et d’une sangle en travers. Deux photos l’une à l’autre, Continuer la lectureUne année à déborder

#P9 Dis, c’est qui sur la photo ?

Ce sont trois photos carrées. Deux en noir et blanc, qui auraient pu être prises le même jour, et une en couleurs. Aux inscriptions ajoutées derrière, au stylo, on sait qu’au moins une des deux photos en noir et blanc date de 1966; l’autre date de 1971. Les deux photos en noir et blanc sont prises en extérieur, l’une devant Continuer la lecture#P9 Dis, c’est qui sur la photo ?

Except that the goal / Falls short of the reach

Mardi Entrer par la porte derrière, jamais de face, jamais frontal – habitude contractée depuis l’enfance. Toquer trois coups, trois fois trois coups, entendre venue de loin l’affaiblie voix par les années, quelque peu stridente par l’inquiétude, et voir le visage soulagé et vaguement heureux de retrouver un autre familier. Habiter par habitude, ne jamais s’installer. Dire des banalités, ne Continuer la lectureExcept that the goal / Falls short of the reach

#P9/Où l’on reparle des gouttières de Dantzig

Les photos sont en couleur, dans des pochettes plastique retenues par les anneaux d’un classeur un peu trop plein. La pellicule transparente des pochettes s’est plissée, elle ondule en vaguelettes, accrochant des reflets de lumière qui gênent le regard. Le plastique colle aux photos, il faut le soulever délicatement pour retirer la feuille où elles sont scotchés. Une indication est Continuer la lecture#P9/Où l’on reparle des gouttières de Dantzig

#P8 iel ou ielle ?

Iel ou ielle ? Quelle orthographe préfèrerais-tu ?Quand tu l’as aperçue dans l’amphi, tu as pensé que c’était la plus belle fille que tu n’avais jamais vue. Rousse flamboyante bien en chair, poitrine époustouflante où déjà tu rêves de te lover et un cerveau qui carbure, qui explique, qui argumente tout en sociologie réflexive. T’es sous le charme, toi qui te Continuer la lecture#P8 iel ou ielle ?

#P8 Celtic meeting

Tous les matins tu respires le jour. Tu reconnais l’odeur de la mer, les algues, le sable, la digue, les barques des pêcheurs. Tu respires à plein poumon, ça te donnera du souffle pour ce soir. Tu marches le long de la côte, tes cheveux gris filent vers tes épaules. Tu aimes ce sentier. D’un côté la lande, de l’autre Continuer la lecture#P8 Celtic meeting

#P5 non pas au fusil

fatigue impuissante, yeux ouverts même fermés, cinémascope sans image, toile noire et brouillée, rien ne se crée : je pourrais dire paroi, je pourrais dire cerveau, morsure de douleur, à la tenaille, et si je sombre sans réveil, tant pis pour les matins  membres raidis, fourmillements, qu’on me tire, non pas au fusil : aux extrémités, les mains les pieds pour que je m’étende, de tout mon long éreintée, faire que je dorme ; la chose émerge et je me Continuer la lecture#P5 non pas au fusil

#P9 File le temps

C’est une photo en noir et blanc fermée aux quatre coins par de petits triangles transparents. C’est la nuit ou le soir. Il fait sombre en tout cas tout autour. Seuls sont éclairés deux enfants au premier plan. Au-dessus d’eux des guirlandes de lumière. Peut-être pour les fêtes de fin d’année, des illuminations se reflètent dans le regard du petit Continuer la lecture#P9 File le temps

P#9 Les photographies

C’est une photographie. Ses bords ont été découpés, on n’a visiblement plus le cadrage original. Cette photographie a été collée sur un calendrier fait comme un cahier à spirale, au mois de février. En dessous, les semaines et les numéros des jours sont inscrits à la main. Chaque fin d’année, nous avons droit à un nouveau calendrier pour l’année qui Continuer la lectureP#9 Les photographies

P#6 Jours à l’envers

Dimanche                                                                                                                               Les deux assises sur un banc face au port, devant elles passent des touristes, assez peu pour un dimanche. L’une fait remarquer que Port-Vendres est moins fréquentée que les autres villes de la côte. L’autre pointe le fait que ses plages ne sont pas directement accessibles à partir du centre-ville. Elles trouvent, un peu bêtement, que c’est une chance. Continuer la lectureP#6 Jours à l’envers