#anthologie #34 il neige

Les deux sont appuyés à la rambarde du balcon les épaules ne se touchent pas ni les mainsça lui revient c’est ça qu’elle voulait lui dire que le chat dort dehors toute la journée dans sa chaise longue mais elle se retient anticipant son expression agacée elle devine ce qu’il aimerait lui dire qu’il suffit de le dégager de là Continuer la lecture#anthologie #34 il neige

#anthologie #36 Etienne monte au coteau

À insérer entre ma #34 Le retour d’Etienne et ma #26 Les bruits et les voix de la culpabilité Après ses effusions avec Ida, l’employée de maison qui veillait sur ses grands-parents, Etienne consulta sa montre :18 heures. Le dîner à « La Maison » serait servi à 20 heures. Il avait le temps de monter au coteau. Il passa par sa chambre Continuer la lecture#anthologie #36 Etienne monte au coteau

#anthologie #36 | on s’arrache

les pieds on ne sait pas s’ils sont posés à plat par terre ou bien si le coup de pied gauche repose sur le talon droit le pied droit reposant sur la pointe des orteils orientée à quarante-cinq degrés vers la droite les pieds ainsi accrochés font bloc sont à l’arrêt refusent la marche et d’abord pour aller où quand Continuer la lecture#anthologie #36 | on s’arrache

#anthologie #33 | ocre

Horizon ocre rougeoyant, ocre de lave sous les pieds, ocre perlé de sueur, ocre cassant de fémur, ocre bien ou mal manipulé, ocre vertébral. Descente horizontale. Une seule ligne, n’en choisir qu’une seule, la tenir. Prise la ligne pour seul horizon. Creuser. La foulée décisive, un cran plus loin. Cri du souffle, se perpétue dans l’ocre rouge de la piste. Continuer la lecture#anthologie #33 | ocre

#anthologie #04 | Nous n’habiterons plus nulle part

HABITER 1 Dedans. Dehors. De barrière ou de porte. Question de frontière. Une porte, ça s’ouvre et ça se ferme. Entre le dedans et le dehors. Un sas entre deux, mi-dedans, mi-dehors. Pas encore tout-à-fait dedans, déjà un peu dehors. 2 J’habite à Saint-Gravé. Au lieu-dit Le Beauchat. Je sais que j’habite là, il suffit que je donne mon adresse, Continuer la lecture#anthologie #04 | Nous n’habiterons plus nulle part

#anthologie #31 | pas de quoi en faire une histoire

Mais pourquoi tu fais ça, tu la rabâches et rabâches mon histoire? Comme si j’avais une histoire, comme si c’était un conte de fée ou la petite fille aux allumettes ma vie? Qu’est-ce que tu crois, c’était rien d’extraordinaire ma vie. Qu’est-ce que tu t’embêtes avec ça. Faut le laisser tranquille le passé. Tu crois pas que j’allais rester clouée toute ma vie sur celle de ma grand-mère? Je l’ai même pas connu ma grand-mère, je sais même pas comment elle s’appelait ma grand mère, moi, même mon père je l’ai pas connu, et même comme ça il était déjà assez encombrant, t’embête pas ma fille avec le passé, laisse-nous tranquille nous les morts, on a fait notre vie, on a fait ce qu’on avait à faire, on s’est débrouillé comme on a pu, occupe-toi plutôt de toi, des tiens, des vivants, qu’est-ce  que tu vas t’embêter avec des morts, moi ma mère c’est quand elle était vivante que je m’en suis occupé mais après j’allais pas faire des cuentas, en reparler, ça servait plus à rien, j’allais pas pleurer tous les jours sur sa photo, ça sert à rien ça, les grandes lamentations et toutes les cuentas, je dis pas que tu fais semblant, ne me fais pas dire ce que j’ai pas dit, mais qu’est ce que tu vas t’embêter avec nous? Continuer la lecture#anthologie #31 | pas de quoi en faire une histoire

#anthologie #36 | étiré

(entre #anthologie #06 | Mon seul et #anthologie #18 | figer) Lever le corps, de léger à lourd, de sol à plus haut, extension. Ça va vite autour, on téléphone ses rendez-vous, les épaules brusques frayent, les épaules dures claquent, le temps compte, le temps compte là aussi mais retournement lent du torse sur avenue lièvre, retournement lent du corps Continuer la lecture#anthologie #36 | étiré

#anthologie #16 | insaisissable

Elle le regarde en face mais sans le voir. Assise devant une grenadine, elle porte une longue robe verte et un foulard bien serré autour de son visage jeune et plein. Il ne sait pas comment faire avec ses yeux qui fuient. Des yeux qui ne semblent pas apeurés pourtant ; des yeux seulement fuyants, comme si il lui était impossible Continuer la lecture#anthologie #16 | insaisissable

#anthologie #29 | toujours plus bas avec elle

Tu es comme un immeuble de plusieurs étages, des caves aux greniers, je te connais à chacun de tes étages des cadavres aux souris. … Elle te regarde et voudrait sortir de toi, elle voudrait sortir de cet immeuble qui l’enferme comme une prison. Je monte les grands escaliers et j’atteins tes étages nobles, là où la langue est policée, Continuer la lecture#anthologie #29 | toujours plus bas avec elle

#anthologie #34 | vous parlez d’une histoire

Vous parlez d’une histoire. Quoi ? Vous n’êtes pas au courant ? Au courant de quoi ? Trois qu’elles étaient. Une debout. Deux assises. Ça formait un triangle. Sous les arbres. La mer miroitait et scintillait pendant ce temps. L’incendie. Cette nuit. Ravagé. Les visages frisaient et les yeux s’agrandissaient. De surprise ou d’incompréhension. Ça se mêlait. Comme les voix. Dis-nous. Où ça ? Continuer la lecture#anthologie #34 | vous parlez d’une histoire