P#5| Etat(s) de cris(es)

Savoir que cela va arriver n’aide pas.On est pris au dépourvu malgré cela.On sent les bruits qui s’étouffent, s’assourdissenton se sent seul au milieu de la foule.en priant pour ne pas tomber, ne pas s’écroulermême si à l’intérieur de soi tout se délite _ on ne sait pas combien de temps durera la crise cette fois-ci _ Trouver le moyen Continuer la lectureP#5| Etat(s) de cris(es)

P3 Uisge beatha

Tord-boyaux infâme à ses débuts, rangé dans le tiroir des remèdes avec l’huile de foie de morue, le whisky a évolué jusqu’à devenir une boisson allant de l’apéritif agressif jusqu’au subtil et au raffiné des salons enfumés ornés de boiseries sombres. Tout comme le vin qui s’étire en sinuant de la piquette de table jusqu’aux grands crus classés. La recette Continuer la lectureP3 Uisge beatha

#P5 Vrille

Inspirer, expirer. Se décaler, se décoller.Pulsation d’un canon subi qui visse au déchirement. Rester immobile. Bander les muscles des bras, oublier le reste du corps. Inspirer : premier décalage. Expirer : premier regard. Inspirer encore : pulsation. Expirer encore : confusion. Chaque inspiration requiert toute l’attention, toute l’intention disponibles. Chaque expiration tire un cri sans soulager. Seul mouvement : les Continuer la lecture#P5 Vrille

#P2 les mêmes images

ozoir, rue des pensées, portraits de famille dans les escaliers, icônes, cadres dorés, paysages de neige, fenêtre sur le jardin, étang et grand cygne blanc, pain surprise à noël, baignoire dans le bureau, près de la table avec machine à écrire, rame de papier, mains fines, crème de huit heures, elisabeth arden, produits de beauté, poudre de soleil, huile pour la peau et parfum, articles pour le journal, tasse de café, tartine briochée, dimanche promenade en forêt, parc du manoir, hache ou marteau on sait jamais, des légendes des Continuer la lecture#P2 les mêmes images

#P5 |  Où se trouve le lieu de la vérité ?

Au pied d’un grand arbre, vision de JE* partout, dans tout être et non-être. Aperception, conscience pénétrant derrière la scène du monde, au delà du panorama, des objets vus. Certitude, vécu intime, aucune autre vérité n’a lieu : JE n’est pas pensée d’esprit dans un corps mortel. JE est à l’intérieur de chaque cellule de matière, JE est vivant dans Continuer la lecture#P5 |  Où se trouve le lieu de la vérité ?

#P5 Au bord du corps

Assis au bord du corps, bien loin de ce qui fait équilibre, sans être assis, mais à peine posé sur le bord de ce qui fait corps, au vent battu. Décomposer ce qui est geste/ Tendre le bras/ Voir la main et les doigts/ Tourner la main/ Les lignes de la paume se plissent/ Se déplissent à plusieurs reprises/ Les Continuer la lecture#P5 Au bord du corps

#P5 | Sombre trouée

Une onde froide. Un frisson intérieur qui chuchote à l’oreille sourde. Les yeux écarquillés ne voient pas, ou par saccades – très lentes – désaccouplées du silence ouaté. L’air est compact, solide. La gorge brûle. Les poumons anhèlent dans un râle inaudible. La bouche bée, incrédule. Tout est en suspens, pulsation vide. Le temps faseye, songeur. L’oreille s’ouvre. Mais la Continuer la lecture#P5 | Sombre trouée

#P5 La peau comme seul rempart à la dilution

Le corps n’est pas là où je le pense. La trahison de la sensation me cloue. Mes pieds ne sont pas où je les sens. Cette prise de conscience me submerge, me cloue, m’ahurit. Je tente de faire bouger mes doigts, l’afflux percute le vide. A côté. Enfermée dans cet état de démembrement. Mon corps expulse toute substance, mon estomac Continuer la lecture#P5 La peau comme seul rempart à la dilution

MA PETITE EVA

« Ma petite Eva, que vous êtes gentille d’avoir si bien fait briller l’argenterie. – Je ne suis pas spécialement petite, ni à vous d’ailleurs. – Mais qu’est-ce qu’il vous prend , ma petite Eva ? » Eva aurait tant aimé répondre ainsi. Mais non, elle a poursuivi la conversation comme si tout était normal et naturel, comme s’il n’y avait pas eu Continuer la lectureMA PETITE EVA