#P2 Une marche dans le gris

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Le gris, la couleur grise, l’anthracite, le béton, le ciment, les parpaings, les cailloux, la pierre, le granit, le calcaire, l’évier, le robinet, l’étain, le caniveau, les égouts, les routes, les autoroutes, les nationales, les départementales, les rues, les trottoirs, les caniveaux, les égouts, l’asphalte, le goudron, les grains de quartz qui affleurent, – Je me souviens du collège Jacques Continuer la lecture#P2 Une marche dans le gris

#P7 variations et la pluie

les lattes de bois verticales qui séparent l’image en neuf petits tableaux – la fenêtre en biseau qui fait le paysage grand à droite et rétrécit à gauche- la brume épaisse comme le serpent lent et constant – la pluie fine de biais et le vert des sapins derrière – sur la gauche tout au coin les toits marrons détrempés Continuer la lecture#P7 variations et la pluie

#P6 (2) Café pour penser

Le matin toujours, vers le milieu, le temps est doux, peut-être gris mais pas de pluie, le bruit des dernières gouttes qui glissent tranquillement des feuilles, peut-être du vent qui pousse les cheveux dans la bouche, il vient de l’ouest. C’est là, sur un angle de la vieille table en bois, grise par les années avec ses petites touches de Continuer la lecture#P6 (2) Café pour penser

#P6 Les enfants me tiennent par la main

Dimanche Deux adolescents, un garçon et une fille, discutent dans un renfoncement de la véranda. Ils tentent de s’éloigner le plus possible de sa mère et sa grand-mère à elle. Ils parlent à toute vitesse, s’entrecoupent, se précipitent pour en dire le plus possible dans le peu de temps qui leur est imparti. Ils se sont rencontrés hier et se Continuer la lecture#P6 Les enfants me tiennent par la main

#P7 | Les escaliers de la butte

Sous un ciel laiteux, dont l’aveuglante luminosité vibre d’infimes ondulations enveloppantes à travers lesquelles se dessine timidement de minuscules dunes, rappelant le souvenir d’une plage argentée de sable ridé à marée basse, des nuages pommelés de légères oscillations grises aux reflets bleutés s’éloignent en rouleaux à l’horizon où se mêlent harmonieusement couches blanches et grises et bleues. Il fait froid Continuer la lecture#P7 | Les escaliers de la butte

#P7 | Une colline en Provence

A l’endroit où la forêt de pins s’éclaircit, sur le flanc de la colline, là où les grands arbres penchés deviennent de plus en plus rares et laissent place à des buissons de chênes kermès et à des cistes roses et blancs, le chemin de pierres et de terre devient plus étroit et plus tortueux. On le devine serpentant entre Continuer la lecture#P7 | Une colline en Provence

#P6 Si peu/ 2

Le regard au bord du sol, la tête loin de la main et de ses soubresauts d’écriture, les cloches n’en finissant pas d’égrener le chapelet de l’heure, puis de le signifier une nouvelle fois au cas où l’on aurait été distrait, avant de s’élancer dans une glorification du milieu du jour, l’angélus disait-on autrefois, mais qui sait aujourd’hui ce que Continuer la lecture#P6 Si peu/ 2

#P7 Cinq tableaux du fleuve Approuague

Devant Guisambourg, au confluent de la rivière Courouaïe et de l’Approuague, le fleuve n’est que boue et remous, c’est un continent qui se déverse dans la mer. La vase s’échoue sur ses berges où poussent en abondance les palétuviers aux longues jambes qui lancent leurs fruits dans le limon gras et prospèrent s’ils s’y plantent fermement sans être entraînés par Continuer la lecture#P7 Cinq tableaux du fleuve Approuague

#P2 Mort

mort simplement parti timidement décédé formellement trépassé littérairement usé rendu épuisé euphémiquement défunt macchabée corps cadavre défunt des solutions pour désigner on y trouvera poétiquement un dernier soupir un repos éternel le grand voyage la nuit éternelle spirituellement on parlera d’esprit d’entité d’habité d’inhabité de dormant de gisant de présence de silence de pensées pour les vivants et on parlera Continuer la lecture#P2 Mort

P4 – J’aurai préféré être sourde.

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ne cesse t’elle de dire quand elle n’a plus aucune nouvelle de ses enfants. Même pendant plusieurs semaines, même pendant plusieurs mois. Cherche t’-elle à se rassurer ? A ne pas voir qu’elle n’est pas si aimée, dans le fond, pas si aimée… si on ne prend pas la peine d’appeler, d’écrire quelques mots, de Continuer la lectureP4 – J’aurai préféré être sourde.